La joueuse française de 16 ans a terminé 5e et meilleure amateur du Jabra Ladies Open de France, la semaine passée à Évian. De nouveau sur le terrain cette semaine à Montauban, pour le compte du Letas, elle espère voir se confirmer ses progrès de l'hiver.
Voir Alice Kong réussir de manière précoce dans le haut niveau n'est plus une surprise. Championne de France U12 à 9 ans, dans le top 5 du Championnat d'Europe individuel Dames à 14 ans, lauréate d'un tournoi du LET Access Series (Letas), la deuxième division professionnelle féminine, à 15 ans, elle a touché une strate supplémentaire de spectateurs avertis la semaine passée, à Évian, en prenant la 5e place du Jabra Ladies Open de France, cette fois-ci sur le LET. L'heure n'est plus à constater les performances réalisées à son jeune âge, mais à en relever l'accumulation.
La litanie pourrait d'ailleurs très bien inclure le Montauban Ladies Open 2023. Dans ce tournoi du Letas, celle qui avait alors 14 ans avait longtemps tenu la corde, avant de céder dans le final à la Danoise Sofie Kibsgaard Nielsen. Cette semaine, les spectateurs de l'édition 2026 de l'Arkéa Montauban Ladies Open auront sans doute le souvenir de celle qui les avait impressionnés dans ce qui était alors son premier tournoi professionnel, puisqu'Alice Kong sera de nouveau en lice. « Le parcours est super, je m'y sens à l'aise, se réjouit la joueuse française. Et comme c'est en France, les spectateurs nous encouragent beaucoup. »
Toutefois, les mêmes spectateurs ne manqueront sans doute pas de noter que la lauréate de la coupe Esmond en 2025 (soit les Internationaux de France U21 Filles, encore un verset de la litanie) a évolué depuis trois ans. Non seulement en statut, elle qui compte désormais une victoire sur le Letas et un top 5 sur le LET. Mais aussi en contenu. En effet, l'hiver dernier a été l'occasion de mettre prioritairement en chantier son petit jeu et son putting. Ce dernier, notamment, montrait de grandes friabilités dès lors que l'intensité et la pression de la compétition augmentaient.
Pour cela, Alice Kong a reçu le concours d'Antoine Schwartz et Robin Cocq pour le putting, et de Cédric Coquet pour la partie mentale. Des personnalités déjà impliquées auprès de bon nombre de jeunes Français dans le haut niveau. « Ils m'ont apporté un programme, un suivi, explique la joueuse. Avant, je n'en avais pas vraiment pour le petit jeu, je m'entraînais pour l'entraîner. Parfois je puttais très bien, et parfois je puttais très mal. Quand j'étais sous pression, c'était un peu la catastrophe. Maintenant, j'ai une méthode, et je m'y fie en compétition. »
Déjà l'heure du bac de français
Cette méthode, forcément, a été entrevue la semaine passée à Évian, où Alice Kong participait pour la première fois au Jabra Ladies Open de France. Une occasion saisie par Cédric Coquet pour l'observer en situation, lors des deux premiers tours sur le bord du parcours. Le coach mental a pu voir, par ailleurs, que le grand jeu de la joueuse française était toujours aussi efficace, avec une moyenne de 14,6 greens pris en régulation sur l'ensemble du tournoi. « Je suis très contente de ma semaine, constate Alice Kong. Il y a encore quelques points où je peux encore progresser, mais il y a aussi beaucoup de positif. Le travail hivernal a bien payé. »
Dans les aspects positifs, elle retient notamment le fait de ne pas avoir laissé l'enjeu du dernier tour la dominer. Elle avoue elle-même n'avoir « pas du tout pensé à la victoire », sans doute aidée en cela par la domination sans partage de l'Allemande Helen Briem, qui a fini par s'imposer. « J'y ai un peu pensé au début du troisième tour, vu que je n'étais pas très loin, précise-t-elle. Mais je me suis aussi dit que j'étais encore jeune, et que j'avais encore du temps pour progresser. »
Le tracé de l'Evian Resort était déjà bien dans son œil avant cette semaine de Jabra Ladies Open de France, elle qui avait déjà joué, notamment, The Amundi Evian Juniors Cup. Même les repères de départ différents, même les bunkers ajoutés au tracé haut-savoyard, même la préparation plus poussée, et même le fait que sa dernière venue datait de 2022 n'ont pas perturbé ses repères plus que ça. Ce qui est de bon augure dans la perspective de l'Arkéa Montauban Ladies Open de cette semaine.
Ce tournoi du Letas précédera pour elle un retour sur le LET, du 19 au 21 juin lors du Dutch Ladies Open, aux Pays-Bas. Un tournoi où elle a tout simplement gagné sa place par son top 5 à Évian. Autre date cochée à son calendrier, mais encore éventuelle à ce stade : les Championnats d'Europe par équipes (7-11 juillet), lors desquels elle avait participé, l'an dernier, à la médaille d'argent des Dames françaises, à Chantilly.
En revanche, elle ne pourra pas se rendre à Muirfield pour disputer The Women's Amateur, du 22 au 27 juin. En effet, et comme pour rappeler son jeune âge, l'heure des épreuves du bac de français a sonné pour elle, et l'oral sera à passer cette semaine-là. Le baccalauréat proprement dit se profile donc pour elle en fin d'année prochaine, mais comme pour le golf, Alice Kong n'est pas contre un peu d'anticipation. Ainsi, elle a déjà obtenu de bons résultats lors du SAT, l'examen obligatoire pour intégrer une université américaine. Ce qui pourrait ouvrir la porte à un départ outre-Atlantique dès janvier 2027. Elle a, en tout cas, entrepris les démarches auprès de sa future coach chez les Gators de Florida en ce sens. Mais que ce soit en janvier ou en août de l'année prochaine, l'envol d'Alice Kong vers la Floride est déjà chose actée. Ce qui lui donnera de nouvelles strates à conquérir.