La rentrée des universités américaines approche à grands pas. Coup d’œil sur une saison 2026-27 de NCAA qui s’annonce passionnante, notamment avec l’arrivée de Français très prometteurs outre-Atlantique.

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Lev Grinberg, avec les Razorbacks d'Arkansas, sera l'une des arrivées les plus scrutées, cette saison, en DI de NCAA. © EGA

Les nouveaux arrivants

Depuis que ces quatre-là s'entraînent ensemble au Centre national de performance du Golf National, soit depuis maintenant trois ans, le mois d'août 2026 constitue une ligne d'horizon propre à attirer maints regards. À cette date, en effet, Lev Grinberg, Oscar Couilleau, Hugo Le Goff et Callixte Alzas doivent faire leur entrée dans la vaste et prestigieuse galaxie des universités américaines, et surtout dans les tournois NCAA, dont la Division I (DI) regroupe les futurs grand noms du jeu, à échéance d'une demi-douzaine d'années. 

En cette mi-août, et alors que vient de s'achever l'U.S. Amateur (auquel Le Goff et Couilleau ont participé), l'horizon s'est mué en vis-à-vis immédiat. Les quatre compères tricolores sont sur le point de rejoindre leurs facultés respectives. Le temps, pendant un petit mois, de prendre leurs marques, et ils seront sur le terrain, pour les premiers tournois de la Fall Season.

Si l'arrivée de cette génération outre-Atlantique suscite autant d'attentes, c'est qu'elle a déjà prouvé sa grande valeur. Oscar Couilleau (35e), Lev Grinberg (37e) et Hugo Le Goff (70e) sont, à ce jour, les trois Français les mieux placés au classement mondial amateur. Surtout, ils ont atteint ces rangs sans avoir accès aux tournois de NCAA, dont la dotation en points peut être massive, tant la force des champs de joueurs est grande. 

Lev Grinberg, naturalisé français l'hiver dernier et qui a disputé son tout premier Majeur à The Open en juillet, sera sous les couleurs des Razorbacks d'Arkansas. Oscar Couilleau devrait avoir des températures plus clémentes au quotidien, en intégrant Arizona State. Pour Hugo Le Goff, l'ambiance sera plutôt celle de la côte est, à Virginia, équipe classée 4e à l'échelle du pays la saison dernière. Tout à l'opposé, sur la côte ouest, Callixte Alzas, que ses camarades surnomment tendrement « La Cale », portera l'uniforme de... Cal, autrement dit de l'université de Berkeley. À ce quatuor s'ajoute l'arrivée de Tom de Herrypon, qui fut un temps dans le même Centre national de performance avant de partir s'entraîner sur la côte basque, et qui intégrera les rangs de South Carolina.

Les nouvelles arrivantes

Chez les Dames aussi, les Françaises qui arrivent pour effectuer leur année « Freshman » ont du potentiel à faire valoir. Championne de France amateur à seulement 16 ans l'année passée, et flirtant avec le top 100 mondial amateur (elle est actuellement 103e), Giselle Zhao, comme Callixte Alzas, portera dans quelques jours l'uniforme des Golden Bears de Cal

Sa coéquipière de l'équipe de France Girls médaillée de bronze aux derniers Championnats d'Europe par équipes, Manon Petitcolas, s'apprête à intégrer la prestigieuse université d'Alabama. Quant à Melliyal Schmitt, vice-championne de France Dames cette année, elle entamera son cursus sous les mêmes latitudes que Lev Grinberg, à Arkansas. Surtout, ces trois joueuses auront chacune au moins une compatriote plus expérimentée au sein de leur effectif. Un paramètre non négligeable, lorsque l'on sait qu'une arrivée en fac américaine représente un changement total d'univers, qui peut désorienter dans les premiers mois.

Les têtes d'affiche

En effet, Giselle Zhao, à Berkeley, sera aux côtés d'une Constance Fouillet qui entre, déjà, dans sa quatrième et dernière année de cursus. La joueuse rennaise, qui avait brillé la saison dernière en établissant un nouveau record sur l'Old Course de St Andrews, fait partie des Françaises ayant régulièrement réussi à faire parler d'elles en DI de NCAA les années passées. Une catégorie qui comprend également Camille Min-Gaultier, désormais bien installée à TCU, Mila Jurine, qui a connu un titre de conférence au printemps avec UCF, ou encore Vairana Heck et Maylis Lamoure, elles aussi arrivées au seuil de leur dernière année avec South Carolina.

Sara Brentcheneff, 34e et meilleure Tricolore au classement mondial, sera la deuxième Française de l'effectif féminin d'Arkansas avec Melliyal Schmitt. L'an passé, la joueuse lyonnaise était arrivée en cours de saison, au mois de janvier. Cela ne l'avait pas empêchée de vite faire ses preuves, avec une demi-finale historique disputée par les Razorbacks au Championnat national. Les débuts avaient également été réussis pour Margaux Bréjo, qui entamera dans quelques jours sa deuxième année à Georgia Southern, en ayant glané le titre de championne de France amateur au début de l'été. Et puis, bien évidemment, le retour de Valentine Delon à Virginia Tech s'annonce triomphal. Celle qui se lancera dans sa quatrième et dernière année aura l'occasion de fêter, avec toutes ses coéquipières et son staff, son historique victoire, fin juin, au Women's Amateur Championship.

Les principaux transferts

Durant les quatre années que dure généralement un cursus en université américaine, il peut arriver qu'un ou une athlète change d'établissement. Le plus souvent avec comme objectif de rejoindre une fac plus prestigieuse, et de grimper dans la hiérarchie, universitaire comme mondiale. Cela ne peut s'effectuer qu'entre deux saisons, et se nomme, dans le jargon, un transfert.

Cet été, ce changement d'environnement a concerné plusieurs Français(es) ayant déjà montré de belles dispositions les années passées. Rudy Sautron, par exemple, a choisi de sortir des rangs de Nebraska, où il a empilé trois victoires individuelles la saison dernière, pour rejoindre ceux de Tennessee. Le récent vainqueur du Monroe Invitational (qui a ainsi gagné sa place dans un tournoi du PGA Tour en octobre) espère ainsi se placer favorablement dans le classement PGA Tour University, qui offre des passerelles vers les circuits professionnels nord-américains aux meilleurs joueurs de dernière année.

Un transfert peut aussi être l'occasion de passer dans une division supérieure. Exemple parfaitement incarné par Amély Bochaton, qui évoluait la saison passée en DII de NCAA, division dont elle est même devenue championne individuelle en fin de saison. Ces performances ont permis à la joueuse d'Évian d'intégrer l'équipe du Crimson Tide d'Alabama, où elle sera donc aux côtés de Manon Petitcolas.

Parmi les autres transferts de Tricolores, on peut noter celui de Jules de Brauwere d'Odessa à Kansas State, de Romane Poissonnier de Florida International à North Carolina, ou encore de Louise Depadt de Tarleton State à Oklahoma State.

Les temps forts

Un calendrier universitaire américain classique se décompose en trois temps : Fall Season, Spring Season et Postseason. La Fall Season démarre généralement entre la fin du mois d'août et la mi-septembre, et s'achève aux environs de novembre. Elle comporte environ cinq tournois.

En février de l'année civile suivante démarre la Spring Season, généralement un peu plus garnie (environ sept tournois). Fall Season et Spring Season forment ensemble la saison régulière. Sauf exception, chaque faculté engage dans chaque tournoi une équipe de cinq éléments, la compétition comprenant un classement individuel et un classement par équipes.

À partir des championnats de conférence démarre la phase la plus importante, qui s'étend d'avril à juin : la Postseason. Une série de trois rendez-vous qui démarre donc par la désignation d'une équipe championne dans chaque conférence (c'est expliqué en détail ici), se poursuit avec les Regionals, et trouve son apothéose aux NCAA Championships, qui font office de finale nationale. En 2027, la finale Dames se jouera du 21 au 26 mai à Carlsbad, en Californie. La finale Messieurs, elle, se déroulera du 28 mai au 2 juin, également à Carlsbad.