La récente championne d'Europe mid-amateur est engagée cette semaine, à Dinard, dans un Championnat de France Dames qu'elle a déjà remporté en 2023. Celle qui a fait partie de la superbe épopée d'Amiens en Golfers' au mois de mai rêve désormais de l'U.S. Mid-Amateur et derrière, pourquoi pas, de l'U.S. Women's Open.
L'étymologie du mot « amateur » l'enracine dans le terme latin amator, qui peut se traduire par « celui qui aime ». Pris au pied de la lettre, cela signifie qu'un amateur de golf est quelqu'un qui pratique la discipline par pur amour du jeu. « Oui, j'aime le golf, et j'aime surtout gagner », rigole Pauline Stein, en trouvant que cet adjectif lui va décidément très bien. Depuis plusieurs années, la joueuse licenciée au golf d'Amiens est très au clair quant au fait qu'elle ne se destine pas à rejoindre un jour le monde professionnel. Ce qui ne l'empêche aucunement de jouer des grands tournois. Et de les gagner, surtout depuis ce début de saison 2026. Et d'aimer ça.
Celle qui s'aligne cette semaine au Championnat de France amateur Dames a déjà à son actif, pour cette seule année, les Internationaux de France mid-amateurs (soit la catégorie des 25-49 ans) disputés à Chantilly, puis le Championnat d'Europe mid-amateur Dames, qui se jouait cette année au Portugal (et qui a donné lieu à un doublé français). Mais dans son esprit, bien évidemment, l'expérience la plus marquante a été l'épopée vécue par son équipe d'Amiens lors du trophée Golfers' Club, au mois de mai au Golf des 24 Heures - Le Mans.
Tout juste remontée de la deuxième division, l'équipe picarde, pas donnée parmi les favorites (y compris par elle-même) en début de championnat de France, s'est hissée jusqu'en finale, après une très belle qualification (3e), une victoire en quart de finale face à Saint-Nom-la-Bretèche (sur un long putt rentré dans le match décisif par une certaine Pauline Stein), puis une autre, en demi-finale, contre le Golf Club de Toulouse. Lors de l'ultime confrontation, seule l'équipe de Saint-Cloud, solide et expérimentée, s'est dressée entre Amiens et le titre national, sachant que l'équipe a dû faire sans Emma Leclercq, repartie exercer son métier auprès de l'Evian Resort.
« On s'était toutes très bien préparées cet hiver, et on avait toutes confiance les unes dans les autres, explique Pauline Stein. Dès la phase de qualification, on a constaté qu'on avait une équipe qui pouvait aller loin. » L'équipe elle-même n'a pas été la seule à faire ce constat. Dès les premières cartes de score rendues, le fil WhatsApp regroupant tous les supporters du club picard a commencé à prendre du volume. Une fois la Golfers' bouclée, il contenait la bagatelle de 1146 médias, tandis qu'une bonne quarantaine de personne était descendue de Picardie jusque dans la Sarthe pour encourager l'équipe sur le terrain. « Amiens, historiquement, est un club où tout le monde est très soudé, explique la championne d'Europe mid-amateur. C'est pour ces moments-là que je joue au golf, pour le plaisir de jouer et de gagner avec les copines. »
Cette philosophie, d'ailleurs, est transposable à tous les tournois sur lesquels Pauline Stein s'aligne. Et ils sont nombreux, surtout lorsque l'on sait que dans la vie courante, elle occupe un poste de cheffe de projet en intelligence artificielle chez l'entreprise de construction Colas. Ce qui veut dire positionnement des congés pour être libre lors des grandes compétitions, entraînements le week-end, et séances de sport le soir. « Moi, maintenant, ce n'est plus que du kif, campe-t-elle. Je n'ai pas forcément de cases de tournois à cocher, je veux juste prendre du plaisir, et essayer de gagner des tournois. »
Un tournoi pour lequel elle n'était pas à son premier essai et qui lui trottait fort dans la tête était justement le Championnat d'Europe mid-amateur Dames. Deuxième il y a deux ans à un coup d'Alexandra Vilatte-Farret, quatrième l'an dernier après être passée un peu au travers de son dernier tour, Pauline Stein comptait bien repartir du Portugal avec le trophée. Dans cette conquête, comme lors des Internationaux de France, elle a pu compter sur sa nouvelle arme : un putter pour lequel elle a opté pendant l'hiver, et qui a clairement haussé sa réussite dans ce secteur de jeu. « L'année dernière, le putting, c'est ce qui avait planté la saison », n'hésite pas à dire son coach et caddie Jean-Pierre Marzelle. « J'étais très attachée à mon ancien putter », confesse pour sa part sa joueuse, mais qui, au vu de l'effet produit, ne regrette pas ce changement.
Ce début de saison ô combien réussi a permis à Pauline Stein de faire le plein de confiance pour les échéances (et elles sont à nouveau nombreuses qui arrivent). À commencer par le Championnat de France amateur Dames de cette semaine (lire ci-dessous), au Dinard Golf. Difficile de ne pas la lister parmi les prétendantes, lorsque l'on sait qu'elle a remporté cette même compétition en 2023 en battant en finale une joueuse du calibre d'Adela Cernousek, et qu'elle a remporté le Grand prix de Bretagne, à Dinard, en 2020. « Cette semaine, je ne me donne pas d'objectif de résultat, précise-t-elle. Je sais que je suis capable d'aller jusqu'au bout, je l'ai déjà fait, mais je veux juste m'engager sur chaque coup, et être la plus calme possible émotionnellement. »
Un titre national en jeu à Dinard
Le Dinard Golf est le cadre de l'édition 2026 du Championnat de France amateur Dames, qui a débuté ce mercredi et durera jusqu'à dimanche. Sur le parcours inauguré en 1887, le tournoi démarrera par 36 trous de qualification en stroke play, mercredi et jeudi, la joueuse affichant le meilleur score (après play-off si besoin) se voyant remettre la coupe Gaveau.
Les 32 meilleures joueuses de cette première phase intégreront un tableau final en match play. La journée de vendredi sera consacrée aux seizièmes puis aux huitièmes de finale, celle de samedi aux quarts de finale puis aux demi-finales, et celle de dimanche à la grande finale sur 36 trous. La nouvelle championne de France recevra alors la coupe Pierre Deschamps.
Surtout, avec son titre européen, Pauline Stein a rajouté deux très belles dates à son calendrier. Tout d'abord celle du Championnat d'Europe amateur Dames, du 22 au 25 juillet en Suède. Mais surtout celle de l'U.S. Women's Mid-Amateur, du 29 août au 3 septembre, au Montclair Golf Club, dans le New Jersey. Cette deuxième échéance, contrairement à la première, sera pour elle une découverte. Alexandra Vilatte-Farret ou Hélène Malvy, participantes dans des éditions précédentes, ont déjà eu l'occasion de lui mettre l'eau à la bouche quant à l'ambiance du tournoi et à la préparation du parcours. Mais surtout, cette épreuve concentrant les meilleures mondiales de la catégorie des 25 ans et plus réserve à sa lauréate une qualification à l'U.S. Women's Open. « C'est mon rêve ultime, lance Pauline Stein, des étoiles dans les yeux. C'était surtout pour ça qu'il fallait que je gagne le Championnat d'Europe. »
Quelle que soit sa performance dans le New Jersey, il lui faudra bien optimiser sa récupération. En effet, dès la semaine suivante, l'équipe de France mid-amateur Dames double tenante du titre sera en Autriche pour le Championnat d'Europe par équipes de la catégorie. Avec ses prestations depuis le début de saison et le fait qu'elle faisait partie des deux campagnes victorieuses, la sélection de Pauline Stein fait assez peu de doutes. Autre équipe de France qui comptera sur ses services : l'équipe de France militaire, qui partira au Bengladesh, fin novembre, disputer son championnat du monde. Car oui, à côté de tout cela, la joueuse d'Amiens est aussi réserviste de l'armée. Il va lui falloir être concentrée, ces prochains mois... au moment de poser ses congés.