La joueuse du Ladies European Tour a annoncé le 29 septembre l'arrêt de sa carrière de golfeuse professionnelle. En fermant ce chapitre à 27 ans, Charlotte Liautier veut renouer avec le pur plaisir du jeu et se tourner vers d'autres défis personnels.
La semaine dernière, l'édition 2026 du Terre Blanche Ladies Open s'est déroulée comme de coutume dans le resort varois, écrin automnal pour les golfeuses du LET Access Series, la deuxième division européenne. Mais sur le parcours du Riou, un nom familier manquait pourtant à l'appel : celui de Charlotte Liautier. Non pas parce qu'elle était engagée au même moment à l'autre bout du monde dans l'Aramco Korea Championship sur le Ladies European Tour, mais parce qu'elle venait d'annoncer, quelques jours plus tôt, l'arrêt de sa carrière de joueuse professionnelle. « Tout simplement parce que j’ai perdu le plaisir de jouer au golf, en tout cas en compétition. Cela devenait problématique, car j’ai toujours abordé ce sport avec envie et passion », livre-t-elle. « Ce qui s’est évanoui, c’est cette notion de plaisir qui rendait les sacrifices supportables. Les athlètes en font tous, mais les miens ne m’avaient jamais coûté jusqu'ici. »
Qu'est-ce qui a bien pu amener une jeune femme de 27 ans, remontée sur la première division européenne cette saison après avoir glané un droit de jeu à la finale des Cartes en décembre dernier, à effectuer ce virage à 180 degrés huit mois plus tard ? « Plusieurs facteurs se mêlent », explique-t-elle. « Il y a d’abord une forme d’usure, clairement : on a beau voyager partout dans le monde, on retrouve au fond toujours la même routine. Il y a ensuite cette culture de l’insatisfaction permanente propre au sport de haut niveau : ce n’est jamais assez, jamais suffisamment bien. Seule la victoire vous comble, et tant que vous ne l’avez pas, vous cherchez à faire mieux, davantage, différemment. »
« Je crois aussi, au fond de moi, m’être un peu perdue dans la technique, ce qui ne m’a pas aidée à préserver le plaisir du jeu à l’état pur. Cela génère beaucoup de stress en compétition, car on ne vous demande pas d’être bonne, mais d’être excellente », ajoute celle qui s'était imposée sur le Letas au Santander Golf Tour Barcelona en 2021, alors qu'elle était encore amateur. Dernière raison citée, et pas la moindre : « J’ai une vision du sport fondée sur le fair-play, et j’ai vécu plusieurs expériences qui ne se sont pas du tout déroulées ainsi. Cette succession de coups bas a surtout été une épreuve sur le plan humain. »
De nouveaux horizons
Après avoir longuement réfléchi et mûri sa décision au cours de l'été, Charlotte Liautier n'a aucun regret à l'heure de ranger son badge de tour pro. « Désormais, j’ai envie de jouer pour mon plaisir, notamment en participant à des pro-am, que j’ai découverts assez tard et que j'aime beaucoup », indique-t-elle. Quant à son avenir professionnel, elle l'envisage désormais à côté du golf : « Tout ce que je peux dire pour l'instant, c'est que je commence une formation. Je suis très enthousiaste à l’idée de reprendre des études et j’ai de nombreux projets qui me rendent heureuse et dans lesquels je m’investis pleinement », poursuit-elle.
Elle l'assure : l'amertume et les regrets ne font pas partie des sentiments qui l'animent maintenant que la page est tournée. « C'est un peu cliché de dire ça », conclut-elle, « mais ce que je retiens de cette expérience, c’est la richesse des voyages et des rencontres. On va dans des endroits où l’on n’irait jamais en vacances, si loin de tout qu’on ne saurait même pas les trouver sur une carte. On y rencontre des gens qui vous ouvrent leurs portes, vous accueillent, se montrent d’une générosité extraordinaire. J’ai eu la chance de vivre cela grâce au soutien de mes partenaires, mais surtout de mes parents et ma famille, sans qui ce projet n’aurait pas pu se faire. Malgré la distance, ils ont été là dans les bons comme dans les pires moments. J’en garderai des souvenirs à vie ! »