Auteur d’un début de saison éblouissant sur le Ladies European Tour, Agathe Laisné occupe la tête du circuit grâce à ses deux victoires décrochées en 2026. Des résultats qui viennent récompenser son choix fort de se relancer loin des États-Unis.

Agathe Laisné occupe la tête de l'ordre du mérite du LET, en arrivant cette semaine à l'île Maurice. © Tristan Jones / LET

À 26 ans, Agathe Laisné est cette semaine la tête d’affiche du MCB Ladies Classic Mauritius. Une toute nouvelle épreuve au calendrier du Ladies European Tour (LET) qu’elle aborde en leader du circuit après un début de saison tonitruant. Titrée lors de son premier tournoi en Australie, la Française a ajouté un nouveau titre à son palmarès en Afrique du Sud il y a dix jours. Ajouté à cela une deuxième place lors du prestigieux Women's Australian Open et la voilà donc installée confortablement aux commandes du LET.

Arrivée lundi soir à Maurice, elle était impatiente d’aller découvrir le Legend Course du Constance Belle Mare Plage. Mais si les pluies diluviennes qui se sont abattues sur l’île dans la matinée ont retardé sa reconnaissance, elles nous auront permis de papoter tranquillement autour d’une table en attendant le retour du soleil.

Agathe, comment allez-vous après ce début de saison plus que réussi sur le Ladies European Tour ?
Quand le golf va tout va ! Plus sérieusement, c’est vrai que cela va très bien. Quand on travaille autant pour son sport et qu'on arrive à réussir, c'est toujours gratifiant et satisfaisant d’avoir de bons résultats.

Comment expliquez-vous ce début de saison canon ?
C’est sûr que c’est une bonne passe. Parfois, au golf, on ne comprend pas trop pourquoi tout se met en place tout à coup. Mais c'est un travail de longue haleine, sur le long terme, le fruit d’entraînements réguliers. Et quand on obtient un, puis deux bons résultats, ça engendre de la confiance. C’est un cercle vertueux.

Quelles ont été les clés de ces succès ?
Actuellement, mes points forts sont le jeu de fer et le putting. Il y a eu notamment des très bons putts en Afrique du Sud qui m’ont permis d’aller chercher la victoire. Il y a du travail derrière, de la visualisation et un petit peu de réussite et de confiance aussi. Quand on rentre un ou deux putts, après, c'est plus facile de visualiser qu'on va rentrer le suivant, on a moins peur, on a plus de facilité à jouer. La confiance vient en se voyant bien jouer.

Cela peut être bon d'avoir du stress aussi

Agathe Laisné

Au Joburg Ladies Open, vous êtes allée chercher la victoire en play-off. Votre troisième play-off remporté sur trois disputés chez les pros. C’est un exercice que vous semblez apprécier…
C’est un moment où l’on n’a plus rien à perdre. Il faut absolument faire birdie pour battre l’autre, avoir la niaque sur chaque trou et y aller. Je suis quand même stressée mais ça ne m’empêche pas de jouer, ça ne m’inhibe pas. Cela peut être bon d’avoir du stress aussi. Cela permet d’être plus concentrée, plus attentive aux détails, de se poser les bonnes questions sur le sens du vent où la manière d’attaquer le drapeau. Il faut bien gérer cela en respirant mais cela a plutôt tendance à me permettre d’être meilleure.

Ce début de saison vient récompenser un choix fort que vous avez fait en fin de saison dernière en quittant l’Epson Tour (la deuxième division américaine) où vous aviez conservé vos droits de jeu, pour tenter votre chance sur le LET. Quelles raisons vous ont poussé à faire ce choix ?
Je n’avais pas fait une trop mauvaise saison sur l’Epson Tour en prenant la vingtième place finale du circuit. Mais cela ne me permettait pas de remonter sur le LPGA Tour. C’était un petit peu dur. Avec mon coach Vincent Loustaud, on s’est dit que ce serait bien de jouer sur le LET, notamment pour essayer de rentrer sur les tournois Majeurs. Sur l’Epson Tour, même en cas de bon résultats, cela n’est pas possible.

Quelles sont les différences entre le LET et l’Epson Tour ?
Les parcours ne sont pas les mêmes. Sur le LET, les par 5 sont plus atteignables en deux coups par exemple. Les greens sont eux souvent plus fermes aux États-Unis. Mais la grosse différence c’est surtout qu’il y a une grande proximité avec le LPGA Tour. C’est juste à côté et chaque joueuse a vraiment la mentalité de vouloir y accéder. L’ambiance y est aussi différente. Pour ma part, j’avais pas mal de copines de la fac avec moi. Mais si l’on n’a pas étudié aux États-Unis, on peut se sentir un peu seule. Alors que sur le LET, on se regroupe souvent par pays. Les Espagnoles restent ensemble, les Anglaises et les Françaises aussi. C’est assez marrant.

Vous êtes épanouie aujourd’hui sur le Ladies European Tour ?
Je suis très heureuse de découvrir de nouveaux pays. J’étais contente d’aller en Australie, de découvrir la culture, les paysages. Et je suis contente d’être à Maurice cette semaine, de pouvoir placer le pays sur une carte et de pouvoir dire que j’y suis allée. Pour autant, j’aime les États-Unis et l’objectif est toujours d’y retourner, sur le LPGA Tour. C’est tout de même le meilleur niveau mondial et c’est toujours excitant de se dire qu’on évolue parmi les meilleures joueuses du monde dans son sport.