Carte du PGA Tour pour 2027 en poche, Jérémy Gandon, futur papa en février prochain d’un petit garçon, savoure l’instant présent. Passé professionnel en 2019 après quatre ans passés à Kansas State University, il touche désormais au but malgré un parcours tout sauf rectiligne.

Direction le PGA Tour pour Jérémy Gandon, sept ans après son passage chez les pros © James Gilbert / Getty Images via AFP

Quinzième de la Points List du Korn Ferry Tour 2026 grâce notamment à une victoire au LECOM Suncoast Classic le 5 avril mais aussi à quatre autres top 10, Jérémy Gandon, 30 ans le 4 décembre prochain, est convoqué à Ponte Vedra Beach, en Floride, ce mercredi 14 octobre pour une journée d’information offertes aux nouveaux membres du PGA Tour. Sans programme encore défini de pré-saison, le Drômois domicilié à Arlington (Texas), entre Dallas et Fort Worth, s’offre en attendant quelques moments de répit. Avant de préparer le grand saut !

Etes-vous aujourd’hui redescendu de votre nuage ?

Etant certain de grimper sur le PGA Tour avant le début du dernier tournoi de la saison (Ndlr, Korn Ferry Tour Championship), la sensation était assez différente, d’autant que je n’étais pas dans une bonne dynamique en termes de résultats. Le fait d’avoir déjà la carte, j’ai reçu beaucoup de messages de félicitations alors qu’on les reçoit d’habitude après une victoire dans un tournoi. Donc là, c’était assez spécial. J’essaie désormais de regarder de l’avant et me préparer du mieux possible pour la saison à venir sur le PGA Tour. Même si, pour être tout à fait franc, je ne suis pas encore totalement descendu de ce fameux petit nuage (rires).

Vous atteignez ici le but que vous vous étiez fixé quand vous êtes passé professionnel en 2019. Le parcours n’a pourtant pas été facile jusque-là...

Oui, c’est vrai. C’est sûr qu’en prenant un peu du recul, en se fixant cet objectif il y a 7 ou 8 ans et y parvenir maintenant, ça fait drôle. C’est cette persévérance qui m'a amené là où je suis aujourd’hui. A moi maintenant de me fixer de nouveaux buts et de continuer sur cette dynamique.

Peut-on affirmer que 2023 a été une année charnière pour vous, lorsque vous jouiez sur trois circuits différents, le PGA Tour Latinoamerica, l’Asian Tour et le Korn Ferry Tour, de façon ponctuelle. Peut-on dire qu'il y a eu un avant et un après à cette époque pour vous ?

Je dirais que j'ai beaucoup appris en 2023. Je manque la carte sur le Korn Ferry Tour au Final Stage. Je me retrouve avec un statut conditionnel, sans la moindre garantie. Là-dessus, je pars faire les Cartes asiatiques, et je les réussies. Cette année-là, c’est parti un peu dans tous les sens. J’ai beaucoup appris mais je n’ai pas pris beaucoup de plaisir. Quand 2023 s’est achevée, je me suis dit que je ne voudrais pas revivre une telle année. Je n’avais pas vraiment envie de vivre ça toute ma vie.

Vous vous souvenez du nombre de miles que vous avez parcourus en avion cette année-là ?

Aucune idée. Je sais que j'ai dû faire trois ou quatre allers-retours entre le Texas et l’Asie. Sans oublier les tournois en Amérique latine. J’ai aussi joué l’Open de France. J’ai dû avoir le statut gold sur American Airlines. Ou en tout cas le statut le plus élevé (rires).

Vous avez connu des périodes de doute cette année-là. Aurait-elle pu être la dernière pour vous au plus haut niveau ?

Je dirais que c’est plus en 2024 que ce genre de pensées m’ont traversé l’esprit. En 2023, ça peut basculer favorablement pour moi car je passe tout près sur le Latinoamerica d’un droit de jeu plein l’année suivante sur le Korn Ferry Tour. Je perds en play-off au Tour Championship. Une victoire m’aurait offert un statut garanti. J’ai eu des résultats encourageants qui me prouvaient que je pouvais le faire. Non, c’est vraiment en 2024 que ça se passe moins bien pour moi. Je joue sur le PGA Tour Americas (la 3e division US), je commence pourtant bien la saison. Je fais je crois cinq top 10 et une douzième place sur les six premiers tournois. J'étais confiant, le jeu progressait dans la bonne direction. Et puis je me suis écroulé sur la deuxième partie de saison. Cela a été assez dur mentalement. Malgré un bon début d’année, je n'ai pas réussi ensuite à avoir ce déclic, de pouvoir redresser la barre. En fin de saison, quand je n’accroche qu’un top 50 au final Stage du Korn Ferry, c’est la première fois dans ma carrière où je me suis posé la question de savoir ce que je pourrais faire d’autre que du golf. Comment je pourrais vivre autrement qu’en vivant de ma passion ? En me posant ces questions, ça m’a aidé quelque part. Le fait de me dire que j’acceptais de faire autre chose de ma vie, ça a été curieusement une délivrance. J’ai senti que la pression retombait. Je me souviens encore attaquer ce dernier tour (des Cartes) en me disant que c'était peut-être le dernier de ma carrière professionnelle.

Y avoir toujours cru, c’est ce qui fait votre force ?

J’ai été confronté à pas mal de vents contraires dans ma carrière professionnelle. Le fait de me remémorer ces moments-là, ça me procure un peu plus de motivation. Tout ça me fait dire aujourd’hui que je suis capable d’y arriver. Et ça peut aussi me servir pour le futur. Avoir eu ce parcours pas toujours rectiligne ne peut que m’aider au plus haut niveau.

Vous êtes marié et vous allez être papa d’un petit garçon en février prochain. Cela aussi va vous permettre de mûrir encore un peu plus, non ?

De toute façon, je n'ai pas le choix (rires). Oui, cela va être quelque chose de nouveau. Il va falloir le gérer et aussi gérer cette première année sur le PGA Tour. Il y aura un peu de stress forcément mais ce sont des choses dont j’ai toujours rêvé de vivre. Ce n'est que du bonus. Et puis ma femme est fantastique. Je ne me fais pas de souci. Je pense qu'on va bien se débrouiller.

Quelles sont pour vous les clés pour durer le plus longtemps possible sur le PGA Tour ?

Je ne me suis pas encore projeté sur le long terme. Là, j’essaie de savourer. Je sais qu’il y aura des hauts et des bas. Cette année déjà, il y en a eu. Non, je voudrais garder les choses qui ont marché cette année et puis revoir un peu les choses sur lesquelles il faut encore progresser. C’est banal ce que je dis mais c’est comme ça que je vois le processus. Fonctionner jour après jour, se concentrer un peu plus sur la procédure et les routines. Je pense que c'est ce qui permet de garder le cap et d'être compétitif au plus haut niveau.

Paul Barjon vous a-t-il déjà donné deux ou trois conseils ? Lui aussi a connu ce que vous allez vivre en 2027...

On n’habite pas très loin l’un de l’autre. A peu près à 40 minutes. On en a parlé au fil des années. Je sais que si j'ai des questions, je peux le contacter. Paul, c'est un super ami. On va se reparler dans un futur proche. On s'entraîne ensemble, on se voit d'une manière régulière.

Je me présenterais peut-être au Monday qualifier du RSM Classic à la mi-novembre. »

Qu’allez-vous faire maintenant que la saison est terminée sur le Korn Ferry Tour et que le PGA Tour 2027 ne débute que le 21 janvier en Californie ? Avez-vous la possibilité en attendant d’entrer dans le champ d’un des tournois actuels des Falls Series ?

Je me présenterais peut-être au Monday qualifier du RSM Classic à la mi-novembre. Mais c’est vrai que la période va être assez longue. Mon programme n’est pas encore défini. Mettre en place les choses importantes qui vont me permettre de me préparer au mieux. Pour être honnête, je suis encore un peu dans l’expectative. Là, je vais aller chipper un peu. J’ai mon ami et coach (Joel Thelen) qui se prépare pour jouer la semaine prochaine le Stage 1 des Cartes du PGA Tour. Je vais aller le voir un peu et puis faire deux trois chips. Cette semaine, ça va me permettre aussi de poser les clubs, même si ça peut apporter un peu de fraîcheur et puis de reposer un peu le cerveau. Je vais passer du temps avec ma famille, avec ma femme. On a emménagé dans une nouvelle maison. Je vais aussi essayer de rentrer en France, peut-être une semaine. Pour l'instant, je n'ai pas de plan établi. En tout cas, j'espère d'ici les prochains jours avoir les idées un peu plus claires et avoir un programme sur lequel je peux me reposer.

Savez-vous combien de tournois vous allez pouvoir disputer sur le PGA Tour l'an prochain ?

Normalement, je vais pouvoir jouer tous les tournois sauf les Signature Events. Le Phoenix Open (11-14 février), ce n’est pas sûr non plus vu que le champ est un peu plus réduit. Le bébé va arriver en début de saison, donc ça va être quelque chose d'autre à gérer. Mais en tout cas, il me semble qu’on partait sur 16 tournois avant les play-offs de la FedEx Cup. Derrière, il y aura aussi tous les tournois des Falls Series... Pour entrer dans les premiers Signature Events, il faut bien jouer en début d'année pour se mettre en position. Mais je sais que les opportunités seront là sur les autres tournois et il va falloir les saisir quand elles arrivent.

De quoi êtes-vous le plus fier aujourd’hui ?

C’est vrai qu'on m'aurait dit quand je suis passé pro que j'aurais eu mon statut sur le PGA Tour au bout de 8 ans, je n’aurais pas été déçu. Mais je me serais dit que ça aurait été bien de l'avoir avant. J'espère que l'histoire n'est pas finie et qu'il y a encore plein de succès ou d'histoires à raconter. En tout cas, jusqu'ici, je suis assez fier de tout ce que j’ai accompli.