Née à Sèvres, franco-néerlandaise depuis toujours, Lauren Holmey, après plusieurs années sous pavillon des Pays-Bas, évolue depuis début 2026 officiellement sous les couleurs françaises. Cette semaine à Terre Blanche, elle se présente en solide leader de l'Ordre du mérite du Letas. 

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Lauren Holmey joue désormais avec le drapeau français accolé à son nom sur les leaderboards. © Raffaele Canepa / Alps Tour

La France, elle connaît. Elle est née à Sèvres le 12 janvier 2003, et vit depuis toujours en région parisienne (actuellement à Issy-les-Moulineaux). Le LET Access Series (Letas), elle connaît aussi. Passée professionnelle fin 2022, elle a effectué sa première saison sur la première division du LET, avant de passer par l'étage en-dessous. De fait, elle connaît aussi Terre Blanche, où elle a disputé le Terre Blanche Ladies Open en tant que pro en 2024 et 2025. Finalement, rien de ce qui arrive en ce moment dans la carrière et la vie de joueuse de Lauren Holmey ne lui est formellement inconnu.

Néanmoins, à celles et ceux qui suivent avec assiduité l'actualité du golf français, son nom est une nouveauté. Et ce pour une raison très simple : celle qui fut à de multiples reprises championne des Pays-Bas chez les amateurs n'évolue sous pavillon tricolore que depuis le début d'année 2026. Un changement qui n'est guère que le passage des couleurs bleu-blanc-rouge du format horizontal au vertical pour cette fille d'un père français et d'une mère batave, qui possède les deux nationalités, et qui se définit elle-même, non pas comme 50-50, mais comme « 100 % française et 100 % néerlandaise. J'ai toujours été aussi fière d'être l'un que l'autre ».

Retour sur le LET en ligne de mire

Dans ses jeunes années amateurs, déjà, Lauren Holmey a concouru sous bannière française, notamment à l'époque où elle écumait ses premiers grands prix. Puis, vers l'âge de 13 ans, son choix s'est orienté davantage vers les Pays-Bas. « Ma scolarité, mes attentes personnelles, un déménagement possible, à l'époque, de ma famille aux Pays-Bas, ont fait que cela me paraissait une décision cohérente », explique-t-elle. Son potentiel ne passe pas du tout inaperçu au Plat pays. Le maillot Oranje lui est confié dans les grandes compétitions internationales par équipes, comme par exemple lors de la victoire néerlandaise à la European Nations Cup en 2018. En août 2022, son profil est idéal pour disputer, toujours avec les Pays-Bas, les Championnats du monde amateurs par équipes. Non seulement car son niveau de jeu est déjà celui d'une pro, mais surtout parce que cette édition se joue à Saint-Nom-la-Bretèche et sur l'Albatros du Golf National, ce dernier étant son terrain habituel d'entraînement.

Un terrain qui a dû fermer pendant deux ans à partir de fin 2024, pour ne rouvrir que début septembre de cette année. Lauren Holmey, toujours installée en région parisienne, s'est donc mise en quête d'un nouveau terrain de résidence, quête qui a trouvé son débouché à Joyenval. « J’ai joué plusieurs Classics de Joyenval quand j’étais amateur, j’ai toujours eu un faible pour ce club, reconnaît celle qui est entraînée par Thierry Anger. Lorsque l'Albatros a fermé, je me suis rapprochée de Joyenval, chez qui j’allais m’entraîner quelques fois dans l’année auparavant. Au printemps dernier, c’était le moment opportun pour en devenir membre. » Du club situé dans les Yvelines, elle vante particulièrement les deux parcours de championnat et l'environnement calme et soigné. « Je ne peux pas rêver mieux, résume-t-elle. Pour mon entraînement, ça a été très bénéfique. » Les chiffres disent exactement cela.

Depuis le début de la saison, Lauren Holmey a disputé 13 tournois du Letas. À 8 reprises, elle a terminé dans le top 10. Sa performance majeure, jusqu'à présent, est sa victoire lors de l'Arkéa Montauban Ladies Open, au début du mois de juin. « Je sortais de deux premiers tournois très positifs au Maroc et en Autriche, énumère-t-elle. Je pouvais déjà sentir mon jeu bien en place. Les trois tours à Montauban se sont passés de manière très régulière, constante. Le dernier jour, j'ai eu quelques putts qui sont tombés, ça a bien aidé. » 

Une année 2026 qui a donc coïncidé avec son retour sous les couleurs françaises. « Désormais, ma vie est bien établie en France, note Lauren Holmey. Ma famille ne se voit pas retourner vivre aux Pays-Bas. » Constance et régularité ont été ses marques de fabrique toute la saison. À tel point qu'elle arrive cette semaine au Terre Blanche Ladies Open en position de leader de l'Ordre du mérite du Letas. Plus de 300 points la séparent de sa dauphine, la Suédoise Moa Svendenskiöld. À cinq événements de la fin de la saison, sa position est idéale pour terminer dans le top 7, et retrouver le LET l'année prochaine. 

« C’est plus agréable d’être première que de courir après les filles dans le top 7, en étant juste dehors, constate-t-elle. Donc ça ne rajoute pas de pression, au contraire, le jeu a montré tellement de bonnes choses cette année que j’ai envie de poursuivre sur cette lancée et de finir sur une bonne note. » La bonne note peut arriver dès cette semaine dans le Var.