Depuis 2021, le top 5 du Terre Blanche Ladies Open a toujours compté au moins une amateur française. Une réussite qui bénéficie à la formation mais aussi au tournoi, qui en fait une raison d'être.

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Téodora Nikolovski est dans le top 10 du Terre Blanche Ladies Open au terme du premier tour. © Philippe Millereau / KMSP

Le premier tour du Terre Blanche Ladies Open (TBLO) est à l'image du classement de chacune des cinq dernières éditions. Car en ce jeudi 8 octobre, une amateur s'est invitée dans le top 5 de l'événement. Cette année, c'est Lana Guyot qui est à l'honneur. Auteur d'une carte de -4, la Suissesse pointe à la 2e place de l'épreuve du LET Access Series sur un parcours varois qu'elle connaît bien pour y avoir évolué lors de son passage au Centre national de performance de Terre Blanche. Et à quelques rangs derrière, c'est la Française Téodora Nikolovski, elle aussi amateur, qui occupe la 9e place à -2.

Une habitude depuis 2021

En lançant leur semaine de la sorte, les deux joueuses marchent dans les pas de plusieurs consœurs qui les ont précédées. Depuis 2021, il y a toujours eu une amateur dans le top 5 du tournoi ; qui plus est, française. Avec en point d'orgue la victoire de Louise Uma Landgraf en 2023. « C'est l'intérêt de ce tournoi, et c'est aussi pourquoi Terre Blanche s'investit et est si attaché à cette épreuve, explique le directeur du golf de Terre Blanche depuis 2023, Lionel Gardes-Bus. Cela permet à de jeunes joueuses, françaises bien sûr - c'est ce qu'on souhaite prioritairement - mais aussi européennes et du monde entier, de venir s'aguerrir et faire leurs armes sur ce circuit. »

Dans ce contexte, la Fédération française de golf contribue directement à cet essor. Encore cette année, la directrice du tournoi et la responsable de la Commission sportive de la ffgolf, Agnès Sallandrouze, a attribué treize places à des amateurs, dont dix pour des Tricolores, afin de « récompenser leur présence dans le top 50 national ou un succès dans un tournoi international, à l'image de Carlota Locatelli, lauréate du Swiss International en septembre », détaille-t-elle. Les deux années précédentes, la directrice avait inclut dans sa liste Sara Brentcheneff, déjà parmi les meilleures jeunes amateurs de l'Hexagone. « Je recevais chaque année un mail, deux mois et demi ou trois mois avant l'épreuve, annonçant que des invitations étaient données aux meilleures joueuses françaises, raconte celle qui évolue aujourd'hui en université américaine. À chaque fois, ça tombait parfaitement, à un moment où je n'avais pas énormément de tournois. Je me suis dit : pourquoi pas, autant tenter. »

L'expérience de l'actuelle 30e joueuse mondiale amateur n'est pas allée sans appréhension. « La première année, j'étais hyper stressée parce que je n'avais jamais joué sur le LET Access Series. » Mais se mesurer à des professionnelles a aussi ses vertus : « Ce n'est pas encore notre monde, mais c'est celui où l'on veut être dans quelques années, donc il y a toujours l'envie de figurer le mieux possible. Je pense que c'est une bonne pression : quand tu joues avec de bonnes joueuses, ça t'aide généralement à mieux jouer. Et d'un autre côté, il n'y en a pas, parce que tu es amateur et que tu n'as rien à perdre. »

Un bénéfice à double sens

La présence des amateurs profite bien sûr d'abord aux joueuses elles-mêmes. Elles découvrent le monde professionnel, engrangent de l'expérience. Sara Brentcheneff y a trouvé la confirmation qu'une amateur pouvait rivaliser avec des joueuses de deuxième division européenne. « Quand tu es une bonne amateur et que tu vas te confronter à ce genre de compétition, c'est une bonne transition vers les étapes supérieures. » Le parcours d'Amalie Leth-Nissen l'illustre également. Vainqueur l'an dernier en tant que professionnelle, la Danoise avait déjà failli s'imposer en 2021 (elle avait pris la 2e place) sans ce statut.

Ce genre d'évolution est justement ce qui plaît au tournoi. La réussite des jeunes pépites, françaises ou étrangères, lui permet de rayonner, explique son directeur Lionel Gardes-Bus. « On a un exemple très prestigieux avec Linn Grant. Quand elle est venue ici, elle n'était pas encore connue. Elle a gagné ce tournoi et ça a été un véritable tremplin pour elle. » Professionnelle depuis quelques semaines seulement lors de son succès en 2021, la Suédoise s'est ensuite imposée sur le LET avant de rejoindre le LPGA Tour, l'élite internationale du golf féminin, et devenir une membre de l'équipe européenne de Solheim Cup. « C'est important que les jeunes joueuses puissent avoir des références, des modèles, poursuit le directeur. Cela leur permet de mesurer le chemin qu'il leur reste à parcourir jusqu'à "l'eldorado" de toutes les joueuses et, parfois, de se rendre compte qu'elles ne sont pas si loin du but. »