La Fédération française de golf a mené ces dernières semaines, dans un contexte de fragmentation du golf professionnel mondial, des démarches auprès des représentants des grands circuits (PGA Tour, DP World Tour, LIV Golf). Pascal Grizot, président de la ffgolf, explique en toute transparence ce qui guide notre action.
Chères licenciées, chers licenciés,
Le paysage du golf professionnel est aujourd’hui fragmenté. Plusieurs circuits majeurs (PGA Tour, DP World Tour, LIV Golf) coexistent, se concurrencent et négocient leur avenir, créant une instabilité structurelle.
Dans ce contexte mouvant, les fédérations nationales responsables ne peuvent ni subir, ni attendre. Elles doivent comprendre, anticiper, dialoguer et explorer toutes les options possibles pour défendre les intérêts de leur sport et de leurs pratiquants.
C’est précisément dans cet esprit que la ffgolf se mobilise activement pour que la France puisse continuer à accueillir, après la Ryder Cup et les Jeux olympiques, de grands événements de golf professionnel.
Dialoguer avec tous les acteurs : une responsabilité
Lorsque le paysage est fragmenté, il serait illusoire, et même contre-productif, de ne parler qu’à certains acteurs et d’en ignorer d’autres.
Ces derniers mois, nous sommes donc allés à la rencontre des principales parties prenantes du golf mondial. Nous avons discuté avec Guy Kinnings, le CEO du DP World Tour, partenaire historique de l’Open de France. Nous entretenons également des relations suivies avec les dirigeants du PGA Tour. Nous avons échangé à ce titre avec Brian Rolapp, son directeur. Plus récemment, nous nous sommes rendus à Riyad afin de rencontrer les responsables du LIV Golf, Scott O’Neil (CEO) et Ross Hallett (en charge des opérations), ainsi que Yasir Al-Rumayyan, le gouverneur du fonds d’investissement (PIF) qui soutient le circuit.
Des déplacements courts ayant un objectif clair : évaluer les opportunités et défendre la place de la France dans les grandes compétitions internationales.
Dialoguer ne signifie pas choisir un camp. Cela signifie assumer notre devoir d’explorer toutes les pistes dans un environnement en mutation rapide. L’immobilisme serait la pire des stratégies.
Préparer l’avenir de l’Open de France
L’Open de France est l’un des plus anciens tournois continentaux. Son histoire impose le respect. Mais son avenir exige lucidité et adaptation.
Les modèles économiques évoluent, les calendriers se recomposent, les alliances internationales se redéfinissent. Anticiper ces changements est une nécessité. Notre ambition est simple : garantir à la France une place durable dans le calendrier des grands événements.
Pour y parvenir, nous devons comprendre les stratégies de chacun et envisager toutes les options susceptibles de renforcer l’attractivité et la pérennité de nos compétitions.
Pourquoi les grands événements sont essentiels pour le golf français
Accueillir de grands événements internationaux est un levier stratégique pour toute la filière.
Ces compétitions inspirent. Elles donnent envie de jouer. Elles créent des vocations chez les jeunes. Elles renforcent la fierté d’appartenance des licenciés et permettent au grand public de découvrir notre sport dans toute son exigence et sa modernité.
Elles génèrent également un impact économique réel pour les territoires et pour les clubs. Elles mobilisent les partenaires privés, attirent les médias, dynamisent l’activité locale et participent au rayonnement de la France à l’international.
Mais surtout, elles produisent un héritage durable.
L’exemple de la Ryder Cup : un héritage structurant
La Ryder Cup 2018, organisée au Golf National, n’a pas été un simple événement sportif. Elle a constitué une étape structurante dans notre histoire, pour notre fédération et pour l’ensemble de la filière.
Elle nous a permis de nouer des relations solides et durables avec les pouvoirs publics. Ces relations ont été déterminantes dans des moments clés. Lors de la crise sanitaire du Covid, elles ont contribué à défendre une reprise adaptée de la pratique du golf. Elles ont également permis de faire entendre la voix de la filière sur des sujets réglementaires majeurs, concernant notamment la gestion environnementale des parcours, qui nous concernent tous.
Cet héritage institutionnel est précieux. Il démontre que les grands événements ne sont pas des dépenses à impact ponctuel et limité, mais des investissements à long terme.
Servir l’intérêt général des golfeurs français
Notre priorité reste inchangée : servir les licenciés et l’ensemble des clubs français.
Lorsque nous travaillons à attirer ou maintenir des compétitions majeures en France, nous ne le faisons pas uniquement pour une vitrine médiatique. Nous le faisons donc parce que cela renforce la crédibilité de notre sport, consolide nos relations avec les décideurs publics, attire des partenaires, soutient la formation de nos jeunes talents et dynamise l’ensemble de l’écosystème.
Dans un monde du golf professionnel en recomposition, notre devoir est d’être actifs, ouverts et exigeants. D’évaluer chaque opportunité avec rigueur. De défendre un modèle qui bénéficie à la communauté tout entière.
La France est une grande nation de golf. Elle dispose d’infrastructures de qualité, d’un savoir-faire organisationnel reconnu et d’un public passionné. Elle a toute sa place sur la carte mondiale des grands événements.
Notre engagement vise une seule chose : que les golfeurs français, aujourd’hui et demain, continuent de bénéficier d’un sport dynamique, respecté et ambitieux.
C’est cette ambition qui guide chacune de nos démarches en nous montrant en chaque instant responsable, exigeant et transparent.
Pascal Grizot
Président de la Fédération française de golf