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Jean-Lou Charon : l'interview portrait

Le nouveau président de la ffgolf n’en est pas à ses coups d’essai en matière d’engagement bénévole. Découvrez un homme au brillant parcours professionnel et qui ne compte plus les heures passées sur les terrains de golf à contribuer au développement de notre sport.

 

« Faire du golf le sport individuel numéro 1 en France ! »

Il y a 26 ans. J’étais en vacances en Espagne avec mon épouse. Nous participions à un stage débutant d’une semaine. Cela a été une véritable révélation pour moi ! Il m’arrivait de regarder de temps en temps du golf à la télévision mais je ne l’avais jamais pratiqué. Au retour de congés, j’ai rangé ma raquette de tennis et dit à mon épouse que je me mettais désormais au golf. Ma femme était un peu moins emballée que moi mais elle m’a suivi et nous nous sommes tous les deux progressivement pris d’une très grande passion pour cette discipline.

Si vous deviez faire l’exercice de présenter le golfeur Jean-Lou Charon, que diriez vous de lui ?
Je dirais que c’est avant tout un passionné qui aime à partager des parties de golf tant avec ses amis qu’avec des gens qu’il ne connaît pas. Ensuite, je préciserais que c’est un golfeur sportivement de niveau modeste mais avide de progresser même s’il manque parfois de temps. Enfin je soulignerais que pour lui, c’est la plus belle discipline au monde car elle regroupe toutes les valeurs que le sport doit véhiculer.

Votre implication en tant que bénévole a-t-elle été immédiate ?
Oui. Je me suis engagé dans la vie associative dès mes premiers pas de golfeur. C’était au golf du domaine de Rebetz à Chaumont-en-Vexin. Les fondateurs du club étaient animés d’un tel désir de transmettre leur passion et de la partager dans la convivialité que j’ai eu l’envie de m’impliquer. Je faisais parti d’un petit groupe qui animait l’association sportive. J’y ai rencontré des gens extraordinaires avec lesquels je suis toujours en contact aujourd’hui. C’est un souvenir merveilleux.

Comment s’illustrait concrètement votre engagement au sein de l’association sportive ?
Ma première mission consistait à bâtir le calendrier sportif du club. J’étais, en compagnie d’autres personnes, particulièrement en charge de démarcher des sponsors. Beaucoup d’entreprises régionales et locales nous ont apporté leur soutien. Le contexte était favorable. Le golf était en plein développement. Nous avions à l’époque réussi à présenter des choses novatrices qui sont tombées aujourd’hui dans le domaine du courant bien entendu. J’appréciais aussi d’organiser des moments de convivialité après une belle journée de compétition où on peut se retrouver tous ensemble.

Dans le temps, comment a évolué votre engagement bénévole ?
Il a surtout évolué avec ma vie professionnelle. En 1990, j’ai quitté Chaumont-en-Vexin pour Genève. Mon épouse et moi sommes devenus membres du club de Divonne-les-Bains où je me suis très rapidement impliqué auprès de l’association sportive. J’y ai d’abord exercé les fonctions de capitaine d’équipe (non joueur) puis de responsable des équipes avant de devenir capitaine adjoint. Comme on dit en Suisse ou proche de la frontière (rires), ce dernier poste est comparable à celui de vice-président de l’association sportive. Il s’agissait de s’impliquer sur les remises des prix, dans l’organisation des compétitions du week-end… Après Divonne-les-Bains, en 1995, je suis revenu dans la région parisienne. J’ai rejoint le golf de Compiègne où il m’a été également confié le capitanat d’une équipe (non joueur). Mais mon passage y a été bref. J’ai été appelé à d’autres fonctions aux Pays-Bas. Cela a coïncidé avec une période professionnelle où j’ai beaucoup voyagé et au cours de laquelle je ne me suis pas sédentarisé dans un golf néerlandais qui plus est où les listes d’attente pour devenir membre étaient très longues.

Cela ne pouvait pas durer…
Non (rires). Après cinq ans passés chez nos voisins hollandais, j’ai retrouvé la France en 2000. Je me suis réinscrit dans un club, au Golf Club de Lyon. En 2002, on m’a proposé d’être Président de l’association sportive ce que j’ai accepté. Et dans la foulée, ce fut au tour du Président de la Ligue Rhône- Alpes de m’inviter à les rejoindre en occupant le poste de trésorier. Je lui ai ensuite succédé.

De quoi êtes-vous le plus fier dans votre parcours bénévole ?
Je ne parlerai pas de fierté mais plutôt de satisfaction. J’ai eu la chance de rencontrer des gens différents mais qui avaient en commun la passion pour le golf et ont tous accepté, avec abnégation et souvent dans l’ombre, de faire don de leur temps pour les autres. C’est cette communion qui m’a toujours plu. J’ai aussi la grande satisfaction d’avoir contribué à démontrer que le golf est accessible au plus grand nombre et qu’il peut apporter beaucoup dans la quête d’un meilleur équilibre de vie.

Que retenez-vous de votre passage à la tête de la Ligue Rhône-Alpes ?
Rhône Alpes est une très grande ligue par sa surface (s’étend de la Haute Savoie jusqu’à la Drôme provençale) et offre une vraie diversité golfique avec des parcours de montagne et urbain. Elle est devenue, pendant mon mandat, la deuxième ligue de France en nombre de licenciés. Ce résultat illustre le dynamisme des propriétaires et directeurs de golf déterminés à s’améliorer sans cesse avec comme préoccupation permanente, celle de préserver un juste équilibre entre toutes les forces vives du golf dans la région. Rhône-Alpes, c’est aussi d’excellents résultats sportifs avec des champions de France et des équipes de clubs en première division nationale. Nous sommes les premiers à disposer d’un commissaire aux comptes et d’un médecin de ligue. Nous avons mis en place un diplôme d’État pour les enseignants afin d’améliorer leur formation professionnelle. Ce passage de quatre ans, même s’il a finalement été bref, fut extrêmement enrichissant.

Pensiez-vous que cet engagement pouvait un jour vous propulser à la tête de la Fédération française de golf ?
Je ne l’ai jamais envisagé au début de mon engagement bénévole. Ce n’était pas un but.

Maintenant, parlez-nous un peu de votre parcours professionnel ? Dans quels univers avez-vous travaillé et quelles fonctions avez-vous occupées ?
J’ai effectué l’ensemble de ma carrière dans le monde des huiles végétales alimentaires (soja, colza, tournesol…). Pour commencer, je m’occupais particulièrement de négoce. J’étais intermédiaire dans des transactions de commerce international. Cela a été une grande partie de ma vie tant à Paris qu’à Genève. Les journées de travail étaient longues mais avaient le mérite d’englober de longs voyages vers des pays producteurs ou importateurs d’huiles. C’était un métier passionnant, une vie pleine et extrêmement riche. La deuxième partie de ma vie était beaucoup plus industrielle. J’ai travaillé pour un groupe hollandais qui fabriquait des matières grasses alimentaires. Au début, je gérais la filiale qui s’occupait spécifiquement des matières grasses industrielles. Nous vendions à des grands noms de l’agroalimentaire, des industriels tels que des chocolatiers, des glaciers, des biscuitiers qui achetaient nos produits pour fabriquer les leurs. Sur la fin de ma carrière, cette division a été cédée. Je me suis ensuite occupé pour l’Europe du sud et l’Afrique de l’ouest du développement des relations commerciales avec la grande distribution. J’étais Directeur commercial hors Benelux. C’était une carrière soja, colza, tournesol, avec un peu d’huile de palme ! (rires).

Dans quelques semaines, vous devriez donc fédérer une équipe d’élus bénévoles et de permanents salariés de la ffgolf. Y voyez-vous un parallèle avec vos précédentes fonctions ?
Par certains côtés oui mais cela sera une nouvelle histoire. Je suis surtout attaché à l’idée que tout le monde travaille ensemble, en harmonie et partage la volonté de développer notre sport. Je suis accompagné par des personnes expérimentées, des gens très impliqués sur le terrain, des sportifs de haut niveau, des chefs d’entreprise... Cette mixité est importante. Elle donnera des points de vue différents et proches de la réalité du terrain. Compte tenu des défis qui se présentent devant nous, je suis certain que cette diversité sera un atout.

À titre personnel, que pensez-vous retirer de l’expérience qui vous attend ?
C’est une nouvelle occasion d’améliorer ma connaissance des autres et de découvrir d’autres facettes de ma personnalité. Devenir Président de la ffgolf me donnera aussi un point de vu national et international du golf. Nous nous inscrivons notamment dans un contexte européen avec des collaborations avec les autorités et opérateurs qui gèrent le golf sur le vieux continent. À ce titre, je pense y puiser une grande richesse.

Quelles sont vos principales ambitions pour les quatre prochaines années ?
Tout d’abord, il ne faut pas perdre de vue qu’il faudra réaliser de manière opérationnelle et faire fructifier ce que l’équipe précédente a obtenu. Je pense à la Ryder Cup 2018 et aux Jeux Olympiques 2016. Je pense aussi à la mise en œuvre des engagements que nous avons pris pour la création de 100 petits golfs. Au-delà de cet héritage positif qu’il faudra bien gérer, il y a de nombreux chantiers à mettre en route. Je souhaite rassembler autour de ces projets, travailler avec tous les acteurs du monde du golf que ce soit autour de la Ryder Cup, du développement des licences mais aussi de l’évolution des écoles de golf qui me tient à cœur.

Estimez-vous utopique la situation qui placerait le golf comme sport individuel numéro 1 en France ?
Non car c’est le cas dans le monde ! Nous devons encore travailler sur la perception du golf auprès du grand public et faire découvrir notre sport d’une manière beaucoup plus large. Il faut en finir avec cette peur de pousser la porte d’un club house. Beaucoup trop de gens pensent que les golfs sont des endroits privés et qu’ils n’y ont pas accès. À nous de démontrer que pousser la porte d’un club house c’est s’adonner à une activité sportive, olympique qui plus est, à un coût tout à fait abordable. Lorsqu’on réussira à passer cet écueil, le golf pourrait devenir le sport individuel numéro 1 en France. Cela nous prendra plus qu’une mandature mais à l’échéance de 2017, nous devons avoir progressé dans ce domaine.