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Lionel Weber : 2019, l’année charnière

Après avoir perdu sa carte sur l’Asian Tour, l’Alsacien, revenu définitivement en France, va articuler sa saison entre le Mena Tour, le Challenge Tour mais aussi un peu de Tour asiatique avant de viser les Cartes européennes en fin d’exercice. Défis en tous genres !

A 28 ans, l'Alsacien effectue un sérieux virage dans sa carrière professionnelle Banyan Golf Club

C’est la fin de six longues saisons sans interruption sur l’Asian Tour (2013-2018) ! Lionel Weber a en effet décidé de tourner la page. Certes, pas complètement puisque l’Alsacien pourra encore bénéficier de quelques invitations, notamment sur des « petits » tournois. Mais l’avenir s’annonce clairement ailleurs qu’en Asie. Ailleurs qu’à Hua Hin (Thaïlande) où il avait installé son camp de base…
« C’est une aventure qui se termine, lâche doucement le golfeur aujourd’hui âgé de 28 ans. J’ai perdu ma carte mais au fond de moi, c’est la première fois que je me suis demandé ce que je faisais là. En établissant un bilan honnête, ça faisait trois ans que mes résultats n’évoluaient pas. A la rigueur, je pouvais devenir un joueur installé sur l’Asian Tour, qui garde sa carte, en effectuant sa petite carrière. Mais pour y parvenir, il faut vivre à plein temps en Asie. Et la culture là-bas est différente de la mienne. Bref, j’ai commencé à avoir le mal du pays… » 

Besoin d’être dans le rouge 

C’est au milieu de l’année 2018 qu’il prend la décision de quitter l’Asie, curieusement au moment même où il est en train de perdre son droit de jeu (un seul top 20 (18e au Mercuries Taïwan Masters) en 20 tournois joués). La sensation de ne plus progresser, pire, de stagner loin des siens, a fini de le convaincre de passer à autre chose.
« J’ai commencé à me perdre un peu, j’avais moins d’enthousiasme qu’avant d’être en Asie, poursuit-il. Etre là-bas, pendant autant d’années, me déplacer dans des pays exotiques, revenir en Thaïlande, ça a un côté un peu déstabilisant. C’était beaucoup de sacrifices personnels. Il fallait que je rentre en Europe, que je rentre en France revoir des gens qui ont toujours fait partie de ma vie. Se mettre dans le dur, ce côté aventurier m’a apporté plein de choses au début, mais à 28 ans, c’est le temps de changer… On doit avoir une vie équilibrée, être bien dans ses baskets… C’est ce qui vous permet d’avancer. En Asie, j’étais un peu seul à me coacher, j’avais atteint mes limites. Je dois maintenant me remettre dans un cadre plus sain, plus confortable pour le moral et qui vous permet aussi de travailler plus efficacement. Il me fallait cette rupture, être dans le rouge, pour qu’il se passe quelque chose. » 

Evacuer les idées parasites 

Au début du mois de janvier, il est ainsi parti quelques jours dans le sud de la France, sur la Côte, retrouver Benoit Ducoulombier au golf de Saint Donat (06). Au contact du Druide et de quelques joueurs dont ce dernier a la responsabilité (Victor Dubuisson, Adrien Saddier, Mathieu Decottignies-Lafon, Robin Roussel…), Lionel Weber a fait un premier bilan de son état de forme et des axes de travail à privilégier.
« On a beaucoup discuté ensemble, ajoute-t-il. N’ayant pas un grand gabarit, je dois avoir une main gauche plus forte. Je dois aussi évacuer ces idées parasites qui polluent mon jeu, changer la manière d’aborder les coups, et surtout progresser physiquement. En résumé, l’expérience du haut niveau de Benoit, son sens du partage, doivent m’aider à changer de braquet… »
En attendant de se revoir très bientôt, le Mulhousien va entamer une série de tournois sur le Mena Tour, un tour satellite du Moyen-Orient fondé en 2011. Entre le 7 février et le 14 mars, il va ainsi jouer en Jordanie, à Oman, à Bahrein et par deux fois aux Emirats arabes unis. Les 20 et 21 janvier derniers, il avait également participé aux qualifications du Dubaï Desert Classic. Sans réussite hélas, contrairement à Victor Riu, l’un des trois qualifiés… 

Le Tour européen à 30 ans 

« C’est un Tour intéressant, avec la présence de plusieurs joueurs français (Robin Roussel, Gary Stal, Victor Riu…), avec de bonnes dotations (entre 75 000 et 100 000 dollars) et des perspectives alléchantes, explique-t-il. Le premier à l’Ordre du mérite jouera ainsi le Maybank Championship sur l’European Tour (21-24 mars). Le deuxième sera qualifié pour le Trophée Hassan-II (25-28 avril). 2019 doit être une année de transition pour moi. Je me dois de m’assurer une base ultra solide en termes techniques et arriver en fin d’année aux Cartes européennes. Je vais aussi essayer d’avoir le maximum d’invitations sur le Challenge Tour, via la Fédération française de golf (FFG). Mon but n’est pas de jouer sur des Tours satellites, mon but est de grimper sur l’European Tour le plus rapidement possible. Si je ne suis pas le Tour européen pour mes 30 ans, je ferai autre chose. Je ne dis pas que ça ne sera pas dans le golf. Mais il faut qu’il se passe quelque chose. Cette situation fait un peu peur car t’as l’impression de dégringoler dans les grades. Mais le golf, c’est d’abord une question de niveau de jeu. Si tu as le niveau de jeu suffisant, tu y arriveras, que ce soit sur l’Alps Tour, le Challenge Tour ou ailleurs. Jouer la gagne aussi, ça peut faire du bien. Ces deux dernières années, j’ai pris beaucoup plus de coups dans la gueule, sportivement parlant, que de victoires à fêter. Et ça épuise. Le doute s’est installé, on se demande si on a le niveau… Et quand on est dans le négatif, on n’est pas au niveau… »


Par Lionel VELLA
30 janvier 2019