Du 3 au 7 février dernier, Oscar Couilleau, Callixte Alzas et Lev Grinberg ont préparé leur début de saison européenne à l'académie de Victor Dubuisson à l'Abama Resort Tenerife, dans les îles Canaries. Récit d'une petite semaine inoubliable pour les espoirs du golf tricolores, entre apprentissage, rires et performance. 

De gauche à droite : Kenny Le Sager, Oscar Couilleau, Victor Dubuisson, Lev Grinberg, Callixte Alzas et Grégory Havret. © ffgolf

« Ça fait encore trois points ! » Joint par téléphone ce vendredi 6 février, Kenny Le Sager assiste, pendant qu'il nous parle, à un énième concours entre « ses » garçons et leur hôte de la semaine, Victor Dubuisson. « Ils sont encore en train de jouer sur la zone d'entraînement, et ils en ont encore pour un moment, je pense ! » s'amuse le technicien, reprenant le fil de notre conversation après avoir gentiment chambré l'un de ses protégés.

Sur les excellentes infrastructures golfiques de l'Abama Resort Tenerife, Oscar Couilleau, Callixte Alzas et Lev Grinberg sont en train de conclure une semaine qu'ils ne sont pas près d'oublier. Escortés par leur entraîneur référent du Centre de performance du Golf National, par le responsable de la filière Messieurs Grégory Havret et - en l'absence de leur compère Hugo Le Goff, contraint de rester en France en raison d'une opération médicale bégnine - par leur jeune collègue Léon Godeau, les trois espoirs du golf français profitent à fond des derniers instants de cette expérience mémorable.

« Franchement, il est trop cool, Victor ! » résume Oscar Couilleau dans un sourire le lendemain matin, alors que le trio attend à l'aéroport l'avion qui les doit les amener à l'Amendoeira Resort, où se tiennent de mercredi à samedi les Internationaux du Portugal. « Il nous a accueillis comme des rois. Le parcours à Abama est très dur, notamment sur et autour des greens, et la zone d'entraînement est parfaite pour travailler tous les coups, donc honnêtement c'était un des meilleurs endroits que j'avais jamais vus. »

Des installations au top niveau

Situé sur la côte sud-ouest de l'île de Tenerife, dans l'archipel espagnol des Canaries au large des côtés africaines, le resort d'Abama a tout de l'endroit idéal pour s'entraîner au golf. En ces premiers jours de février, alors que les golfs français peine à absorber la pluie qui tombe depuis le début de l'année, le tracé niché au bas des pentes du majestueux volcan Teide offre des conditions de jeu introuvables dans notre pays à cette période de l'année. « Il faisait un petit 20° avec un peu de brise, donc c'était nickel », apprécie Oscar Couilleau. « Le parcours est vraiment de style espagnol, un peu dans les montagnes, avec des palmiers et des vues sur l'océan. Il est assez court en distance, mais très exigeant. »

La raison à cela, c'est qu'il a été préparé aux petits oignons par Victor Dubuisson en personne, qui dispose de son académie au sein du resort ! « Il est vraiment difficile, surtout au niveau des greens qui sont très fermes, très rapides et très pentus », explique le Cannois, joint à la fin du stage. « À la demande de Grégory et Kenny, j'avais placé les drapeaux dans des endroits que les jeunes pourront retrouver dans les grands tournois qu'ils vont jouer plus tard aux États-Unis, afin de leur proposer un bon entraînement. » Le set-up du parcours a été particulièrement apprécié par l'entraîneur du trio : « Il était vraiment challenging », confirme Kenny Le Sager, « et ça a permis aux garçons de travailler la partie stratégique, et de mesurer leur jeu à un parcours sélectif en termes de positions de drapeaux. »

Une vue du parcours avec, au loin, l'île de La Gomera. © Abama Resort Tenerife

Plaisir et performance

Chaque jour, le trio s'est donc confronté au parcours d'Abama selon un programme systématiquement démarré par 18 trous le matin. « On a fait une forme de tournoi sur trois tours, avec une journée d'entraînement le mardi après-midi », explique Victor Dubuisson. « Ils avaient comme objectif de jouer sous le par sur 54 trous. Ça n'a pas été fait, mais bon, c'était la première fois qu'ils jouaient le parcours, donc je suis sûr que la prochaine fois ils rendront de meilleurs scores. Mais c'était vraiment super bien pour leur apprentissage, et ils en sont ressortis très contents. »

Chaque jour, l'ancien 15e joueur mondial a joué neuf trous avec la première partie, puis neuf avec la seconde. Il a ainsi pu observer au plus près le jeu et la stratégie déployés par Oscar Couilleau, Callixte Alzas et Lev Grinberg. « À chaque coup, je leur donnais des indications, je discutais avec eux de la stratégie, et je les aidais à choisir la meilleure zone pour toucher les greens, car depuis que je joue ici je connais les greens par cœur. Souvent on ne prend pas assez de pente par rapport à la vitesse, donc j'ai essayé de les aider là-dessus aussi. C'était vraiment bien », souligne-t-il.

Le bilan des quatre jours a également de quoi satisfaire Kenny Le Sager, qui a pu observer le comportement de ses protégés sur un parcours sélectif, et en a tiré des enseignements utiles pour leur évolution. « Ils ont encore une énorme marge de progression sur beaucoup d'aspects du jeu, et c'était intéressant d'avoir l'avis de Victor sur leur niveau », estime le technicien. « Il y a toujours la possibilité de s'améliorer en maîtrisant mieux la frappe de balle, en chippant et puttant un peu mieux, en élevant tous les secteurs du jeu - même si c'est très bateau de dire ça - et en étant meilleur dans la gestion de parcours. Il y a encore de la marge, c'est sûr, mais c'est en jouant sur des parcours comme ça, qui demandent beaucoup de réflexion, qu'ils vont être encore meilleurs. »

Jouer avec lui, c'était le meilleur apprentissage possible.

Oscar Couilleau

Après la pause-déjeuner, l'après-midi était consacré d'une part à des sessions techniques individuelles avec « Coach Kenny », et d'autre part à des jeux axés sur la performance. « On faisait plein de concours sous forme d'ateliers, sur des coups allant de chips autour du green à des pleins coups à 185 mètres, en tapant à chaque fois sur les greens de la zone d'entraînement qui sont préparés comme sur le parcours », détaille Victor Dubuisson. « Des grosses pétanques ! » résume Oscar Couilleau.

Une rencontre inoubliable

Au-delà de la qualité du travail accompli, les espoirs tricolores garderont aussi en mémoire le plaisir de leur première rencontre avec le magicien Dubuisson, seul golfeur masculin français à avoir atteinte la première place mondiale chez les amateurs et le top 15 chez les professionnels. « Ça a été une super rencontre », confirme Kenny Le Sager. « Victor a été incroyable par sa présence, son sens du partage et son dynamisme. Il s'est pris au jeu avec les garçons, et ils n'ont pas arrêté de se challenger toute la semaine, sur le parcours et sur la zone d'entraînement, donc c'était génial ! »

À 35 ans, le double vainqueur du Turkish Airlines Open en 2013 et 2015 a également impressionné ses élèves d'une semaine par son jeu toujours très affûté. « On a vu qu'il avait un niveau incroyable. Et encore, d'après ce que j'ai compris, il n'était pas dans sa meilleure semaine... Mais dans une bonne journée, il est vraiment imbattable », souligne Oscar Couilleau. « J'ai appris beaucoup de choses avec lui sur la stratégie. Ce qui est remarquable, c'est qu'il n'est jamais du mauvais côté. Jouer avec lui, c'était le meilleur apprentissage possible. »

Victor Dubuisson en action, sous le regard de Grégory Havret, Callixte Alzas et Lev Grinberg. © ffgolf

Un apprentissage amené à se renouveler régulièrement, puisque l'équipe de France Messieurs a d'ores et déjà prévu de rendre visite plusieurs fois cette année à Victor Dubuisson dans son académie d'Abama, la prochaine dès la fin du mois de février.