Hôte de l'équipe de France Messieurs durant une petite semaine début février dans son académie d'Abama à Tenerife, Victor Dubuisson ne cache pas son admiration pour la nouvelle génération du golf tricolore.
Du 3 au 7 février dernier, Oscar Couilleau, Callixte Alzas et Lev Grinberg ont préparé leur début de saison européenne à l'académie de Victor Dubuisson à Abama, dans les îles Canaries. Un premier stage organisé par Grégory Havret, responsable de la filière Messieurs à la Fédération française de golf, et encadré par Kenny Le Sager, coach référent des trois joueurs au Centre de performance du Golf National.
Fréquentant depuis près de trois ans l'archipel espagnol où il organise des séjours de golf, Victor Dubuisson a accentué son implication avec l'Abama Resort Tenerife, dont il est officiellement devenu l'ambassadeur global. Ce samedi 7 février dans l'après-midi, alors que les Bleuets et leur staff avaient pris l'avion du retour et que de nouveaux clients étaient déjà arrivés à leur suite, le jeune coach heureux et comblé n'a pas manqué de nous rappeler pour nous livrer ses premières impressions sur la nouvelle génération du golf français.
Après quatre jours passés à jouer avec eux, quel est votre regard sur la nouvelle génération du golf français ?
Ils sont impressionnants ! Ils tapent fort... Ils frappent la balle vraiment loin, beaucoup plus que moi à leur âge ! (rires) Ça m'a vraiment scotché, car c'est quelque chose qui n'existait pas à ce niveau-là à ma génération, même si taper fort était déjà inscrit dans la culture. Mais là, on voit qu'ils sont vraiment un cran au-dessus. Maintenant, il faut qu'ils maîtrisent mieux cette puissance, car sur des parcours très étroits où il vaut mieux ne pas être trop proche du green pour pouvoir attaquer le drapeau, il faut savoir contrôler sa frappe de balle. Mais on voit qu'ils ont quelque chose en plus que ma génération, c'est certain. Et globalement, ils ont un jeu vraiment remarquable. Ils sont bons partout !
Qu'avez-vous tâché de leur transmettre durant ces quelques jours ?
À la demande de Greg et Kenny, j'avais placé les drapeaux dans des endroits qu'ils pourront retrouver dans les grands tournois qu'ils vont jouer plus tard aux États-Unis, afin de leur proposer un bon entraînement. Je leur ai fait un parcours bien difficile, et ça leur a fait un super test car la longueur qu'ils ont au drive devient secondaire avec un set-up de ce type. Il fallait jouer vraiment avec la tête pour scorer sous le par, et c'est souvent ce qui fait défaut quand on a leur âge. Moi, quand j'avais 17 ans comme eux, je voulais juste taper très fort et être le plus proche du green possible, et là ça ne marchait pas forcément ! (rires) C'est pour ça que Greg et Kenny ont adoré ce parcours, car il est tellement difficile qu'il force les joueurs à élever leur niveau d'exigence et à vraiment jouer avec leur tête en pensant le trou d'une manière différente, pour essayer de faire des pars plutôt que de vouloir aller chercher systématiquement des birdies. Il y a énormément de trous ici où le par vaut vraiment quelque chose. Ce n'est pas un parcours où tu vas envoyer -4 ou -5 en claquant des doigts !
Après le parcours le matin, vous avez également pu travailler l'après-midi sur la zone d'entraînement dans d'excellentes conditions...
Ils ont adoré ! On faisait plein de concours sous forme d'ateliers, sur des coups allant de chips autour des greens à des pleins coups à 185 mètres, en tapant à chaque fois sur les greens qui sont préparés comme ceux du parcours. C'était vraiment très intéressant et ils ont beaucoup apprécié la qualité des installations, le fait que l'herbe soit idéale pour le contact de balle, le fait qu'il y ait des Pro V1 neuves à disposition, etc. Et je tiens d'ailleurs à remercier Brendan Breen, le directeur du resort, pour nous proposer à tous ceux qui viennent ici des conditions d'entraînement d'une telle qualité !
Selon vous, cette génération a-t-elle le potentiel pour atteindre le plus haut niveau mondial à l'avenir ?
Ils ont encore plein de choses à apprendre, de la même manière que j'avais encore plein de choses à apprendre quand j'avais 17 ans. Mais l'avenir leur appartient, je n'ai aucun doute là-dessus ! D'autant plus qu'au mois d'août ils vont partir aux États-Unis en fac, où ils vont jouer pratiquement toutes les semaines de grands tournois. Ils vont encore apprendre énormément de choses là-bas, et c'est sûrement ce qui va leur permettre, une fois leur cursus terminé, d'aller directement sur le PGA Tour. Je n'imagine pas autre chose pour eux ! Surtout que ce sont des garçons gentils, respectueux, posés, avec la tête sur les épaules. Je pense qu'il faut accorder beaucoup de mérite à Kenny qui les encadre très bien depuis plusieurs années maintenant. Il a un côté pédagogue empreint de gentillesse qui est vraiment remarquable, mais de l'autre côté il sait vraiment les cadrer. Et je pense qu'il leur a inculqué cette rigueur et ce respect qu'il faut avoir en permanence pour réussir au golf, et c'est un point très positif pour eux. On sent vraiment qu'il ne peut rien se passer, car ils ont toutes les qualités pour réussir.