Trente ans après son père, Anna Schmohl participe cette semaine au CFJ, nourrie de valeurs propres au golf transmises au sein de la famille.

Sous l'œil de son père, Philippe, Anna Schmohl dispute cette semaine au Domaine du Gouverneur son troisième CFJ. © Tomas Stevens / ffgolf

« Ce qui me plaît dans le golf, c'est de pouvoir jouer avec ma famille. Souvent, on fait maman et moi contre papa et ma petite sœur », répond Anna Schmohl, douze ans et demi, quand on évoque la composition des paires du quatre-balles familial du dimanche à Chiberta. « Sa maman est 3 d'index et sa sœur de huit ans, 32 », précise le papa en question, Philippe Schmohl. Avant d'ajouter dans un éclat de rire : « Et c'est souvent très serré ! » En attendant que les deux sœurs soient en mesure de s'associer pour surpasser leurs parents dans de futures joutes intergénérationnelles, le golf est avant tout une affaire de plaisir, de partage et de transmission de valeurs chez les Schmohl.

Anna à ses débuts. © Philippe Schmohl

« C'est ce qu'on essaie de faire comprendre à Anna et à Margaux : dans le golf, il y a l'aspect répétitif, voire un peu laborieux, de l'entraînement. Mais après, ce qui est cool, c'est que toutes les compétitions, avec les voyages, les séjours à l'hôtel, les petits restos et les moments sympa avec les copains et les copines, c'est plutôt une fête », professe Philippe, 46 ans, associé fondateur d'un cabinet de conseil spécialisé dans la gestion de patrimoine, et trente-cinq années de golf de haut niveau derrière lui. « Ma vision du golf, c'est de s'entraîner sérieusement pour s'amuser en compétition. Et je pense que beaucoup de golfeurs font l'inverse, inconsciemment ou pas. En tout cas, c'est quelque chose qu'Anna a quand même bien compris. »

Ma vision du golf, c'est de s'entraîner sérieusement pour s'amuser en compétition.

Philippe Schmohl

Cette semaine, la jeune fille va pouvoir s'appuyer sur les valeurs reçues dans le cercle familial – elle cite de son côté la patience et la lucidité, en écho à l'honnêteté et à l'importance de l'effort mis en avant par son père – pour donner le meilleur d'elle-même au Championnat de France des Jeunes, auquel elle participe pour la troisième année consécutive. Sur les fairways du parcours du Breuil, elle pourra naturellement compter sur le soutien discret mais essentiel de son père, qui a lui-même joué l'épreuve à trois reprises dans les années 90. « J'aime bien qu'il me suive, mais de loin », précise la jeune fille, qui évolue pour la première année chez les Benjamines. « Avant, je ne voulais surtout pas, mais depuis quelque temps ça a changé. Ça me rassure qu'il soit là. Ça m'enlève du stress. »

© Alexandre Mazas / ffgolf

À la suite de son père, amateur émérite passé par les équipes premières Chantilly et Biarritz avant de retrouver son club formateur de Chiberta, Anna baigne à son tour dans le golf de haut niveau. Une poignée d'années après avoir débuté avec des clubs en plastique, les grandes compétitions régionales et nationales de jeunes occupent désormais la plupart de ses week-ends, et ses résultats en constante progression lui ont permis de pointer à ce jour à la cinquième place du mérite national de sa catégorie d'âge (Benjamines 1). « J'essaie de bien faire à chaque partie. Bien sûr, je discute avec les filles avec qui je joue, mais je reste concentrée. Je ne fais pas du golf juste comme ça, pour taper la balle. J'ai envie de devenir une très bonne joueuse », indique-t-elle avec détermination.

Deux titres nationaux en duo père-fille

Bon sang ne saurait mentir : question palmarès, Anna peut déjà, malgré son jeune âge, s'enorgueillir de deux titres nationaux. Le premier acquis l'an dernier, le second il y a trois semaines, tous deux au Championnat de France Parent-Enfant... en compagnie de son père, évidemment ! « L'année dernière, je crois que c'était plutôt grâce à moi qu'on avait gagné ; mais cette année, c'est plus grâce à papa », glisse-t-elle modestement.

« L'an dernier, elle avait sauvé les meubles toute la journée alors que j'en mettais de partout », précise Philippe. « Cette année, elle a encore super bien joué pour finir le dimanche. On a gagné avec deux coups d'avance alors qu'on avait deux coups de retard à cinq trous de la fin. Au 14 (du parcours des Châteaux à Cabot Bordeaux, ndlr), j'ai voulu prendre le green en deux et j'ai mis la balle dans l'eau. Elle a mis l'approche à deux mètres et c'est grâce à ça qu'on a sauvé le par et pu finir fort ! »

« Dans les compétitions de club, quand on joue ensemble, on ne gagne pas toujours... mais souvent quand même. Là, c'était une meilleure victoire parce que c'était plus dur à aller chercher », conclut Anna. Plus l'effort fourni est important, plus la récompense a de valeur : voilà un message, parmi tant d'autres, que le golf a permis à un parent de transmettre à son enfant.