Dominés dans la session matinale de foursomes, ce samedi à Chantilly, les Français sont nettement menés, 8 à 4, à mi-chemin de leur match face à l'Angleterre. Après avoir fait jeu égal l'après-midi, il leur faudra impérativement combler ce déficit pour conserver le trophée, dimanche.
La matinée a piqué. Pas tant par sa fraîcheur, bien réelle, mais bien par le cinglant démarrage de l'équipe anglaise, dans le match l'opposant à l'équipe de France Messieurs, ce week-end au Golf de Chantilly. Un jaillissement qui l'a propulsée quatre longueurs devant son adversaire dès la mi-journée, avantage inchangé par une session de simple où une bonne réaction des Bleus a prouvé leur capacité à rivaliser. Mais pour conserver le trophée de ce match biennal, les Français auront besoin de renverser la vapeur, dimanche, en étant menés 8 points à 4.
Les Anglais ont donc construit leur avantage dans les doubles de la matinée, montrant une grande partie de ce qui fait le succès sur l'Old Course de Vineuil : consistance, qualité du plan de jeu, lucidité et habileté au putting. Dans le match de tête, Oscar Couilleau et Hugo Le Goff se sont mis dans le dur tout de suite, perdant les trois premiers trous sur des bogeys, avant de passer 4 down sur un birdie de Jake Sowden et Eliot Baker au 5. L’écart était même passé à cinq trous à la fin de l’aller, et malgré une belle résistance du duo français, le match s’est acheminé assez vite vers sa conclusion, 5&4.
« On ne s'est pas reconnus, livraient les deux joueurs, après ce qui était la première défaite de leur duo. Dès qu'on ratait un coup, c'était au mauvais endroit. On est conscients des erreurs et des mauvais coups qu'on a pu faire aujourd'hui. On va essayer de gommer ça pour rebondir demain. »
Les débats étaient beaucoup plus serrés dans les autres rencontres. Mais dans les trois cas, les visiteurs ont réussi à ressortir avec la victoire en poche. Noa Auch-Roy et Octave Bailo, un temps menés de deux trous, avaient réduit l’écart de moitié face à Tom Osborne et Jamie Van Wyk après le 7. Les quatre hommes ne le savaient pas encore (et comment auraient-ils pu l’imaginer ?), mais le score du match était voué à ne plus bouger d’un iota. Les deux paires ont partagé les 11 derniers trous, parfois au désespoir des Français, comme sur l’ultime tentative d’Auch-Roy depuis le bas du green sur le 18, qui s’est arrêtée à quelques centimètres du trou, alors qu’elle aurait clairement ouvert la porte à un match nul en y allant.
L’attelage formé de Tom de Herrypon et Tao Pemerika s’est montré combattif, en remontant un déficit de deux trous au début du retour pour revenir à hauteur de Ben Bolton et Lewy Hayward. Mais cette fois, ce sont bien les Anglais qui ont mis un coup d’accélérateur, avec des birdies au 17 et au 18 pour s’imposer. La défaite la plus frustrante a sans doute été pour Lev Grinberg et Callixte Alzas, dans le dernier match. En avance de deux longueurs après 10 trous, les deux Tricolores ont vu la tendance s’inverser, d’abord sous l’effet de bogeys de leur part (11, 12 et 15), puis d’un très solide birdie de Luke Jenkins et Max Hopkins au 16. Le match s’est achevé sur le trou suivant, 2&1.
La réaction était obligatoire pour les Français l'après-midi, et elle est venue. À mi-parcours, le bleu avait colonisé six cases sur huit sur le leaderboard de la session de simples. Il y a élu définitivement domicile dans quatre d'entre elles, à commencer par le match n° 2, où Oscar Couilleau a dû batailler jusqu'au bout du 18 face à Tom Osborne. Noa Auch-Roy, dans un match serré face à Lewy Hayward, a débloqué la situation par un beau birdie au 17, avant de sceller sa victoire sur le trou suivant. Juste derrière lui, Tom de Herrypon s'est imposé en maîtrise face à Luke Jenkins, tout comme Lev Grinberg, dans le dernier match face à Ben Bolton.
La réduction de l'écart par les Français faisait donc partie des scénarios envisageables, mais là encore, la qualité de jeu des Anglais s'est interposée. Jake Sowden, mené sur le début du retour par Octave Bailo, a inversé la tendance, avant de s'imposer 2 up. Mais le match le plus spectaculaire fut sans conteste celui entre Hugo Le Goff et le leader de l'escouade anglaise Eliot Baker. Le joueur tricolore a pris 18 greens en régulation, rentré quatre birdies, et commis aucun bogey. Pour autant, il a dû s'incliner. Car en face, Baker a remis le match a égalité par un birdie au 16, avant de sortir un trou n° 18 de toute beauté : driver à la mise en jeu, puis driver sur le fairway pour aller chercher le green de ce par 5, et putt dans la caisse. Cet eagle, synonyme de victoire, allait aboutir sur le partage de la session, puisque Jamie Van Wyk sortait quant à lui vainqueur de son duel face à Tao Pemerika, et que Max Hopkins disposait de Callixte Alzas.
« Ce 4-0 le matin fait mal, analysait en fin de journée le responsable fédéral de la filière masculine Grégory Havret. On aurait aimé gagner la session de cet après-midi pour recoller un petit peu, la bonne nouvelle c'est qu'on ne l'a pas perdue, et il y a eu un niveau bien plus équilibré. On n'est pas totalement largués, il reste beaucoup de points et beaucoup de golf demain, mais c'est sûr qu'on a un handicap avec ce démarrage. Peut-être que les Anglais étaient prêts avant nous, avaient plus envie dans la matinée, à nous de contrer ça demain, et de leur montrer que nous avons, nous aussi, très envie. »
Le programme de dimanche
La seconde journée du Match France - Angleterre Messieurs, dimanche, réserve le même programme que la première : une session de quatre foursomes le matin, et une session de huit simples l'après-midi. Les affiches des doubles matinaux sont connues, avec un alignement identique en tous points côté anglais.
En revanche, côté français, deux paires ont changé : Lev Grinberg sera associé à Tom de Herrypon, et Callixte Alzas à Tao Pemerika. Les deux auront respectivement en charge les matches 1 et 4, tandis qu'Oscar Couilleau et Hugo Le Goff seront en deuxième partie, devant Noa Auch-Roy et Octave Bailo. Départ du premier foursome à 8 h, et du premier simple à 13 h, le tout entièrement ouvert au public.