Responsable commercial Sud-Ouest pour TaylorMade la semaine, époux et père de famille à plein temps, cet ancien pro continue d'assouvir sa passion pour le golf dans une douzaine de grandes compétitions amateurs à l'année, avec des résultats tels qu'il peut croire en ses chances de représenter la France au niveau européen chez les mid-amateurs.
Depuis l'abaissement de la limite d'âge opéré par la European Golf Association en 2021, le circuit mid-amateur est devenu une affaire très sérieuse. Le rajeunissement de la catégorie d'âge, passée de 30 à 25 ans, a rapidement suscité de nombreuses vocations chez des amateurs de haut niveau n'étant pas passés pros, et chez d'anciens professionnels qui n'ont pas hésité à résilier leur statut pour avoir le privilège de défendre les couleurs de leur pays dans de grands championnats internationaux.
Sylvain Debiais, 37 ans, appartient à la deuxième catégorie. Formé au golf de Saint-Jean-de-Monts en Vendée, il est passé pro en 2013 pour se lancer sur l'Alps Tour, circuit de troisième division européenne sur lequel il a évolué deux saisons durant. Sans succès, mais sans amertume non plus : « Ça ne s'est pas bien goupillé. Je m'entraînais beaucoup, donc j'avais beaucoup d'attentes, et comme les scores ne suivaient pas la frustration était grande. Après deux ans, ça a commencé à devenir difficile financièrement », se remémore-t-il. « Et puis, c'est devenu compliqué de partir loin jouer un tournoi et de rater le cut d'un coup. Je me demandais ce que je fichais là-bas... Je me suis rendu compte qu'au-delà des résultats, ce n'était pas ma voie. »
S'il a conservé son statut professionnel quelques années et gagné sa vie en disputant des pro-ams, ce diplômé de l'université du Massachusetts en business international et marketing a toutefois laissé de côté la compétition... pour mieux la retrouver quelques années plus tard. « Quand je suis arrivé en région bordelaise il y a six ou sept ans, on m'a proposé de jouer avec l'équipe du club, donc je suis repassé amateur », poursuit le joueur qui porte le polo de Cabot Bordeaux. « Je m'éclate à jouer, que ce soit pour moi ou pour l'équipe. Participer à de grands championnats comme la Gounouilhou, la Lignel ou la Gordon Bennett, ça permet de retrouver l'adrénaline de la compétition. Et même si je me retrouve souvent avec des joueurs qui ont la moitié de mon âge, je suis ravi d'être là, car c'est génial de se confronter aux pépites de demain ! »
Une ambition toujours bien vivace
Sur la douzaine de week-ends qu'il parvient à se dégager chaque année, entre les obligations de son métier de responsable commercial Sud-Ouest pour TaylorMade et les impératifs d'une vie familiale comprenant depuis à peine deux ans un petit garçon, Sylvain Debiais n'est cependant pas là pour servir de faire-valoir aux « gamins ». Avec un impressionnant index à +5,3, il figure régulièrement parmi les joueurs les mieux classés du champ, et les résultats engrangés au gré des compétitions sont là pour le prouver. « Je me suis beaucoup entraîné quand j'étais pro et je ne scorais pas alors que je jouais très bien ; aujourd'hui c'est un peu l'inverse : je m'entraîne beaucoup moins mais je score mieux, car j'ai retrouvé beaucoup de confiance en moi », explique celui qui, depuis l'été dernier, a remporté la qualification du trophée Jean Lignel, le Grand Prix de Bordeaux-Lac et la qualification de la coupe de Nouvelle-Aquitaine par équipe.
Actuel n° 3 au mérite national mid-amateur, Sylvain Debiais affiche aujourd'hui des ambitions plus élevées dans la foulée de ses excellents résultats. « L'objectif, c'est l'équipe de France mid-amateur », indique-t-il. « C'est ce qui m'anime aujourd'hui. Représenter mon pays, ce serait super cool. Je n'ai jamais eu ce privilège, et ce serait un très bel accomplissement que de porter ce polo. »
Sa dernière performance en date sur la grande scène, toutes catégories confondues, l'a conforté dans son idée. Mi-avril, sur « son » parcours des Châteaux à Cabot Bordeaux qui recevait le championnat de France amateur Messieurs, il ne lui a manqué qu'un coup pour remporter la qualification et soulever la prestigieuse coupe Ganay. « J'ai eu un chip pour birdie à 6 ou 7 m, un chip facile en descente, et je savais que c'était pour la gagne. J'ai mis un peu trop d'envie, elle a dépassé le trou sans jamais le voir... Même si ça reste un très bon résultat, il y avait quelque chose de mieux à faire », admettait-il avec une légère pointe de déception dans la voix.
Sorti en huitième de finale le lendemain à l'issue d'un match conclu au 23e trou, ce compétiteur dans l'âme avait du mal à se satisfaire d'un parcours pourtant remarquable : « Je me voyais aller loin dans ce super tournoi avec le champ le plus relevé de l'année. Il y a un titre à aller chercher, et au-delà des points au mérite, c'est ça qui est beau dans le golf : graver son nom sur une coupe. C'est aussi ce que j'ai envie de laisser, pour moi et pour mon fils. » Jusqu'à la fin, les compétitions inscrites à son calendrier - la division 2 et la Puiforcat par équipe, la Biarritz Cup, le Grand Prix du Médoc et la Gordon Bennett en individuel, seront donc autant d'occasions de remplir son armoire à trophées, et solidifier sa candidature à l'équipe de France.
Mais en attendant une éventuelle sélection pour les championnats d'Europe mid-amateurs par équipes, qui se joueront du 9 au 12 septembre en Autriche, le Vendéen va continuer à faire ce qu'il doit faire, ce qu'il sait faire, pour rester compétitif. « Je m'entraîne très peu. J'ai tellement mangé de practice quand j'étais pro que je n'en fais presque plus, et entre la vie de famille et le boulot c'est difficile de beaucoup jouer en semaine. Je suis sur mes acquis, je fais confiance à ma trajectoire et ça se passe bien comme ça », admet-il. « Mais c'est vraiment la confiance que j'ai aujourd'hui dans ma capacité à tirer le meilleur de mon jeu qui fait la différence. Quand j'étais pro, je jouais pour passer les cuts ; maintenant c'est pour gagner. »