À tout juste 17 ans, la joueuse amateur originaire du Nord s'apprête à disputer, dans le département voisin, son troisième Open de Golf Hauts-de-France Pas-de-Calais, tournoi professionnel comptant pour la LET Access Series. Invitée cette année par la ffgolf, elle revient sur les enjeux de ce rendez-vous devenu, au fil des éditions, l'un des temps forts de sa saison.

En 2024, Céleste Darloy avait joué pour la première fois à Saint-Omer. © Federico Capretti / Alps Tour

Une fois n'est pas coutume, Céleste Darloy n'a pas besoin de voyager bien loin pour participer à un tournoi. Licenciée au Golf de Brigode, situé à Villeneuve-d'Ascq dans la banlieue lilloise, la joueuse qui a fêté ses 17 ans le 5 août dernier évolue quasiment à domicile cette semaine. « Saint-Omer, c'est à une heure de route de chez moi. Niveau organisation, c'est quand même beaucoup plus simple que d'habitude », résume-t-elle.

Un confort logistique qui n'explique pourtant pas à lui seul son attachement à l'épreuve. Depuis toute petite, lors des trajets qui menaient la famille en balade sur la Côte d'Opale, elle passait devant le golf, sans savoir qu'un tournoi professionnel s'y jouait chaque année. Ce n'est qu'en 2024, lors de sa première participation à l'épreuve, qu'elle a découvert l'ambiance si particulière de l'Aa Saint-Omer Golf Club. « C'est un endroit vraiment chaleureux : il y a tellement de monde qui vient regarder, l'ambiance est incroyable pendant le tournoi », confie-t-elle. « C'est un événement qui me tient vraiment à cœur, et j'adore le jouer à chaque fois. »

Une nouvelle occasion de prouver sa valeur

Au-delà du plaisir de jouer près de chez elle, ce 28e Open de Golf Hauts-de-France Pas-de-Calais représente surtout une occasion rare de se frotter au très haut niveau. Sur les fairways et greens vallonnés de Saint-Omer, elle va à nouveau croiser des joueuses professionnelles aspirant au Ladies European Tour, le circuit européen féminin, pour qui chaque coup compte différemment. « Elles jouent forcément pour de l'argent, donc c'est tout de suite plus sérieux. Nous, joueuses amateurs, on voit encore un peu le golf comme un jeu ; pour elles, c'est vraiment un métier », observe la jeune Nordiste, consciente du fossé qui sépare encore son statut de celui des professionnelles qu'elle affronte.

Pour elle, ce contexte d'apprentissage et de prise d'expérience n'est pourtant pas dénué d'enjeu sportif : « Il y a quand même des points en jeu : si on passe le cut, il y a pas mal de points à prendre au classement mondial amateur, beaucoup plus que sur les tournois que j'ai l'habitude de jouer », indique la championne de France Benjamines en 2023. Après deux éditions perturbées par la météo, où comme le reste des concurrentes elle n'avait pu jouer à chaque fois que deux tours sur les trois prévus (32e en 2024, cut manqué en 2025), elle se fixe un objectif mesuré mais ambitieux : « Passer le cut et de faire le meilleur résultat possible. »

2026 : le golf, le bac et le permis

Ce rendez-vous de Saint-Omer intervient dans une année 2026 particulièrement chargée pour Céleste Darloy, entre déplacements à l'étranger et échéances scolaires. Côté golf, elle a en effet multiplié les tournois internationaux, avec notamment des déplacements au Portugal, en Écosse et en Italie. Une ouverture qu'elle valorise, indépendamment des résultats : « C'était vraiment enrichissant d'aller jouer dans d'autres pays, de découvrir d'autres cultures, d'autres visages. C'est vraiment quelque chose que j'adore. » Mais côté résultats, l'année n'a pas été aussi linéaire qu'espéré : « J'ai connu quelques contre-performances », reconnaît-elle, « mais la saison n'est pas encore terminée. Je suis convaincue que je peux encore faire de bons résultats sur les rendez-vous qui m'attendent. »

Cette relative irrégularité, elle explique en grande partie par tout ce qui est venu s'ajouter au golf : « Cette année a aussi été marquée par les épreuves anticipées du bac. Pendant un mois, je n'ai pas pu faire de golf, j'ai dû réviser ! » rigole-t-elle. Un mois studieux payant, puisqu'elle a décroché 20 en français, à l'écrit comme à l'oral, et 16 en mathématiques ! À cela s'est ajouté l'obtention de son permis de conduire : « Plein de choses en dehors du golf qu'il ne faut pas négliger, parce qu'à notre âge, c'est important de mener tout ça de front. J'ai mené cette double vie toute l'année », résume-t-elle, lucide.

En partance pour Purdue

Si son désormais traditionnel rendez-vous en terre audomaroise marque une étape dans sa saison, il s'inscrit aussi dans la trajectoire plus large de la suite de son parcours personnel. Après sa terminale, qu'elle entame cette année toujours en cours à distance avec le Cned, Céleste Darloy s'envolera en août 2027 pour l'université de Purdue, dans l'Indiana, où elle jouera pour l'équipe féminine de golf tout en se lançant dans quatre années d'études supérieures — les sciences cognitives ont pour l'instant sa préférence. Un choix mûrement réfléchi, entre ambition sportive et ouverture sur le monde. « J'attends évidemment d'avoir un niveau d'anglais parfait, ce qui est très utile dans la vie de tous les jours. Sinon, niveau golf, je vais jouer des tournois à forte concurrence, dans un environnement où se retrouvent certaines des meilleures joueuses du monde », détaille-t-elle.

Une immersion pensée comme un tremplin vers un changement de statut, à moyen terme. « Jouer à un très haut niveau de compétition et progresser là-bas, c'est vraiment l'objectif de ces quatre années. Car mon rêve, c'est de devenir golfeuse professionnelle, et je vais tout donner pour y arriver », affirme-t-elle. En attendant de rejoindre les Boilermakers, c'est donc dans le Pas-de-Calais, sous les yeux de sa famille, ses proches et son entraîneur Quentin Baron, qui ne manqueront pas de venir l'encourager, que Céleste Darloy continuera d'apprendre un peu plus, et un peu mieux, et son futur métier.

Vers l'Indiana... et au-delà ! © Federico Capretti / Alps Tour

Open de Golf Hauts-de-France Pas-de-Calais

Du 10 au 12 septembre, l'Aa Saint-Omer Golf Club reçoit la 28e édition de l'Open de Golf Hauts-de-France Pas-de-Calais, toujours placé sous le signe de la mixité puisqu'il compte à la fois pour l'Alps Tour (troisième division européenne masculine) et le LET Access Series (deuxième division européenne féminine). Au total, 132 compétiteurs (66 hommes et 66 femmes) en découdront pour une dotation de 85 000 €, partagé à moitié entre les deux champs.

La Française Lauren Holmey, actuellement première à l’ordre du mérite du Letas, ainsi que trois anciens vainqueurs de l’Open, Sébastien Gros, Robin Roussel et l'Espagnol Mario Galiano Aguilar, figurent parmi les têtes d'affiche.

L'entrée est gratuite pendant toute la semaine à Saint-Omer, ainsi que des initiations au golf (sur réservation).

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