Vainqueur en Floride le 5 avril, Jérémy Gandon s’est installé dans le top 3 de la Points List du Korn Ferry Tour. Afin de ne pas revivre la mésaventure de 2025, le Drômois se sent bien mieux armé cette année pour assouvir son rêve : le PGA Tour !
La folie Masters passée – et quelle folie avec ce doublé historique de Rory McIlroy – le Korn Ferry Tour reprend ses « droits » cette semaine. Direction le Mexique pour le Tulum Championship at PGA Riviera Maya (1 million de dollars de dotation). Victorieux le 5 avril en Floride du LECOM Suncoast Classic, Jérémy Gandon effectue le « court » déplacement vers la presqu’ile du Yucatan, sur la mer des Caraïbes.
Le Drômois domicilié à Dallas (Texas) s’est ainsi envolé ce dimanche et ne part pas vraiment dans l’inconnu. Le par 72 du PGA Riviera Maya, il le connait presque comme sa poche. « Quand j’évoluais sur le PGA LatinoAmerica (depuis rebaptisé PGA Tour Americas), c’était une destination habituelle. Ce parcours, j’ai dû le jouer au moins cinq fois. J’avais fini 3e la première fois là-bas et puis j’ai perdu une autre fois en play-off... De façon générale, j’ai des bons souvenirs qui me reviennent. Après, c’est un parcours complètement différent de celui où je viens de gagner en Floride, très généreux sur les mises en jeu. Là, au Mexique, c’est très étroit. »
L’an passé, alors qu’il n’avait échoué qu’une fois sur ses huit premiers tournois – curieusement au LECOM Suncoast Classic – il avait pris la 18e place finale du Tulum Championship. Son dernier top 20 avant une 7e place acquise le... 17 juillet suivant.
Cette année, grâce à sa seconde victoire en un an (après le Club Car Championship le 3 avril 2025), l’actuel 3e de la Points List a pris du volume, aussi bien en termes technique qu’au niveau mental. Son expérience douloureuse de fin de saison dernière, terminée à la 22e place de l’ordre du mérite alors que seuls les 20 premiers grimpaient sur le PGA Tour 2026, devrait lui servir à bien mieux appréhender les prochaines semaines, les prochains mois.
« Au-delà de la victoire en Floride il y a quelques jours, c’est l’expérience de 2025 dont je vais me servir, en effet, confirme-t-il. Je savais en commençant cette saison par quoi j’étais passé, et c’est dans ce genre de situation qu’on apprend un peu plus encore. J’ai connu tellement de haut et de bas avant quelque part de me stabiliser l’an dernier avec un vrai calendrier. C’était la première fois en 2025 que je vivais ça. Ces expériences vont me permettre d’aborder comme il faut le reste de l’année. »
Toujours la positive attitude
En 2023, il évoluait encore sur trois Circuits différents : le LatinoAmerica, alors son Tour « domestique », le Korn Ferry Tour, au gré des « invitations et des Mondays qualifying le plus souvent » et l’Asian Tour où il s’était qualifié l’année précédente. Une vie passée dans aéroports, à jongler avec les décalages horaires sans aucune certitude de pouvoir enfin se « poser » et atteindre un jour le rêve d’évoluer sur le PGA Tour. Aujourd’hui, l’horizon s’est clairement dégagé. Il est en train de récolter les fruits d’un travail acharné. Mais il ne veut en aucun cas baisser la garde.
« Que ce soit à l’université (Kansas State) ou ensuite, j’ai toujours eu des succès qui m’ont fait espérer, explique-t-il doucement. J’ai toujours eu on va dire la positive attitude, que j’étais finalement dans la bonne direction. En 2025, ça s’est bien goupillé. Là, on est sur la même dynamique. Parfois, quand je me pose, je me dis que ça tourne enfin du bon côté. Sans trop m’attarder non plus sur ces résultats. Même quand je sais que les choses vont bien, j’essaie de rester lucide, de garder la tête dans le guidon et continuer sur ce rythme. J’essaie de ne pas trop sortir de ce processus. »
Pourtant, l’idée de tout arrêter, de passer à autre chose, de se convaincre finalement qu’il ne pourrait peut-être pas vivre de sa passion, lui a traversé l’esprit. Il n’y a pas si longtemps que cela d’ailleurs...
« Quand j’ai joué les Q-School en 2024, précise-t-il. Je sortais d’une saison très décevante sur le PGA Americas. J’avais très bien commencé la saison, j’étais dans les 10 (qui montaient sur le Korn Ferry Tour) et puis au Canada, ça a été dur. J’ai abordé ces Q-School en me disant que c’était peut-être ma dernière chance. C’est là que pour la première fois, la possibilité de ne pas vivre du golf était vraiment réelle. C’est ce qui a permis à cette saison 2025 d’être encore plus folle puisqu’il y avait clairement toutes ces incertitudes. »
Exempté désormais jusqu’en 2028 sur la 2e division américaine, son rayon d’action a évidemment « évolué », même s’il veut toujours rester prudent. 2026 doit être l’année des grands changements, et, qui sait, d’une toute nouvelle vie au plus haut niveau pour ce jeune marié de 29 ans. Pour cela, va-t-il aller chercher rapidement ces fameux points précieux et ainsi consolider cette actuelle 3e place qui lui assurerait de facto ce ticket pour le PGA Tour ?
« Le but, c’est d’avoir l’assurance le plus tôt possible mais après, ça viendra comme ça viendra, tempère-t-il. A moi de ne pas trop m’attarder sur le résultat et me concentrer plutôt sur la tâche qui m’attend. Dès le Mexique cette semaine. Je suis quelque part dans la même situation qu’en 2025. Je connais les maths. Le résultat vient toujours de ce qui est mis en place en amont, et c’est le seul truc que je contrôle finalement. On verra bien. Si je finis 21e et que j’ai tout fait pour, ce sera comme ça. Et si je finis top 3... (rires). Il y a eu tellement d’incertitudes durant les années précédentes que j’essaie surtout de ne pas trop me projeter. »
Les qualifications de l’U.S. Open chez lui à Dallas
A ce titre, son calendrier, celui qu’il s’était fixé en début d’année ne devrait pas trop être modifié, malgré cette récente victoire. « Je m’étais fixé d’à peu près tout jouer, ou louper une semaine sur les longs stretchs si j’en éprouvais le besoin, affirme-t-il encore. Cela n’a pas vraiment changé. Je vais me faire des calendriers avec des options A et B. Et puis, essayer surtout d’écouter le corps et la tête. Si je sens qu’il faut faire un break, je le ferai. Et si j’avais prévu de m’arrêter alors que je me sens bien, ce serait bête de ne pas aller jouer. On va naviguer avec plusieurs options et prendre la décision le moment venu. »
Spectateur attentif (à la télévision) du succès de Rory McIlroy à Augusta – « même si j’ai continué à aller m’entraîner sérieusement » – Jérémy Gandon sera à la finale des qualifications de l’U.S. Open le 18 mai prochain, chez lui, au Dallas Athletic Club où il est membre. Un des onze sites aux Etats-Unis choisis avec celui de Walton Heath (Angleterre) et du Hino Golf Club (Japon). Disputer bientôt un tournoi Majeur, ce ne serait pas désagréable.
« Ce sera entre deux tournois, je devrais donc voler le dimanche soir, jouer le lundi et repartir en tournoi ensuite, cela risque d’être un peu la course mais ça fait partie du métier (rires). C’est le top 500 mondial qui est généralement exempté des Locals Qualifying. Mais c’est vrai que jouer un jour dans un Grand Chelem, ce serait génial. Si je devais, là, en choisir un parmi les quatre, je dirais le Masters, sans hésiter. Mais si je joue les autres, je serai aussi hyper content. Le Masters, c’est le tournoi qui, à la TV, fait le plus rêver, qui est le mieux couvert... Quand t’es gamin, ça donne toujours envie. Et puis c’est le Masters, c’est Tiger (Ndlr, entretien réalisé avant le doublé de Rory McIlroy). Tout cela fait que ça ajoute l’envie de jouer là-bas. »