Le joueur basé à Dinard a gagné deux tournois de l'Alps Tour en l'espace de trois semaines. Un retour plus que réussi pour lui, qui avait dû écourter grandement sa saison 2025 à cause d'une hernie discale, et qui est maintenant aux portes de l'HotelPlanner Tour.

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En cas de troisième victoire cette saison sur l'Alps Tour, Maxime Legros serait certain d'accéder à la division supérieure. © Aurélien Meunier / Getty Images - AFP

Heureusement qu'il disposait d'un peu de place dans sa valise. Car en rentrant du côté de Dinard, en fin de semaine dernière, Maxime Legros était largement éligible au bagage supplémentaire. La taille du trophée de vainqueur de tournoi peut varier, mais une chose est certaine : deux, ça prend généralement plus de place qu'un seul.

Celui qui est actuellement dans sa troisième saison professionnelle, et évolue sur la troisième division de l'Alps Tour, a débloqué son compteur de victoires le 21 avril dernier, en remportant le Dreamland Open, en Égypte. Sur sa lancée, il a doublé la mise le 2 mai, en s'adjugeant le Miglianico Alps Open, en Italie. Tout juste avait-il pu célébrer, dans l'intervalle, la victoire de son camarade (et comme lui, ancien joueur de l'équipe amateur de Saint-Nom-la-Bretèche) Paul Franquet, au coeur de ce qui est un 4 à la suite de succès tricolores sur l'Alps Tour, série en cours.

Les eaux qui baignent les rivages du Dinard Golf, son terrain d'entraînement, ont beau être encore assez fraîches en cette saison, pour Maxime Legros, tout baigne. Avec ces deux victoires, il occupe la première place à l'ordre du mérite de l'Alps Tour, dont le top 5, en fin de saison, rejoindra la division supérieure de l'HotelPlanner Tour. Mais surtout, chaque tournoi disputé sera, pour lui, une balle de match. En effet, trois victoires dans la même saison lui assureraient la promotion, qu'importe son classement final. Et si cet éventuel troisième succès pouvait arriver vite, cela faciliterait d'autant plus la construction du calendrier.

Après tout, le joueur breton a prouvé qu'il pouvait gagner de manière rapprochée. Il n'est pas à exclure, d'ailleurs, que sa deuxième victoire compte, parmi ses facteurs, la première. « Je ne sais pas si ça m’a libéré d’un poids, mais la première victoire m’a rendu les choses plus faciles, confirme-t-il. Dorénavant, je savais que je pouvais le faire, alors qu’avant je pensais que je pouvais le faire. La nuance est intéressante. » Ses deux victoires ont pourtant deux physionomies bien distinctes. En Égypte, après deux trous joués lors du troisième et dernier tour, il comptait six coups d'avance sur son plus proche poursuivant. Au point même, selon ses dires, de se « laisser un peu endormir » à mi-parcours, pour ne plus jouir que de deux longueurs de marge au moment de conclure.

Lors du Miglianico Alps Open, en revanche, il lui a fallu adopter la posture du chasseur. Notamment vis-à-vis de l'Italien Alessandro Nodari, qui tenait la corde aux abords de la mi-parcours lors du dernier acte. « Les deux gars qui jouaient avec moi en dernière partie n’avaient pas encore gagné, donc je me disais qu’il fallait que j’en tire avantage », note Maxime Legros. Effectivement, les deux se sont montrés fragiles, notamment Nodari, qui concédait un fébrile double bogey sur le par 5 du 9, puis un bogey au 10. Le Français, qui sortait d'une belle série de trois birdies du 7 au 9, se retrouvait ainsi en tête du tournoi pour la première fois. Une autre triplette de volatiles, du 13 au 15, lui permettait de se donner une petite marge, qu'il était bien décidé à ne plus lâcher. « Au 18, un par 5, j’ai vraiment géré, explique-t-il. D’habitude on met fer 4 au départ, là j’ai mis fer 7, j’ai poussé mon par et je suis parti. » Avec le trophée sous le bras, donc.

« Le golf, c'est bien, mais marcher, c'est mieux »

Si Maxime Legros se montre si habile dans la chasse à la victoire en ce début d'année 2026, c'est aussi sans doute par le fait que, pour lui, jouer au golf et faire son métier est déjà une victoire en soi. Car l'an passé, à ce stade de la saison, les nuages étaient noirs à l'horizon. « En 2025, j'ai joué les huit premiers tournois de l'année sur l'Alps Tour, et sur cinq de ces huit tournois, j'ai joué avec des douleurs atroces dans le bas du dos », raconte-t-il. Une pause dans le calendrier lui permet de passer une IRM, et le diagnostic est clair : hernie discale. Son chirurgien lui préconise immédiatement l'arrêt total du golf, et fait tout pour lui éviter une opération. Mais les infiltrations et autres soins ne permettent pas au joueur breton d'éviter le passage au bloc, qui se déroule fin juillet.

La suite, ce sont des mois de patience, d'abord en attendant de pouvoir reprendre les clubs (chipping et putting fin septembre, puis grand jeu en novembre), puis en attendant de pouvoir taper la balle de la même manière qu'avant. Car évidemment, lors des premières séances de practice, le pourcentage de bons coups n'était plus le même. « C'était le plus compliqué, gérer les attentes, acquiesce Maxime Legros. Car le but, ce n'était pas d'être bon en novembre ou décembre, mais en mars ou avril, quand ça compte vraiment. »

Paradoxalement, cette période d'arrêt forcé l'a peut-être aidé. « Ça donne beaucoup le temps de réfléchir, avance-t-il. On se rend compte que rater un coup de golf, ce n’est pas très grave. Terminer deuxième d’un tournoi, c’est très bien, ce n’est pas très grave de ne pas gagner. Ça met les choses en perspective. Et puis, le golf, c'est bien, mais marcher, c'est mieux. » Lui qui se décrit de base comme un joueur qui n'est « pas un grand nerveux » sur le parcours l'est devenu encore moins. Et sa gestion des deux tournois qu'il vient de remporter lui fait conjecturer que, avant de traverser cette période d'arrêt, il n'aurais « sans doute pas pu » les gagner. 

Cet épisode difficile appartient désormais au passé. L'avenir de Maxime Legros, lui, est surtout habité par l'enjeu de rejoindre l'HotelPlanner Tour la saison prochaine. « Ça fait deux jours que tout le monde m'en parle, rigole-t-il. Mais il reste 13 tournois, c'est encore loin. » Mais celui qui s'entraîne avec Arnaud Verhaeghe lorsqu'il passe du côté de Saint-Nom (et Antoine Schwartz pour le putting) voit la chose positivement. « Je ne pense pas que ça rajoute de la pression, mais plus de confiance », assure-t-il.

Pour ce qui est du calendrier, avec les épreuves françaises de l'HotelPlanner Tour qui approchent (Blot Play9 du 25 au 28 juin, Le Vaudreuil Golf Challenge du 2 au 5 juillet), tout dépendra de sa situation à ce moment-là. Obtenir une place dans le champ de joueurs n'est pas un souci, mais la défense de sa bonne place à l'ordre du mérite de l'Alps Tour pourrait le mobiliser ailleurs. Sauf si, d'ici là, il a réussi à convertir l'une de ses balles de match.


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