La joueuse formée au golf de Fontainebleau a remporté, vendredi dernier, le Jabra Ladies Classic, épreuve du Sunshine Ladies Tour. Une première victoire chez les professionnelles qui, à 23 ans, lui donne des perspectives optimistes pour la suite de la saison. Rencontre.

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Loïs Lau, sous les yeux de son père Sam Lau-Chang, qui porte aussi les casquettes de coach et de caddie. © SLT

Quelques jours après votre victoire, êtes-vous encore dans l’euphorie, ou arrivez-vous à prendre un peu de recul et à réaliser ce que vous avez fait ?
La deuxième option. Je suis passée à autre chose. Je suis encore extrêmement heureuse de ma victoire, quand j’y repense, j’en ai encore des frissons. Je prends vraiment tout ce que j’ai appris pendant ce tournoi pour avancer. Mais ce n’est pas non plus un exploit. J’espère que ça arrivera encore dans le futur. Je reste concentrée pour les prochains tournois, il y a encore pas mal de boulot à faire.

Qu’avez-vous appris, par exemple, pendant ce tournoi ?
J’ai surtout appris beaucoup dans le côté émotionnel, sur le fait de gérer la pression. C’était la première fois, dans ma carrière professionnelle, que j’étais en dernière partie d’un tournoi. La première fois, aussi, que je jouais un play-off. C’était une nouvelle sorte de pression, et j’ai vraiment appris à prendre cette pression positivement, à l’utiliser pour me donner de la motivation. J’ai l’impression d’avoir grandi, d’avoir passé un cap. Je sais que j’ai le potentiel d’être au plus haut niveau.

Vendredi, lors du dernier tour, vous étiez encore derrière à quelques coups de la fin. Est-ce que cette configuration vous a aidée à être positive et offensive dans le final ?
J’ai attaqué ce dernier tour très posée, en me disant qu’être en tête après le deuxième tour, c’était déjà quelque chose de bien pour moi. Je ne me suis pas trop mis la pression. C’est à partir du trou n° 14 que j’ai enchaîné deux birdies d’affilée pour passer à -9, première ex æquo. Là, je me suis dit que je pouvais gagner, et je me suis mis à ressentir la pression. Mais de la pression positive, ça m’a gonflée à bloc. Au 18, je savais qu’il fallait que je fasse le par pour aller en play-off. Je me suis laissé un putt pour le par à 4 m malheureusement. J’étais un peu nerveuse, j’avoue. J’ai juste pris ma ligne et je me suis concentrée sur ma frappe, en me disant que si elle rentrait tant mieux, et si elle ne rentrait pas, ce n’était pas grave, j’étais contente de ma semaine. Et elle est rentrée. Ça m’a donné beaucoup d’adrénaline, j’ai mis un gros bois 3 sur le premier trou de play-off (le 18), j’avais un wedge derrière. Je me suis laissé pratiquement le même putt de 4 m mais pour birdie et pour gagner, les deux autres filles du play-off avaient fait le par. Pareil, je me suis dit la même chose, j’ai pris une grande respiration… et c’est allé dedans.

Quelles ont été, sur le moment, les émotions qui ont traversé votre esprit ?
De l’excitation. Je n’ai pas sauté de joie car je reste quand même une personne calme. Mais dans ma tête, je serrais le poing, j’étais très excitée à l’idée de ma première victoire. C’était surtout de la fierté pour mes proches, tous ceux qui m’accompagnent, qui me suivent et qui m’encouragent.

Avez-vous essayé d’esquiver l’eau avec laquelle Chloé Salort et vos amies allemandes du circuit sont venues vous arroser ?
Absolument pas (rires). Au contraire, je leur disais : « Allez-y, balancez ! ». Ça faisait du bien, une petite douche froide, en plus il faisait bien chaud.

Parlez-nous du Sunshine Ladies Tour (SLT), le circuit sud-africain sur lequel vous jouez pour la première fois cette saison. Qu’est-ce qui fait sa particularité, ou ses points communs par exemple avec le Letas, sur lequel vous évoluez en Europe ?
Il y a de plus en plus de joueuses internationales qui viennent jouer sur le Sunshine Ladies Tour. Et c’est une très bonne chose, ça donne un niveau assez similaire à celui du Letas. Il y a également des joueuses sud-africaines du LET qui viennent y jouer, ce qui remonte encore le niveau. C’est sympa de commencer l’année en Afrique du Sud, plus tôt qu’avec le Letas, qui commence en avril (le 12 avril cette année, NDLR). L’idée, c’est vraiment de pouvoir se remettre à la compétition plus tôt pour préparer la saison. On joue de très beaux parcours, et la météo est top. Et puis les tournois du Sunshine Ladies Tour permettent, si on fait de bonnes performances, d’accéder à des tournois du LET. Avec ma victoire, j’ai gagné ma place dans les trois tournois du SLT qui seront en co-sanction avec le LET (qui se dérouleront en Afrique du Sud et à l’Île Maurice, du 16 avril au 3 mai, NDLR). Ça ouvre de grandes portes. Je vais réfléchir avec mon père (qui est aussi son coach, NDLR) pour voir si je vais les jouer et louper les premiers tournois du Letas, notamment au niveau organisation et budget.

Justement, le Sunshine Ladies Tour, qui se déroule en Afrique du Sud, occasionne forcément des contraintes budgétaires. Comment les gérez-vous ?
Nous avons quelques sponsors qui nous soutiennent. Après, sur place, avec mon père, nous faisons attention à ce que nous louons, aux vols… C’est vrai que nous avons un budget assez serré, mais c’est pour le meilleur.