La chose est connue de tous les amateurs : il faut bien s'alimenter et bien s'hydrater sur un parcours de golf. Mais les meilleurs de la planète, du coup, ils mangent et ils boivent quoi ? Revue de détail.
On ne va pas se mentir. Nous tous, amateurs, sommes tout à fait conscient que, si l'on veut être performant sur un parcours, il faut bien manger et bien boire. Néanmoins, par manque d'envie de se prendre la tête le plus souvent, nous ne portons pas toujours une attention délirante à la quantité et surtout la qualité de ce que nous ingérons en jouant au golf, et prenons ce qui nous passe sous la main, en pensant que cela fera bien l'affaire.
Mais une catégorie a le besoin impérieux de se concentrer sur ce qu'il faut manger pendant une partie : la catégorie professionnelle. Lorsque jouer au golf est un métier, avoir le coup de pompe aux deux tiers du parcours ou ne plus être capable de réfléchir à l'endroit dans un moment-clé n'est pas une erreur, c'est une faute. De fait, l'exemple des pros est bon à suivre pour savoir quoi manger sur le parcours. Bonne nouvelle : cet exemple nous apprend que le sujet n'est pas plus prise de tête que cela.
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C'est bien beau de dire qu'il faut bien manger et bien boire, mais avant de se lancer dans l'élaboration du menu, encore faut-il en discerner les objectifs. Une partie de golf de 18 trous dure quelque part entre 4 et 5 heures (voire plus si le jeu lent s'en mêle). Pour le golfeur professionnel, l'effort à fournir va consister à marcher un peu plus d'une dizaine de kilomètres, et à faire, à la louche, une cinquantaine de grands swings pour taper dans sa balle (auxquels il faut ajouter les éventuels mouvements d'essai). Au-delà de l'aspect physique, il va également lui falloir maintenir un bon niveau de concentration et de lucidité d'un bout à l'autre du parcours, un seul mauvais trou étant suffisant pour vendanger une carte de score. Pour les pros (mais c'est pareil pour les amateurs), la nutrition et l'hydratation ont exactement ces objectifs-là.
Les « non merci, sans façon »
Si vous regardez des courses de cyclisme, vous pouvez voir régulièrement les coureurs mettre la main dans une poche arrière de leur maillot, attraper un petit tube contenant un gel, l'avaler, et reprendre leur position normale sur le vélo. Ces gels ou ces pâtes sont généralement très chargés en sucre (parfois au détriment de leur goût et de leur caractère agréable à avaler).
Or, donnez un de ces gels à un golfeur professionnel durant sa partie, et la réponse qu'il vous fera probablement sera « non merci, sans façon ». Car le problème des aliments très chargés en sucre, c'est que leur ingestion provoque un pic de glycémie. Chose qu'il faut à tout prix éviter au golf. « Quand on a un pic de glycémie, le creux est toujours pire derrière », explique Tom Vaillant, joueur du DP World Tour.
Les gels à destination des cyclistes, c'est très spécifique. Mais la chasse aux sucres rapides demande de la vigilance, car ils peuvent se nicher dans des produits beaucoup plus communs. Si vous vous offrez le beau spectacle d'aller voir un tournoi professionnel de golf sur le parcours, vous verrez que jamais personne (parmi les joueurs en tout cas) ne boit de canette de soda, exactement pour les mêmes raisons. Mais il y a plus insidieux encore. Certaines boissons qui se présentent comme des boissons énergétiques ont également une grosse teneur en sucre. Et là, pour les débusquer, pas le choix, il faut se pencher sur l'étiquette, et comparer la teneur en sucre avec un soda classique.
Attendez, ce n'est pas fini. Vous voyez les barres de céréales ? C'est léger, c'est fruité, ça s'avale rapidement... Oui, mais possiblement, c'est bourré de sucre. « Dans les tournois amateurs ou les petits tournois professionnels, il peut y avoir ce genre de barres très transformées et donc très sucrées, souligne Tom Vaillant. Et ça, on sait que ça n'est pas terrible. » Tout ça pour dire, vous ne verrez pas de professionnels de golf avaler des gels sucrés ou des sodas, et s'ils avalent une barre, ils se seront assurés qu'elle n'est pas trop chargée en sucres rapides.
Les « avec plaisir, merci »
Mais alors, pour en revenir à la question de base, ils mangent quoi, les pros, sur le parcours ? Pour le dire vite, des choses simples. « En général, je mange deux bananes, l'une à l'aller et l'autre au retour, quelques fruits secs, et je bois un shaker de protéines à mi-parcours, illustre Tom Vaillant. C'est du basique, rien de révolutionnaire. » En effet, à quelques variations près, le régime des pros sur le parcours ressemble à ça. Les variations en question sont éventuellement quelques sandwichs au beurre de cacahuète (assez à la mode en ce moment), quelques fruits autres que la banane (même si elle demeure la valeur sûre, avec son apport en vitamines et en minéraux), et des barres à la teneur en sucre acceptable.
On peut se poser la question de savoir si ce régime est amené à changer en fonction de l'heure à laquelle la partie est jouée. Mais ce paramètre là fait davantage varier l'alimentation avant la partie que pendant. « Si je joue tôt, j’essaie de prendre un petit déjeuner un peu plus poussé, détaille Tom Vaillant. Quand je joue plus tard, je prends mon petit déjeuner tôt, et je remange un petit truc avant d’aller sur le parcours. »
Ce qui est susceptible de vraiment faire varier l'alimentation et l'hydratation sur le parcours, c'est plutôt la météo, surtout en cas de forte chaleur. S'il fait très chaud, le joueur ou la joueuse peut être amené(e) à transpirer. Si le phénomène est intense, cela peut modifier le PH de son corps, et affecter les performances tant physiques que mentales. Une solution peut être de diluer quelques pastilles isotoniques dans sa gourde d'eau, afin de rééquilibrer tout ça. Parfois, les organisateurs de tournois prévoient même des boissons spécialement faites pour cela dans des glacières sur certains départs.
Autrement dit, si vous êtes organisateur de tournoi, pas besoin de prévoir un festin. Juste quelques fruits sur les départs du 1 et du 10, des glacières avec de l'eau et des boissons isotoniques s'il fait chaud, des barres pas trop chargées en sucre, et quelques ingrédients pour se préparer des sandwichs au restaurant des joueurs. Alors, si s'alimenter sur le parcours, c'est simple pour les pros...