Retourné cette année sur l’HotelPlanner Tour après une saison infructueuse sur le DP World Tour, Pierre Pineau est cette semaine en Inde sur le Professional Golf Tour of India (PGTI) après avoir brillé il y a quelques jours sur le Mena Tour.
Même si les instances de l’HotelPlanner Tour ont annulé la première des deux étapes indiennes au calendrier 2026 en raison de la guerre au Moyen-Orient et des « problèmes » liés au trafic aérien, Pierre Pineau n’a pas hésité une seconde. Il est à Ahmedabad depuis ce lundi, hôte de l’Indorama Ventures Open Golf Championship désormais sanctionné uniquement par le Professional Golf Tour of India (PGTI).
« Je suis arrivé ce matin (lundi) en Inde, nous raconte le golfeur français. J’ai volé de nuit. Je suis parti de Paris jusqu’à Bombay (8h00 de vol) et j’ai ensuite fait Bombay-Ahmedabad (40 minutes de vol). Je pensais être tout seul. Et je suis étonné de voir qu’on est quatre Français engagés cette semaine ! »
Maxence Giboudot, Clément Sordet et Bastien Amat ont, eux aussi, effectué le déplacement. A l’image de Pierre Pineau, ils avaient déjà réservé leur voyage alors que le second tournoi indien co-sanctionné avec le PGTI, le DP World PGTI Open prévu du 19 au 22 mars à New Delhi, est toujours d’actualité. Pour le moment…
« Je n’ai eu aucun souci en termes de trafic aérien pour rejoindre l’Inde, nous confirme Pierre Pineau. D’ailleurs, je ne comprends pas pourquoi ils ont décidé d’annuler le premier tournoi. Beaucoup de joueurs avaient, parait-il, des escales à Dubaï. Mais les vols étaient annulables. On pouvait voler par Paris, par Londres… Il y avait de nombreuses alternatives. C’est aussi un peu pour ça que je suis venu en Inde, pour montrer que c’était possible de venir jouer ici. »
Pierre Pineau est en forme. Alors autant continuer sur cette lancée. Il vient en effet de s’imposer à Tanger (Maroc) au Hilton Classic, tournoi du Mena Tour, sur le splendide tracé d’Al Houara Golf Club. Vainqueur à -10 (sur 54 trous), il a devancé de deux coups un autre français, Andoni Etchenique. « J’ai très bien joué, confesse-t-il. C’était aussi une des raisons qui m’ont poussé à venir en Inde. Je veux garder ce momentum comme l’on dit. »
Présent au tout début du mois de janvier en Floride pour le LIV Golf Promotions où il n’a joué que 18 trous avant de manquer le premier cut, l’actuel 854e joueur mondial est resté par la suite une quinzaine de jours du côté d’Orlando, chez son coach, Guillaume Biaugeaud, avant de participer à trois tournois du Mena Tour organisés en Egypte entre le 24 janvier et le 5 février.
« Je savais que je ne rentrerais pas dans les premiers tournois en Afrique du Sud sur l’HotelPlanner Tour, explique-t-il. Je me suis inscrit trop tard pour le premier des quatre tournois sur le Mena Tour en Egypte mais j’ai pu jouer les trois autres et je m’en suis plutôt bien sorti (12e, 6e et 22e). Même si j’ai très mal putté. Ce sont des bons tournois et ça vous permet de faire de bons tours d’entraînement. Il y a de plus en plus de passerelles entre le Mena Tour et le HotelPlanner Tour. Je sais que top 10 permet des entrées sur les deux tournois prévus en avril aux Emirats. Le premier du Mena Tour à l’issue de la saison obtient même un droit de jeu plein sur l’HotelPlanner Tour. En revanche, ça ne s’est pas très bien passé à Durban, la 4e étape de l’HotelPlanner Tour. C’était plus compliqué. Il fallait prendre un caddie local, chose que je ne raffole pas. Je n’ai pas passé une bonne semaine là-bas. Cela ne s’est pas goupillé comme je le souhaitais. Ce n’est pas un parcours qui me réussit. Je ne l’ai pas dans l’œil. »
Alors que l’incertitude plane toujours sur les deux tournois d’avril organisés à Abu Dhabi, l’objectif est clair pour le Normand de 26 ans : retrouver le DP World Tour en 2027. Les choses sérieuses débuteront pour lui le 7 mai en Italie quand la 2e division européenne reviendra en Europe pour plusieurs mois.
« Ce que je veux en priorité, c’est bien jouer au golf évidemment mais surtout prendre du plaisir, prévient-il. Ce qui n’avait pas été le cas l’an passé sur le DP World Tour. Enchaîner les tournois, c’est quelque chose qui ne me fait pas peur. L’année où je suis monté sur le DP World Tour, j’ai joué dix tournois de suite. Là, pour l’instant, je n’ai pas encore de calendrier pré-défini. Il y a des parcours que j’apprécie et je sais que j’y serai quoiqu’il arrive. Les deux en France, la Finlande, l’Irlande, etc. Quand j’avais breaké il y a deux ans, j’avais décidé au dernier moment de ne pas aller en Italie par exemple car j’étais KO après le Portugal. Si je joue bien, je continue. Je trouve ça un peu bête de t’arrêter alors que tu viens de faire une bonne semaine. Mais si je ne joue pas bien, si j’ai besoin de faire une pause, ou d’aller voir Guillaume en Floride, je le ferai. Les longs déplacements, ça ne me pose pas de problème. »
Cette étiquette de globe-trotter lui colle en effet bien à la peau. La preuve. Si les deux étapes dans les Emirats arabes unis (du 16 au 26 avril) sont annulées compte tenu de la situation internationale au Moyen-Orient, Pierre Pineau envisage ainsi de disputer entre fin mars et début avril deux tournois du Mena Tour initialement programmés au Qatar et à Dubaï.
« Ils ont des solutions de repli, conclut-il. On parle de l’Egypte, du Maroc et même du Portugal ! »