À deux doigts de remporter le FedEx Open de France, Jeong weon Ko, 27 ans, s’est surtout tiré d’un mauvais pétrin en sauvant sur cette 2e place acquise à Saint-Nom-la-Bretèche son droit de jeu plein pour 2026. Mais le principal intéressé aspire à un peu plus de sérénité pour les années à venir...

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Jeong weon Ko a terminé 2e du FedEx Open de France, en septembre à Saint-Nom-la-Bretèche. © Lucas Hélin / ffgolf

Il fallait le voir trépigner d’impatience, signant en un éclair sa carte de 65 (-6), différant dans la foulée mais tout en douceur les demandes d’autographes des jeunes fans amassés à l’entrée de la zone réservée aux joueurs, aux abords directs de ce putting-green niché en plein cœur de ce corps de ferme datant du XVIIIe siècle, ancienne dépendance royale du château de Versailles… Oui, il se devait d’attendre le résultat final de l’Américain Michael Kim, en difficulté sur le par 3 du 18. Un bogey du joueur du PGA Tour, l’une des guest stars de ce 107e Open de France de l’histoire, délocalisé pour l’occasion à Saint-Nom-la-Bretèche en raison des travaux du Grand Paris au Golf National, et c’était un play-off assuré. Un duel à trois (avec l’Australien Elvis Smylie) qui aurait, à n’en pas douter, enflammé un peu plus encore un public tout acquis à la cause de Jeong weon Ko.

Hélas, Michael Kim - lui aussi originaire de Corée du Sud - après une belle sortie de bunker, est parvenu à rentrer un putt de 4,60 m pour le par et ainsi réduire à néant tout espoir de victoire du golfeur de Bussy (77). Mais à défaut de succéder à Thomas Levet, dernier Français à s’être imposé dans son open national (en 2011), le protégé d’Alain Alberti et de Raphaël Jacquelin a très certainement livré sa plus belle semaine de la saison sur le DP World Tour. Et même sa plus belle semaine depuis son arrivée à ce niveau en 2023, puisque sa meilleure performance jusque là était une 4e place acquise au British Masters en 2024.

Ce résultat construit notamment lors d'un dernier tour fantastique, comprenant deux eagles aux trous 6 et 16 du tracé composite, hôte du feu trophée Lancôme entre 1970 et 2003, lui assure surtout une année de présence supplémentaire sur le circuit européene. Car il faut bien avouer que jusqu’à cette folle semaine en terre yvelinoise, la saison de Jeong weon Ko fut particulièrement stressante. Aucun top 10, aucun top 15. Juste une 16e place en Afrique du Sud début mars en guise de valeur étalon. À l’image de son année 2023 où il s’était « sauvé » le 22 octobre en prenant la 7e place de l’Andalucía Masters, le joueur aujourd’hui caddeyé par Christophe Angiolini emprunte le plus souvent les chemins sinueux et plein d’embûches.

« Cette saison a été très irrégulière », analysait-il après s’être qualifié pour le premier des deux tournois des Play-Offs de la Race to Dubai, début novembre à Abou Dabi. « Je n’ai pas encore trouvé un système propre à moi. Je suis encore en recherche. J’ai vraiment pris conscience de ça. Je suis néanmoins content car malgré les difficultés, j’ai quand même réussi à trouver les ressources pour faire un "pète" qui me permet de garder la carte. Mais je suis très déçu de la manière dont j’ai manœuvré durant cette saison. Le bilan est un peu triste. Le but, ça a toujours été d’être quelqu’un de constant, qui est là chaque semaine, un peu à la Jordan Smith. Je vois que je suis très loin du but. Je vais me poser les bonnes questions pour l’année prochaine. »