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Vincent Helly : piqué par le virus du golf

En cette journée mondiale des personnes handicapées, nous avons donné la parole à Vincent Helly, l'un des meilleurs paragolfeurs français, atteint de troubles autistiques mais avant tout malade de golf. Un sport qui l’a aidé à surmonter son handicap et qui l’a emmené vers des sommets notamment un titre de Champion de France acquis en 2020 et deux victoires au Pas-de-Calais Paragolf Open. 

Vincent Helly, en 2020, lors de sa victoire au Pas-de-Calais Paragolf Open. Crédit / Aa Saint-Omer GC.

Comment as-tu découvert et commencé le golf ?

Vincent Helly : « J’ai découvert ce sport grâce aux jeux vidéo avec mes frères, plus précisément à Wii Sports, à l’âge de 14 ans. J’ai tellement aimé que j’ai voulu m’initier en vrai et je suis tout simplement allé à une journée portes ouvertes au golf de l’Aa Saint-Omer Golf Club (Pas-de-Calais). J’ai tout de suite accroché, j’ai commencé à prendre des cours à l’école de golf dans un groupe de cinq enfants qui m’ont très bien intégré parmi eux. Et aujourd’hui j’ai 26 ans et je suis toujours aussi mordu de golf. Je ne peux pas m’en passer. Je vis maintenant à Moliets-et-Maa, dans les Landes, dans un appartement dont la vue donne sur le trou numéro 1 du golf. Ce jeu ne me quitte jamais finalement, même dans mon quotidien à la maison. »

À quel moment as-tu eu envie de faire de la compétition ?

V. H. : « Très rapidement j’ai eu envie de faire de la compétition. Quand j’ai quitté mon club de Saint-Omer en 2011, j’étais 17 d’index après deux ans de golf. À Moliets, j’ai intégré l’équipe messieurs et je pratique la compétition avec eux depuis 5 ans. Ce n'est que du bonheur de jouer avec des valides ; l’an dernier, quand je suis revenu dans le Nord pour le Pas-de-Calais Paragolf Open, je l’ai gagné en étant 2 d’index. Autant dire que c’était une vraie fierté pour moi et aussi pour le club qui m’a formé. Mon plus grand succès c’est sûrement mon titre de Champion de France et aussi le fait de représenter mon pays dans des compétitions internationales organisées par l’EDGA. C’est la plus belle des reconnaissances pour moi et pour tous les autistes qui pratiquent le golf. J’espère montrer et prouver que c’est possible de gagner et de réussir malgré le handicap. »

Le golf est un peu comme une thérapie.

Qu’est-ce que le golf t’apporte et comment t’aide-t-il à surmonter ton autisme ?

V. H. : « Le fait d’avoir gagné ces compétitions là et de jouer à un haut niveau paragolf m’aide énormément dans les relations sociales. J’ai aussi la chance de voyager pour jouer au golf, d’apprendre, de découvrir de la nouveauté, ce qui peut être effrayant pour une personne autiste. J’ai aussi gagné en autonomie. Ce sport m’apporte beaucoup. C’est une véritable addiction. J’adore être au calme, dans la nature, jouer seul ou avec des partenaires. En tant que personne autiste j’ai mes forces et mes faiblesses et le golf permet de travailler sur les deux. Je suis toujours aussi tenace, volontaire, sérieux et rigoureux et j’ai surtout progressé sur le relationnel. Parler avec vous par exemple était un exercice bien plus difficile auparavant. J’ai été diagnostiqué autiste à l’âge de 3 ans et je n’ai commencé à parler qu’à 5 ans alors quand je vois où j’en suis maintenant, je suis fier. »


Par Romain MURAILLE
3 décembre 2021