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La ffgolf s’engage dans la lutte contre la ségrégation des enfants autistes

Le samedi 2 juillet 2016 a marqué l’engagement solennel de la ffgolf d’aider l’association SOS Autisme France dans son combat pour faciliter l’accès des enfants autistes dans les golfs.

La démarche d’Olivia Cattan, Présidente de SOS Autisme France, journaliste, auteur du livre « D’un monde à l’autre » qui raconte son quotidien de maman d’un enfant autiste, Ruben âgé de 10 ans aujourd’hui et de son action militante, est de sensibiliser la société française sur le cas des enfants autistes.

Cette très belle femme brune offensive et souriante, est allée à la rencontre de tous les décideurs capables de servir sa cause, hommes politiques, présidents de fédérations…d’athlétisme, tennis, judo, football et golf !

Rencontre après rencontre, utilisant des arguments aussi convaincants que la loi de 2005 visant à intégrer de façon naturelle et obligatoire les enfants autistes dans tous les organismes ouverts au public, donc entre autres, l’école, les clubs de sports, les conservatoires, Olivia Cattan gagne chaque jour de nouveaux alliés. Mais si la volonté d’inclure les personnes handicapées dans la vie ordinaire est explicite, sa réalisation peine à voir le jour, en particulier pour l’autisme.

Il y a loin de la parole aux actes 

Même après avoir décroché un accord de principe avec certaines fédérations, la jeune femme a pu constater que les belles paroles n’étaient pas forcément suivies d’effets. C’est pourquoi elle s’est assurée en parlant longuement avec Jean-Lou Charon, que la ffgolf s’engagerait réellement dans une politique d’intégration des autistes dans tous les golfs de France, même si la présence d’un auxiliaire de vie ou éducateur spécialisé auprès de l’enfant autiste pose un problème en terme de formation et de financement.

Olivia Cattan a pu se rendre compte qu’en s’adressant à Jean-Lou Charon et à ses équipes, elle prêchait des convaincus. Le Président a été particulièrement choqué d’apprendre que cette jeune maman avait essuyé un grand nombre de refus quand elle avait exposé son cas à différents directeurs de golf, non qu’ils n’aient pas de cœur, mais tout simplement, ils avaient peur des complications engendrées par la présence d’un enfant autiste dans un groupe d’enfants « neurotypiques » (« normaux » !). Or « Madame SOS Autisme » est absolument convaincue que les bénéfices de relations entre enfants neurotypiques et enfants autistes ne sont pas uniquement réservés à l’enfant souffrant de handicap, mais aussi profitables aux autres, invités dès le plus jeune âge, à composer avec les différences des autres. Même si elles sont parfois angoissantes du fait de notre méconnaissance du phénomène.

Christian Cévaër, parrain de l’opération

Pour preuve que Jean-Lou Charon a déjà quelques longueurs d’avance quant à l’appréhension du problème, le fait d’avoir demandé à l’ancien pro, Christian Cévaër, aujourd’hui coach et enseignant au golf de Saint-Cloud, d’être en quelque sorte parrain de l’opération et garant de sa mise en œuvre et de son succès.

Christian Cévaër était présent au Pavillon du fait de sa relation étroite avec un jeune golfeur amateur, nommé Vincent Helly, qui était là aussi, invité avec ses parents, Un papa discret, une maman pleine de vie qui vous explique de but en blanc ce qu’est l’autisme et sa colère d’avoir vu son enfant si souvent moqué ou rejeté quand il était petit. Elle dit : « Les autistes n’ont pas d’intuition sociale, comme vous et moi, mais ça ne les empêche pas d’être brillants. Regardez, Einstein, Bills Gates, étaient des autistes. » Elle aussi s’est  battue pour que son fils puissent vivre comme les autres – les « enfants ordinaires », dit-elle pour éviter de dire « enfants normaux », ce qui sous-entendrait que le sien ne l’est pas, « normal ». « Qu’est-ce que la normalité de nos jours ? Le plus important n’est-il pas de faire en sorte de vivre ensemble ? », interroge-t-elle.

Vincent, autiste, a construit sa vie autour de sa passion : le golf

Lui, Vincent, l’enfant autiste de Saint-Omer, devenu bachelier, puis détenteur d’un BTS de Commerce, tout en obtenant un index de 7 au golf, semble partagé devant le comportement de sa maman. Il a conscience que son exemple peut ouvrir des portes à bien des jeunes autistes désireux de pratiquer un sport, fréquenter les établissements « normaux » et non les asiles psychiatriques, mais dans le même temps, il en a marre que son handicap revienne inlassablement sur le tapis. « Je voudrais bien qu’on laisse cela de côté, dit-il, être juste considéré comme un golfeur amateur comme n’importe qui d’autre, qui a envie de progresser tous les jours. J’aime la compétition, j’aime le golf, je souhaite atteindre le plus haut niveau, c’est cela qui compte », confie Vincent qui s’est mis au golf via les jeux vidéos. « J’avais treize ans, j’adorais les jeux vidéos et puis un jour par hasard, j’ai participé à une Journée Porte Ouverte, au golf de Saint-Omer, et ça m’a plu. »

A Saint-Omer, ceux qui ont assisté à ses débuts racontent que la première fois que Vincent a tapé dans la balle, il a couru droit devant pour la suivre. Puis, de cours en cours, il s’est mis a adoré et maîtrisé ce sport et c’est cette passion qui lui a permis de progresser, clubs en mains, mais aussi dans sa vie de tous les jours. « Grâce au golf, j’ai rencontré beaucoup de gens, j’ai voyagé dans de nombreux pays. Sur le plan perso, ma relation à l’autre est plus facile, il y a plus de détente. »

Ce dont Christian Cévaër n’est pas peu fier car, sollicité directement par la maman de Vincent dans la région de Bordeaux, il a fait du jeune homme son caddy à plusieurs reprises et le conseille toujours de loin en loin : « Ce que j’aime, dit l’ancien champion, c’est qu’en golf, tout le monde a le pouvoir de créer son swing, et celui de Vincent est particulièrement intéressant. » A suivre, donc.


Par Dominique Bonnot
2 juillet 2016