Accueil / Actus / Fédération / Dans le rétro / Rétrospective 2021 : Les coups de cœur de la rédaction (2/2)

Rétrospective 2021 : Les coups de cœur de la rédaction (2/2)

Une rencontre, un moment fort, une expérience nouvelle : les journalistes de ffgolf.org vous révèlent ce qui les ont marqués, touchés ou émus en 2021.

Coups de cœur 2021

Ma première Gounouilhou, par Rémi Rivière

« La Gounou' quoi ? » Profane du golf amateur, mon vocabulaire s'est trouvé riche d'un nouveau mot lorsque l'on m'a énoncé l'intitulé de cette compétition soi-disant « mythique », sainte parmi les saintes sur le sol français. J'exagère un poil il est vrai, puisque mes cinq dernières années dans le milieu du golf m'avaient déjà appris l'existence du Trophée Gounouilhou, sans toutefois avoir jamais eu l'occasion d'aller fouler cette terre sacrée. Voilà donc, depuis plusieurs mois, que mes collègues ne cessent de me rabâcher les oreilles avec leur « Championnat de France par équipes messieurs de première division ». Et aujourd'hui est un grand jour pour ma culture golfique : je viens de pousser les portes du golf de Nîmes Campagne, pour assister à la 90e édition de la Gounouilhou.

Les premières heures sur place me mettent rapidement dans l'ambiance. Polos d'équipe, grandes tablées et chambrages amicaux entre clubs. Les parties de reco', les accolades entre potes et les briefings d'équipe s'enchaînent, me plongeant dans un univers à part, digne des grandes compétitions. Même si l'atmosphère m'apparaît presque trop bienveillante, moi qui m'attendais à des coups fourrés et des inimitiés fortes entre rivaux historiques. « Hmm… Attend un peu que la compétition débute », me glisse le coach d'une équipe habituée à la première partie du tableau.

On me l'avait promis, et je dois me rendre à l'évidence : l'ambiance est dingue. Je capte des moments de vie uniques qui – gros cliché – resteront dans ma mémoire. Les larmes de Cyril Miranda et de ses joueurs du Raray, après la qualification in extremis dans les huit. Le silence des joueurs de Bussy qui font le chemin inverse dans le tableau, un an après leur épopée à La Baule. Quelques jours plus tard, les vannes qui fusent entre les coéquipiers de Biarritz, pour dédramatiser le départ d'une finale sous tension… Et, enfin, la liesse de Martin Couvra et Paul Margolis, complices inséparables jusqu'à leur victoire avec l'équipe de Terre Blanche. Dans ce sport si individuel qu'est le golf, il n'y a donc rien de plus immersif et excitant qu'une compétition par équipes. Y compris depuis le bord du terrain ! Alors, je le reconnais : cette Gounouilhou est bien mythique, oui, par son histoire et son atmosphère unique. Mes collègues avaient donc raison…

L'émouvant triomphe de Céline Boutier, par Alexandre Mazas

La voir lever les bras et afficher ce sourire incrédule après ce putt de 15 m plein trou sur le dernier green au Lacoste Ladies Open de France m'a presque autant fait plaisir qu'à elle. Bon, j'exagère sans doute un peu, mais la victoire de Céline Boutier dans son open national m'a rempli de ces mêmes émotions fortes déjà vécues, en tant que spectateur quelque peu privilégié, lors des sacres de Céline Herbin à Chantaco en 2015 et de Thomas Levet au Golf National en 2011.

Voir un Français triompher dans le tournoi emblématique de son pays n'est pas chose banale, mais voir cette Française-là l'emporter, en rentrant ce putt, avait vraiment une saveur spéciale. Déjà, parce que Céline, qui joue toute l'année aux États-Unis, met un point d'honneur à traverser l'Atlantique pour y participer, sans considération de dotation ou de points mondiaux. Ensuite, parce que Céline y a retrouvé toute sa famille, son frère sur le sac et ses parents et sa sœur à l'extérieur des cordes, et c'était plaisant de la voir évoluer, sereine, dans ce contexte si précieux et si rare. Enfin, parce que Céline a gagné cet open de France qu'elle avait abordé dans la position la plus délicate qui soit, celle de la favorite sur le papier.

Cette victoire restera sans doute comme l'une des plus importantes dans la carrière de Céline Boutier, même si elle n'a pas la même force qu'un succès en Solheim Cup (ce qu'elle avait fait deux semaines plus tôt) ni le même prestige qu'un titre sur le LPGA Tour (ce qu'elle a fait deux semaines plus tard !). Elle restera comme le jour où notre meilleure golfeuse a conquis le cœur du public tricolore.

Les clichés ont fait long feu, par William Lecoq

Lui, David, est réalisateur et vidéaste. Elle, Océane, est naturaliste au sein du Muséum national d'histoire naturelle. Lui est l'auteur des images que vous avez pu voir, notamment, dans nos programme « Greens de saison » ou « L'initiative éco-responsable ». Elle a, entre autres, réalisé des inventaires de biodiversité sur plusieurs terrains, dont elle nous a parlé dans un épisode du programme « Engagés ».

Tous les deux ont un point commun : avant un passé récent, ils avaient du golf la classique image d'Épinal : sport d'entre-soi, onéreux, et puis pollueur, cela va sans dire. En bref, tout l'imaginaire préhistorique véhiculé par les réalisateurs de cinéma qui persistent à habiller leurs personnages golfeurs de pantalons écossais et à leur faire porter des sacs 100 % cuir (espèce disparue des terrains depuis un bon quart de siècle).

Cette année, j'ai eu la chance de rencontrer ces deux personnes, et surtout de voir que les clichés avaient fait long feu. Plus de doute pour eux : le golf de 2021 accueille tout le monde, se met à la portée de toutes les bourses, et respecte son environnement. Mon vœu pour 2022 ? Qu'un maximum de personnes fassent comme eux : venir voir.

Quand Antoine Rozner terrasse Bryson DeChambeau au WGC-Match Play, par Lionel Vella

Vainqueur quelques jours avant au Qatar Masters grâce à un putt magique de 20 mètres, qualifié de dernière minute au WGC-Match Play à Austin (Texas) en entrant dans le top 64 mondial, je me demandais à quelle sauce aller être croqué Antoine Rozner lors de son premier match de poule face à Bryson DeChambeau. Alors leader de la FedExCup, le n° 5 mondial (à l'époque) fait peur à tout le monde. Sauf à son adversaire du jour qui trouve la bonne idée de mener 2 up après 9 trous, puis 3 up au départ du 13. Le Français, que les Américains découvrent ce 24 mars 2021, déjoue tous les pronostics. Mieux, il décoche des coups d'anthologie, comme cette approche splendide aux abords du 18 pour terrasser 2 up le Californien bodybuildé. Antoine m'avouera quelques jours plus tard que les deux hommes n'avaient pas échangé un mot pendant leur duel... « Se faire battre par, entre guillemets, un inconnu français, cela a marqué les esprits. C'était vraiment marrant. Je crois que ça a fait bien le buzz outre-Atlantique », m'a ajouté le Racingman qui, hélas, et malgré deux victoires, ne s'est pas qualifié pour les huitièmes de finale.


Par La rédaction
30 décembre 2021