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Lionel Weber, retour à la case départ

Après un échec aux PQ2 en novembre dernier, l’Alsacien s’est résolu à tenter de nouveau l’aventure asiatique en 2020. Il dispute à partir du 19 février en Thaïlande la finale des Cartes d’accessions de l’Asian Tour et s’est fixé un plan sur deux ans pour revenir en Europe.    

Pour l'Alsacien, il faudra finir dans le top 35 de cette finale des Cartes pour espérer décrocher un droit de jeu sur l'Asian Tour 2020 Stanley Chou / Getty Images Asiapac - AFP
19-23
février
QUALIFYING SCHOOL - FINAL STAGE
LIEU : Lake View Resort & Golf Club, Thaïlande
CIRCUIT : Asian Tour

Il est arrivé le 30 janvier en Thaïlande. Histoire de ne rien laisser au hasard avant cette finale des Cartes asiatiques programmée du 19 au 23 février à Cha Am, au Lake View Resort & Golf Club. A une demi-heure de Hua Hin, son ancien camp de base. « Pour bien m’acclimater, précise Lionel Weber, en préambule. Il me reste une grosse semaine pour bien préparer l’échéance. Travailler comme il faut le petit jeu, le putting… Cela prend du temps. »

Top 35 éligible

Directement « qualifié » en finale grâce aux points amassés durant ses six années passées sur l’Asian Tour, l’Alsacien doit obligatoirement finir dans le top 35 pour espérer décrocher un droit de jeu pour la saison 2020 qui s’est élancée début janvier à Hong Kong. Même si le classement final de ces Cartes déterminera réellement le nombre de tournois pour lesquels il pourra prendre part.
« Finir premier ou trente-cinquième, ce n’est pas vraiment la même chose, prévient-il. De façon générale, je pourrais jouer une dizaine de tournois. Mais si on est mal re-ranké, ce sera moins. A l’inverse, si tu gagnes un tournoi sur l’Asian Tour, les portes s’ouvrent en grand. En jouant sur l’Asian Tour et en performant dans une bonne semaine, l’horizon se dégage immédiatement. Cela aurait été donc dommage de ne pas profiter de toute mon expérience acquise en Asie (Ndlr, de 2013 à 2018). Cela aurait été bête de ne pas tenter le coup. »

La chance d'être bien entouré

A 29 ans, le Français est toutefois dos au mur. Son année 2019 ne s’est pas déroulée comme il l’entendait. En échouant en novembre dernier en Espagne aux PQ2 des Cartes européennes, ses espoirs de revenir évoluer en Europe se sont considérablement atténués.
« Ce fut difficile, très difficile, consent-il, doucement. Je n’ai pas assez joué en 2019 car je pensais recevoir des invitations sur certains tournois du Challenge Tour, mais ça ne s’est pas passé comme je le voulais. Cela m’a bloqué dans le calendrier. Je suis arrivé avec un manque de jeu aux Cartes européennes… Mais bon, heureusement, j’ai la chance d’être bien entouré. Avec mon équipe, j’ai un plan pour percer dans les deux ans à venir. Si ça ne marche pas, je ferai autre chose. Ce sera avec beaucoup de regrets car j’aurais donné le maximum. Mais je n’y pense pas pour le moment. Là, je me fixe l’objectif de revenir sur le Tour européen avant 2022. »

Un coach mental suédois

Passée l’énorme déception de ne pas avoir décroché un statut sur le Challenge Tour – il n’a pas touché le moindre club de golf pendant cinq semaines à l’issue des PQ2 – le Français s’est donc remobilisé. Il a par exemple démarré un travail avec un coach mental suédois, Katherin Holst.
« On essaie ensemble de débloquer des verrous dans ma tête, ajoute Lionel Weber. J’ai prouvé que mon niveau de golf était là mais à un moment donné, ça ne suffit pas. Il faut des résultats. Je l’avais rencontré quand j’étais déjà en Asie. Il y avait eu un bon feeling. Avec le peu que j’avais travaillé avec elle, on avait réussi quelques bonnes choses. On a un partenariat sur un an. On a commencé à bosser il y a une semaine. Je veux mettre toutes les chances de mon côté. Sur le plan technique, je suis allé voir Benoit Ducoulombier. Je suis ravi de continuer à le voir. J’aime beaucoup sa façon de faire. Ma frappe de balle a bien évolué depuis qu’on a commencé notre collaboration. J’ai aussi un préparateur physique, basé en Alsace. Victor Ruff. En ce qui concerne le caddie, quand j’étais en Europe l’an passé, j’avais un ami belge sur le sac, Dewi Merckx. Pour l’Asie, rien n’est encore fixé. Pour les Cartes, là, j’ai un caddie Néo-Zélandais. Mais pour la suite, je ne sais pas encore. »

Vivre en Alsace

Contrairement à sa première et longue expérience en Asie, le Français, en cas de réussite à l’issue des Cartes, ne réitérera pas le fait de vivre à l’année en Thaïlande. Il a, au contraire, choisi de s’installer à demeure en Alsace, sa région natale, et d’effectuer des déplacements de deux à trois semaines en Asie, au gré du calendrier. « Je ne voulais plus de cette vie-là, reconnait-il. Je voulais être plus équilibré dans ma vie personnelle. Si je n’ai pas un équilibre entre ma vie sociale, ma vie personnelle et mon golf, je n’ai pas de résultat golfique… Donc, la solution pour moi était de rentrer en France. Je suis d’accord, ce n’est pas l’idéal, car ça fait plus de frais, mais ce sont des choix personnels. Que j’assume totalement ! »

Pas de honte à jouer sur l'Asian Tour

Il assume aussi ce retour à la case départ, que l’on peut qualifier à un échec, lui qui rêvait tellement d’évoluer sur l’European Tour. Mais qui sait si un jour…
« Oui, quelque part c’est un échec, avoue-t-il avant de contre-attaquer aussitôt en guise de conclusion. Mais dès que je suis passé pro, j’ai directement joué sur l’Asian Tour, en première division. Il y a beaucoup de bons joueurs sur l’Asian Tour. Avoir fait ce que j’ai fait, ce n’est pas évident. J’ai vécu des choses top. Evidemment, j’en veux plus. Comme tout le monde. Mon objectif a toujours été le Tour européen. Mais il n’y a pas de honte à jouer sur l’Asian Tour. Comme je l’ai précisé, les conditions ont changé. L’essentiel, c’est de continuer à jouer à un haut niveau. L’Asian Tour est un circuit où je me sens à l’aise, que je connais bien. C’est plus facile de gagner sa vie sur une première division que sur une troisième… En attendant de prendre part aux Q-School européennes à l’automne prochain. Au niveau de ma motivation, ça me branchait plus de continuer à toucher le très haut niveau, avec des dotations plus importantes que de partir sur l’Alps Tour ou le Mena Tour, deux circuits où j’ai un droit de jeu… » 


Par Lionel VELLA
12 février 2020