Accueil / Actus / Pro / Challenge Tour / Challenge Tour : Paul Margolis devient joueur professionnel

Challenge Tour : Paul Margolis devient joueur professionnel

Après plusieurs semaines de réflexion, Paul Margolis, 22 ans, a pris la décision de passer professionnel. Un changement de statut qui lui permettra de profiter pleinement de son droit de jeu sur le Challenge Tour en 2022, mais l'oblige par ailleurs à renoncer à la perspective des Championnats du monde amateurs par équipe disputés en France. Rencontre.

Une nouvelle carrière débute pour Paul Margolis, qui a officiellement rejoint les rangs des professionnels. Alexis Orloff / ffgolf

Vous venez de passer professionnel à l’issue d’un temps de réflexion. Qu’est-ce qui a motivé votre décision ?

Cette réflexion m’a pris pas mal de temps, même si deux semaines ça paraît court. Je n’ai fait que parler de ça avec mon entourage, mes coaches Alain Alberti, Bastien Mélani, j’ai passé des coups de fil tous les jours. Donc c’est quelque chose qui est réfléchi. C’était une décision assez difficile pour moi. Mais au bout du compte je suis content de la décision que j’ai prise. Passer professionnel, c’est un changement de statut. Quand tu es jeune et que tu joues au golf, tu attends ce passage avec impatience. Pour moi, je dirais qu’il arrive dans le bon timing, malgré le fait qu’il y avait, bien sûr, le projet des Mondiaux à côté. On s’est renseigné pour savoir si je pouvais rester amateur et profiter de ma catégorie complète sur le Challenge Tour, mais ce n’était pas possible. La ffgolf m’avait proposé neuf invitations sur le Challenge Tour l'année prochaine, mais j’ai décidé de me lancer dans le grand bain. Comme je le disais avec Bastien, qui aime bien utiliser des images, j’avais un peu envie de changer de mare. J’avais l’impression d’être tout le temps dans la même mare avec les mêmes poissons, et je voudrais voir ce qui se fait dans les mares plus importantes.

À quel point vous sentez-vous prêt pour affronter le monde professionnel ?

L’Alps Tour m’a appris énormément de choses (il a terminé 6e de l'ordre du mérite en 2021, avec une victoire, NDLR). Je trouve que la gestion du stress n’est pas comparable. Chez les amateurs, le classement mondial est déterminé sur deux ans, avec beaucoup de tournois, ce n’est pas extrêmement grave si on rate un tour. Alors que les chez les pros, on sait qu’un coup peut coûter toute une saison, permettre de monter sur le Challenge Tour ou obliger à rester sur l’Alps Tour. Cette mentalité, on a beau te le dire quand tu es amateur, quand tu la vis, ce n’est pas la même chose. La pression que j’ai ressentie sur l’Alps Tour, notamment lors des derniers tournois, je ne l’avais jamais ressentie avant. Maintenant, il faut que j’aille apprendre le métier. Et en restant amateur, je trouvais ça compliqué.

Maintenant, il faut que j’aille apprendre le métier.

Par ailleurs, j’ai eu la chance de faire partie du Pôle Espoirs et du Pôle France, et déjà à l’époque, Mathieu Santerre nous disait qu’il fallait être prêt comme un pro avant d’être pro. On nous a répété la même chose dans le Groupe France 2022. C’est ce que j’ai réussi à faire cette année. Il va forcément y avoir des changements, car je vais me retrouver seul davantage, et j’aurai moins de facilités à faire des stages. Mais le côté positif, c’est que rendu à maintenant, c’est juste un statut qui change. Mon équipe reste la même.

Vous avez un droit de jeu sur le Challenge Tour pour la saison prochaine. Quels sont vos objectifs ?

Paul Margolis a remporté son premier tournoi sur l'Alps Tour en mars dernier. (Photo Tristan Jones / Alps Tour)

J’ai d’abord comme objectif de finir dans les 45 premiers (classement qui permet de disputer la finale du Challenge Tour ainsi que les Cartes européennes sans étape préliminaire, NDLR). Je m’en sens largement capable. En revanche, objectivement, je ne me sens pas encore capable de finir dans le top 20 (qui permet une montée directe sur le circuit principal, NDLR). Il va falloir que je travaille cette année. Mais c’est une grosse source de motivation. Je l’ai forcément en tête. Ce n’est pas mon objectif premier, mais je sais que si je fais correctement les choses, je peux me retrouver à la fin de l’année à batailler pour finir dans le top 20. Mais l’objectif principal reste le top 45.

À quel point l’obtention de ce droit de jeu a bouleversé les choses pour vous ?

C’est vrai que ça a complètement bouleversé les plans initialement prévus. Quand j’ai fait mon premier stage en janvier dernier à Dubaï avec l’équipe de France, on avait vraiment un plan précis sur ce qu’on allait faire pendant les deux prochaines années. Moi aussi, à titre personnel, j’avais comme objectif de faire et de gagner les Championnats du monde amateurs par équipes (organisés au Golf National et à Saint-Nom-la-Bretèche du 24 août au 3 septembre prochains, NDLR), et de passer professionnel ensuite. Finalement, l’obtention du droit de jeu sur le Challenge Tour m’a ouvert des portes plus rapidement que ce qui était prévu. Je me suis dit que les portes ne s’ouvraient pas tout le temps, et que lorsqu’elles s’ouvraient, il fallait s’y engouffrer.

Quand j'ai appelé le staff de l'équipe de France pour annoncer ma décision, ils ont compris.

Justement, quel a été le rôle du staff de l’équipe de France dans votre réflexion, et comment a-t-il accueilli votre décision ?

C’étaient déjà, avant cela, des personnes que j’appréciais énormément. Et là en plus, j’ai vraiment été agréablement surpris de ce qu’on a pu se dire avec le staff : ils m’ont dit des choses qui m’ont fait faire un choix serein, dans le sens où ils ne m’ont pas influencé en quoi que ce soit. Je les ai forcément questionnés, car ce sont des personnes en qui j’ai confiance, et ils m’ont répondu sans états d’âme. Ils ont vraiment été géniaux. Quand je les ai appelés pour leur annoncer ma décision, ils ont compris, et ils m’ont dit qu’ils seraient là si j’avais besoin. C’est une chose que j’ai beaucoup appréciée.

Il reste que le fait de passer professionnel ne vous permettra pas de disputer les Championnats du monde en France en 2022. Cela vous laisse-t-il une pointe de regret ?

Pour dire la vérité, lorsque j’ai eu mon droit de jeu sur le Challenge Tour, au tout début, j’ai eu envie de passer professionnel. C’était mon premier sentiment. Après, quand les émotions de la fin de saison se sont calmées, j’ai vu qu’il y avait des choses qui allaient me manquer. Pas seulement les Mondiaux : on était une équipe très soudée, il y avait une ambiance unique. Évidemment, ça va être dur pour moi de ne pas jouer aux Championnats du monde, parce que je rêve d’y jouer depuis tout petit. Mais il y a aussi toute cette ambiance, les stages, tout ce que la ffgolf nous permet de faire. Et c’est vrai que, quand j’ai mis les choses à plat, j’ai vu que j’allais me retrouver "tout seul". C’est sûr que ça va faire bizarre, et que ça va beaucoup me manquer. Presque plus que les Mondiaux.


Par William LECOQ
16 novembre 2021