Après avoir disputé son premier Championnat d'Europe par équipes avec les Girls françaises au début du mois, Éléa Bastoni est engagée cette semaine au European Young Masters. À 14 ans seulement, la joueuse de Cannes-Mougins a les armes pour briller sur la scène continentale.
Elle s'était révélée dans la catégorie U12, en 2024, en coiffant sa première couronne nationale lors du Championnat de France des Jeunes. Elle a confirmé en U14 cette année, en remportant le Challenge Alexis Godillot, soit les Internationaux de France de la catégorie, à Chantilly. Elle s'est aussi distinguée en U16, en signant un top 5 au Girls' U16 Amateur, au printemps. Un an avant, elle avait prouvé sa valeur dans la catégorie U21, en gagnant la qualification du Trophée Esmond à Saint-Cloud, à 12 ans seulement.
En réalité, pour Éléa Bastoni, 14 ans aujourd'hui, les catégories d'âge ne sont plus une barrière. Elle l'a prouvé au début du mois de mars de cette année, en se hissant jusqu'en demi-finale des Internationaux d'Espagne Dames (une compétition toutes catégories), le meilleur parcours pour une Tricolore dans l'édition 2026 de cette compétition. Cet été, la joueuse licenciée à Cannes-Mougins a les moyens de se révéler à l'Europe entière.
À partir de ce jeudi et jusqu'à samedi, la jeune Française fait partie du quatuor tricolore engagé au European Young Masters (EYM, lire ci-dessous), sur le parcours espagnol d'El Saler, près de Valence. « C'est un très beau tournoi par équipes, stylé (sic), sur un très beau parcours, commente Éléa Bastoni, qui participe à cette épreuve pour la première fois. L'ambiance dans l'équipe est top, on s'entend super bien. On a un seul objectif, et on sait tous ce que c'est. »
Ce passage sous le maillot bleu est le deuxième pour elle, en moins d'un mois. Car début juillet, également pour la première fois de sa jeune carrière, elle a disputé un Championnat d'Europe par équipes, en l'occurrence celui des Girls, à Zurich. Une campagne qui s'est soldée par une belle médaille de bronze pour les Bleuettes, leur première médaille dans cette catégorie d'âge depuis quatre ans. « C'était l'une des meilleures semaines de ma vie, livre sans hésiter Éléa Bastoni. L'organisation était incroyable, toute l'équipe était géniale, on avait un staff de dingue (sic bis). L'ambiance est vraiment à part, avec les cérémonies d'ouverture et de clôture. J'étais honorée de représenter mon pays, de marcher derrière le drapeau français. »
L'EYM, késako ?
Le European Young Masters (ou EYM, en version courte) est considéré comme le championnat d'Europe de la catégorie U16. Il s'agit d'une épreuve mixte, alliant enjeux individuels et collectifs.
Une équipe nationale complète est composée de quatre membres, deux filles et deux garçons. Ainsi, l'équipe de France de cette édition 2026 comprend, outre Éléa Bastoni, Anouchka Djumic, Jayson Piermont et Tao Pemerika. Tous vont disputer trois tours de stroke play, en simple. À la fin des trois jours, le classement individuel des Boys comme celui des Girls donneront deux premiers jeux de médailles (raison pour laquelle certains pays engagent des concurrents uniquement en individuel). Par ailleurs, un classement collectif sera établi en retenant, chaque jour, les trois meilleures cartes sur les quatre. Ainsi, la France avait remporté la médaille d'or collective lors des éditions de 2023 et 2024.
Éléa Bastoni se remémore particulièrement un quart de finale remporté face à une équipe suisse à domicile, et arraché de haute lutte par les Françaises, grâce au succès sur le fil d'Alice Kong. « C'était très dur, il y avait beaucoup de public et de drapeaux suisses au bord du terrain, narre la joueuse française. Quand on a gagné, on était toutes super contentes, ça voulait dire qu'on allait se battre pour une médaille. » Le lendemain, les Françaises ont connu leur seule défaite de la semaine, face à l'Angleterre. « Bien sûr, on n'était pas ravies d'avoir perdu, les places 3 et 4 n'étaient pas celles que nous étions venues chercher. Mais on a réussi à se remobiliser. »
La preuve lors de la dernière journée, où la finale pour la médaille de bronze, face à la République tchèque, est tombée dans l'escarcelle française. « À la fin d'une semaine comme celle-là, il ne reste pas beaucoup d’énergie, mais on est surtout épuisées mentalement, car on vit des émotions de fou, souligne la joueuse tricolore. Mais c’est pas grave, on se prépare pour, on s’entraîne toute l’année pour. »
Centre de performance à la rentrée
S'entraîner et se préparer toute l'année est précisément ce qui attend Éléa Bastoni à partir de la rentrée de septembre. En effet, sa rentrée en classe de troisième se fera au sein du Centre national de performance de Terre Blanche, l'une des deux structures formant la future élite du golf français. « J’ai hâte de pouvoir plus m’entraîner et plus jouer, s'enthousiasme-t-elle. La structure, on ne peut pas rêver mieux, ça va beaucoup m’aider. » Cette rentrée ne devrait pas prendre les allures d'un dépaysement, pour elle qui a grandi sur la Côte d'Azur, et fréquentera le Centre de performance en externat, sa famille habitant à quelques kilomètres du resort varois.
Avec toutes ces réussites avant d'atteindre ses 15 ans et sa future intégration au Centre national de performance, la question se pose de savoir où Éléa Bastoni pourrait être rendue d'ici deux ou trois saisons. Elle reste les pieds sur terre : « Continuer à progresser, rester en équipe de France, et continuer à faire tous ces championnats ». À court terme, ces championnats se nomment European Young Masters, puis Girls' Amateur Championship, du 10 au 15 août en Écosse. La suite... ce sera son prochain horizon.