Le score est ce qui véhicule les joies et les peines du golfeur. Mais en se focalisant sur d'autres éléments que le résultat final, il apparaît que n'importe quel(le) passionné(e) peut davantage maîtriser celui-ci. Qu'il s'agisse de rentrer la meilleure carte de sa vie ou de sauver ce qui semblait être une déroute historique.

Un coup, une émotion, un score, c'est ça le golf. © ffgolf (générée par IA)

Au cours d'une partie, il a été vu à de nombreuses reprises quelques amateurs s'effondrer sur les derniers trous et voir s'envoler le rêve de rendre le plus score le plus bas de leur "carrière." De même, bon nombre sont ceux qui choisissent de ne plus prendre note de leur résultat après une déconvenue. Gérer son score n'est pas une chose aisée. Car dans ces cinq petites lettres tiennent l'ensemble des émotions du golfeur. Qu'il soit pro ou amateur. Mais heureusement, il est possible de faire face à ce nombre, chacun à son échelle. Contrairement à une idée reçue, la préparation mentale n'est pas affaire de talent inné ni de métier : « On n'est pas bon ou mauvais mentalement, amorce Cédric Coquet, coordinateur de la préparation mentale à la ffgolf. Ce sont des compétences à acquérir grâce à des outils, des exercices. » Évidemment, le travail n'est pas tout à fait le même chez un amateur et chez un professionnel. « Chez les amateurs, on en est principalement à apprendre à se connaître pour comprendre comment être efficace. Les pros eux ont déjà cette base acquise et travaillent davantage sur la gestion des enjeux ou l'équilibre de leur vie, qui sont en quelques sortes les étapes d'après. » Cette distinction, parfois floue pour les amateurs, amène une problématique importante dans la manière de jouer : « Beaucoup sont dans le jouer beau plutôt que dans le jouer efficace, surtout en compétition. »

En ce qui concerne la gestion du score, il n'est évidemment pas possible d'occulter à 100% cette donnée au cours d'une partie. « Il va y avoir des tas d'éléments qui nous amènent à penser au score : les autres compétiteurs qui en parlent, ou simplement le fait de le noter sur la carte » rappelle celui qui fait partie du staff de Nastasia Nadaud. Le but va donc être de s'en éloigner le plus souvent possible et d'anticiper les possibilités liées au score. 

Préparer le bon et le moins bon

Ici tout se joue d'abord en amont, avant même le départ. « Une partie de golf comporte toujours une part d'incertitude sur le résultat, qu'il faut pouvoir accepter. » L'idée : se préparer mentalement à ce que la journée puisse aussi bien se dérouler en dessous de son niveau habituel, qu'au-dessus. Concrètement, cette préparation passe par un outil que Cédric Coquet appelle les « objectifs de moyens. » Il s'agit-là de se donner, avant le jour de jeu, des objectifs qui ne concernent pas le résultat mais la manière de jouer : soigner sa routine sur chaque coup, bien s'installer devant la balle, trouver les fairways ou les greens en régulation, garder une vitesse de putting régulière... Chacun choisit le ou les objectif(s) - en cohérence avec son niveau bien sûr - qu'il est le plus susceptible de maîtriser.

L'astuce en plus

Noter sur un papier ou sur un carnet de parcours les objectifs de moyens. Le but est de pouvoir s'y référer de temps en temps pour éviter que la pensée ne se concentre trop sur le score.

Cet exercice préliminaire est complété par deux autres applicables uniquement sur le parcours. Le premier : un dialogue interne entre les coups. Se dire des phrases courtes et fortes avant de se lancer dans sa routine — exemples « les moyens sont plus forts que le résultat » ou « reste toi-même » — pour ramener l'attention vers le jeu. De même, il peut être utile de décrire sa propre routine « à voix haute dans sa tête », geste après geste, au moment de l'exécuter. « L'idée est d'occuper l'espace de la tête pour ne pas laisser de temps mort où la pensée du score pourrait revenir » traduit Cédric Coquet. Une autre solution peut être d'engager la discussion avec ses partenaires de jeu pour, là encore, réduire les réflexions parasites.

Le second précepte du préparateur mental concerne les choix de jeu, à savoir : faire simple. C'est-à-dire privilégier le coup qu'on maîtrise plutôt que la trajectoire la plus spectaculaire. Il faut également être stratège, se concentrer sur les cibles et s'assurer, en cas de mauvais coup, que celui-ci envoie la balle du côté le moins pénalisant. « On se place dans son niveau moyen de compétence, pas dans son niveau parfait » résume-t-il.

Enfin, l'attitude à éviter à tout prix selon lui est de chercher à défendre une carte potentiellement record ou à rattraper un trou catastrophe. « Le score, ce n'est pas celui qu'on constate pendant la partie, mais celui que l'on signe à la fin. Pendant la partie, il fluctue dans les deux sens et il faut l'accepter. » C'est pour cela qu'il ouvre sur une autre clé mentale propre au golf : se concentrer coup par coup. « C'est le travail que je réalise avec les joueurs pros également, il faut écarter mentalement le coup précédent comme le suivant, pour ne se concentrer que sur celui en cours. C'est ce que l'on appelle être dans le moment présent. Une philosophie qui demande des années à s'installer durablement mais que chaque amateur peut acquérir en la cultivant dès maintenant. »