Avant de partir dans quelques jours à la conquête de l’Europe, les équipes de France Boys, Girls, Dames et Messieurs étaient rassemblées pour la traditionnelle remise des dotations. Une matinée particulièrement inspirante en présence de l’ancien champion d’arts martiaux Bertrand Amoussou.
« Demandez-vous simplement quelle trace vous voulez laisser. » Les mots de Bertrand Amoussou résonnent encore certainement aux oreilles des 24 joueuses et joueurs des équipes de France qui étaient présents ce vendredi matin au siège de la Fédération française de golf. Rassemblées comme chaque année à la veille des Championnats d’Europe par équipes, les équipes de France Boys, Girls, Dames et Messieurs ont vécu une remise des dotations pas comme les autres, marquée par le discours puissant de l’ancien champion d’arts martiaux.
La journée avait débuté dans un sentiment de douce euphorie collective. La joie de se retrouver en ce début d’été, après les résultats enthousiasmants des dernières semaines, provoquait rires, embrassades et longues vagues d’applaudissement pour la toute fraîche lauréate de The Women’s Amateur Championship, Valentine Delon.
Avant de distribuer les tenues Lacoste et les équipements des partenaires de la ffgolf Ping, Garmin et Jolt, le directeur de la performance Jean-Luc Cayla et la DTN adjointe Maïtena Alsuguren lançaient la cérémonie de remise des dotations en rappelant l’importance de l’équipe de France et de ses valeurs et les exigences liées à la sélection. « Vous êtes ici parce que vous l’avez mérité, vous devez être fiers de vous, fiers de représenter la France, lançait Maïtena Alsuguren. On attend de vous que vous donniez votre maximum au profit de l’équipe de France. Il faut que tout le monde sente que tous les coéquipiers sont là pour aller au bout. Quel que soit le résultat, l’engagement que vous y mettrez sera fondamental. »
Devant l’ensemble des joueuses, joueurs et staffs, les nouveaux venus en équipe de France étaient ensuite invités à prendre brièvement la parole avant de recevoir l’insigne de l’équipe de France. Une étape parfois stressante, à l’image de Jayson Piermont, tremblant au moment de prendre la parole, preuve de l’importance du moment. Parfois plus légère quand certains se lançaient dans une imitation plutôt réussie de Grégory Havret, responsable de la filière messieurs. Un mot revenait dans chaque bouche : la fierté. « C’est un honneur d’être ici et de recevoir ma première sélection pour les championnats d’Europe, expliquait Théophile Archer, nouveau venu chez les Boys. C’est spécial pour moi car mon frère et ma sœur ont aussi été sélectionnés donc c’est une grande fierté pour moi de les imiter. »
Ce moment, Bertrand Amoussou l’a lui aussi vécu. C’était en 1984 et c’était un autre écusson, celui de l’équipe de France de judo. Mais il s’en souvient comme si c’était hier. Tombé amoureux du golf plus récemment, après une carrière exceptionnelle dans les arts martiaux qui l’aura vu terminer à la tête de la Fédération internationale de MMA, il était venu partager sa vision de la performance, du travail et de l’équipe de France. Un discours percutant et très inspirant pour tous ceux présents dans la salle :
« Quand on parle de performance, on parle souvent d’entraînement, de talent, de résultat, de victoire et bien sûr de médaille. Mais représenter l’équipe de France c’est tout autre chose, c’est plus grand que soi. Porter les couleurs de son pays, ce n’est pas seulement recevoir un équipement officiel, c’est recevoir une responsabilité. La vraie question ce n’est pas : suis-je fier de porter ce maillot mais suis-je prêt à être digne de ce qu’il représente. Parce que ce maillot, beaucoup en rêvent, beaucoup travaillent pour l’obtenir, beaucoup ne l’auront jamais. Le maillot ne vous appartient pas vraiment, vous ne faites que le porter un moment avant de le transmettre à quelqu’un d’autre. Le maillot de l’équipe de France n’est pas une décoration, pas un accessoire, pas une récompense que l’on exhibe, c’est une mission. Cette mission demande une chose essentielle : comprendre ce qu’est la performance.
« La performance ce n’est pas le talent. Le talent est important, il peut ouvrir les portes, attirer l’attention, donner de l’avance. Mais au plus haut niveau tout le monde a du talent. La différence se fait dans la capacité à répéter l’effort, à rester concentré, à accepter l’exigence, à gérer la pression, à récupérer correctement, à faire les bons choix et surtout à faire ce qu’il faut quand personne ne regarde. Ce que vous faites quand personne ne vous regarde définit ce que vous devenez. Car c’est dans l’ombre, loin des regards, que tout commence et tout s’éteint. Les champions ne sont pas fabriqués sous les projecteurs, ils sont fabriqués dans l’obscurité quand personne n’applaudit.
« Dans 10 ans, beaucoup auront oublié vos scores, certains résultats seront remplacés par d’autres, de nouveaux athlètes porteront ce maillot. Mais ceux qui vous auront vu, côtoyé, inspiré, se souviendront de la personne que vous étiez lorsque vous portiez le maillot de l’équipe de France. Alors demandez-vous simplement quelle trace vous voulez laisser. »
Ces mots puissants étaient accompagnés par la suite d’un morceau de rap écrit par ses soins et qui voyagera dans les écouteurs et enceintes des équipes de France la semaine prochaine.