À l’issue des deux jours de match à Chantilly, l’Angleterre s’est imposée 13 à 11, reprenant le trophée pris par les Français il y a deux ans. Malgré une belle réaction ce dimanche, les Tricolores n’ont pu qu’effleurer le renversement de situation.

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Le match nul entre Noa Auch-Roy et Jake Sowden, ce dimanche après-midi, a scellé en grande partie le destin du Match France - Angleterre. © Tomas Stevens / ffgolf

La réaction était attendue. Voulue. Ardemment désirée par un collectif français conscient, à la fois, des facteurs ayant conduit à sa situation précaire (quatre points de retard après la première demi-journée), et de l’ampleur du défi qui l’attendait, ce dimanche. Cette réaction est venue, dans une deuxième journée du Match France – Angleterre Messieurs où les Tricolores ont inscrit 7 des 12 points disponibles. Seulement, elle n’a pas pu gommer l’intégralité de l’avance prise par l’équipe d’Angleterre, qui remporte donc l’édition 2026 de cette rencontre biennale, sur le score de 13 à 11.

Le réveil français

La session de foursomes de samedi, intégralement remportée par les Anglais, avait mis d’entrée les Français dans le dur, confinant leurs espoirs de victoire dans un court espace. Mais il faut croire que la promiscuité subie est motrice du groupe. Faire repartir l’ascenseur dans l’autre sens passait par le fait de remporter, impérativement, la seconde session de doubles, dimanche matin. Pour ce faire, l’alignement tricolore avait été changé, avec notamment la présence de Tom de Herrypon et Lev Grinberg dans le match de tête. Les deux ont fait du très bon travail, ne concédant aucun bogey en 17 trous, et capitalisant sur les quelques erreurs de Jake Sowden et Eliot Baker, qui s’inclinaient 2&1.

De la même manière, Octave Bailo et Noa Auch-Roy ont pris le dessus sur Ben Bolton et Lewy Hayward, après avoir été menés à l’aller, mais en s’étant montrés plus consistants sur le retour, pour l’emporter 3&2. Le scénario aurait pu être analogue pour Tao Pemerika et Callixte Alzas dans le dernier match, mais le cumul de quelques occasions de birdies laissés en route et de quelques bogeys anglais non sanctionnés les a conduits à s’incliner d’un seul trou.

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Hugo Le Goff et Oscar Couilleau sont ressortis du plus beau match de la matinée avec le demi-point du match nul. © Tomas Stevens / ffgolf

Le plus beau duel de la matinée était à chercher dans le match n° 2. Une confrontation où ni la paire formée par Oscar Couilleau et Hugo Le Goff, ni celle constituée de Jamie Van Wyk et Tom Osborne n’a pris plus d’un trou d’avance. Lorsque trois trous sont partagés au birdie en un seul match, sur un Vineuil Old Course qui avait revêtu ses plus taquines positions de drapeaux, cela en dit long sur la qualité du golf produit. Le partage du 16 au birdie, notamment, a pesé lourd dans le fait que ce match s’achève sur un score nul, établissant celui de la rencontre à 9,5 à 6,5 en faveur des Anglais, avant les huit derniers simples.

La lutte jusqu’au bout

L’après-midi a commencé par la mauvaise nouvelle du forfait de Ben Bolton, blessé, et ne pouvant disputer le match qui devait l’opposer à Hugo Le Goff. Ce point a ainsi été attribué à l’équipe de France, qui se plaçait ainsi à deux longueurs de l’Angleterre, avec sept matches sur le terrain. Le Goff s’est mué en caddie de son camarade Lev Grinberg, mené de trois trous à la fin de l’aller, mais qui a pleinement fait jouer son talent dans les renversements de situation. La meilleure illustration est arrivée au 13, lorsqu’il a rentré un long putt pour birdie pour passer devant pour la première fois du match. Son birdie du 17, en rentrant à 6 m, a scellé son duel face au n° 1 anglais Eliot Baker.

Tom de Herrypon a livré du golf de qualité face à Tom Osborne. Avoir prolongé le match jusqu’au 17, alors que son adversaire avait rentré quatre birdies en cinq trous à l’aller, n’est pas le moindre de ses mérites. Néanmoins, le point est allé dans l’escarcelle anglaise, 2&1. Oscar Couilleau a eu la même pente à remonter, en étant 3 down après huit trous. Mais le match a complètement tourné en sa faveur en l’espace de six trous, pour une victoire 3&2 du gaucher de Saint-Nom.

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Tao Pemerika a porté l'équipe de France tout près du succès, en gagnant son match en simple. © Tomas Stevens / ffgolf

La rencontre était alors entrée dans sa phase décisive, avec une équation simple. Callixte Alzas étant largement mené par Luke Jenkins dans le dernier match (il a fini par s’incliner 5&4), cela laissait Noa Auch-Roy, Octave Bailo et Tao Pemerika sur le terrain. Une victoire des trois joueurs signifiait un succès global des Français. Un match nul et deux victoires conduisait à une égalité 12-12, et donc à la conservation du trophée par les Tricolores. D’où un frisson général parmi les amateurs présents au bord des greens.

Tao Pemerika a fait faire un pas supplémentaire à l’équipe de France vers la chantilly renversée. Trois trous gagnés consécutivement, du 14 au 16, ont donné au joueur du Golf de Cornouaille, qui honorait sa première sélection en équipe de France Messieurs, la victoire face à Max Hopkins, 2&1. Tous les espoirs étaient permis à Noa Auch-Roy, all square au départ du 18 face à Jake Sowden. Le joueur de Mionnay se fendait d'un troisième coup de qualité, se laissant une bonne chance de birdie. Mais que dire de celui du joueur anglais, dans le rough épais à gauche avec très peu de green pour arrêter la balle, et qui parvenait néanmoins à se mettre à la même distance que son adversaire. Les birdies échangés, les deux hommes se serraient la main sur un score de parité.

Seulement, dans le même temps, Octave Bailo, face à Jamie Van Wyk, avait perdu le trou 17 pour passer 1 down. Ne pouvant donc faire mieux que match nul, cela voulait dire que le chemin vers le succès n'existait plus pour l'équipe de France. La victoire de Van Wyk établissait le score final à 13-11 en faveur de l'Angleterre. Rendez-vous dans deux ans de l'autre côté de la Manche.

Well played, England. © Tomas Stevens / ffgolf