La joueuse de Domont-Montmorency est devenue championne de France amateur, dimanche dernier, en battant Melliyal Schmitt en finale. Un succès en récompense du travail accompli pour une joueuse fière d’être performante à la fois chez les valides et dans les compétitions paragolf. Rencontre.

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Margaux Bréjo, multiple médaillée dans les compétitions internationales pour sourds et malentendants, et désormais championne de France amateur Dames toutes catégories. © CPSF / B. Lorinquer

Vous venez de devenir championne de France Dames. Qu’est-ce que cela vous fait ?
Franchement, c’est le travail qui paie, comme j’aime bien le dire. Ça a été deux années compliquées, j’avais du mal à prouver mon niveau entre mon ranking français et mon ranking mondial, à montrer que j’étais capable de certaines choses. Je me mettais un peu trop la pression en cherchant à être trop parfaite. J’ai appris beaucoup en partant aux États-Unis, à garder les choses simples, à jouer les bonnes zones sur les parcours, à être satisfaite de choses plus simples et à arrêter de chercher le coup parfait. En faisant ça, j’ai mieux joué, j’ai été plus confiante dans mes coups. Mentalement, j’ai beaucoup travaillé pendant un an, j’ai fait 1 h 30 à 2 h de préparation mentale par semaine dans ma fac. C’était tout en anglais donc c’était un peu particulier (rires), mais ça a marché. En même temps, j’ai vu un thérapeute pour parler un peu de la vie tout autour, et m’aider à allier le golf et le reste.

Avant cette semaine de Championnat de France amateur Dames à Dinard, vous sentiez déjà que ça allait mieux ?
Exactement. Je suis rentrée en France il y a un mois et demi, et on a gagné notre 3e division avec mon équipe de Domont-Montmorency. Je sais que mon jeu est meilleur, j’ai moins de déchets sur le parcours, je suis plus confiante, j’ai une façon de me parler aussi qui est beaucoup plus positive. Ça a une grosse répercussion sur mon jeu, et j’en suis fière.

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Margaux Bréjo (à gauche), la main sur la coupe Pierre Deschamps, dimanche à l'issue de sa finale face à Melliyal Schmitt. © ffgolf

Anne-Lise Caudal, coach et mentor

Quel a été le moment clé de votre semaine ? Votre victoire au 19e trou contre Clémence Cadéac en huitième de finale ?
Il y en a eu deux. Le 19e contre Clémence effectivement, on a fait un super match, j’étais 3 up après 15 trous, et elle est remontée. Je voyais déjà le scénario de perdre au premier trou de play-off alors que tout allait bien. Au 19e trou, je rentre 6 m pour birdie, et là, je me suis dit que c’était bon, j’avais passé une journée de match play, et maintenant il fallait aller chercher la deuxième. Et donc, le lendemain matin en quart de finale, contre Tina Genoulaz, j’ai joué une sortie de bunker au 18 qui a tapé le piquet et qui a fini donnée. Si elle ne prenait pas le mât, je pouvais faire bogey et repartir en prolongation, et le scénario aurait pu recommencer. Donc ces deux matches étaient très intenses. Et par la suite, ça s’est surtout joué sur la fatigue de la semaine, il fallait faire le moins d’erreurs et de déchets possible, et laisser mes partenaires de jeu se fatiguer elles-mêmes.

Vous avez changé de club en février dernier, passant de Fontainebleau à Domont-Montmorency. Qu’est-ce que cela a pu changer pour vous ?
J’ai développé un côté un peu leader avec l’équipe de ma fac de Georgia Southern, aux États-Unis. Je voulais pouvoir apporter de l’expérience à des joueuses moins expérimentées, plus jeunes, pour que tout le monde puisse prendre un peu de ce que j’ai appris aux États-Unis. Et puis mes sponsors, aussi, sont à Domont-Montmorency. Par respect pour eux, je ne me voyais pas jouer dans un autre club. Je remercie vraiment Fontainebleau pour tout ce qu’ils m’ont donné ces cinq dernières années, j’ai joué sur le meilleur golf de France pendant cinq ans. Mais Domont est un club avec de plus grandes ambitions sportives, notre équipe féminine vient de monter de troisième en deuxième division, et nous avons pour objectif de monter en Golfers’ dans les deux prochaines années. Il y avait quand même trois joueuses de Domont en quart de finale cette semaine dans ce Championnat de France (avec Justine Bayle et Manon Heil-Zaskurski, NDLR), donc on peut avoir une très belle équipe dans les prochaines années.

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Margaux Bréjo faisait partie des joueuses amateurs invitées, le mois dernier, au Jabra Ladies Open de France. © Tristan Jones / LET

Quel va être le programme pour la suite de votre été ?
Je vais jouer le Grand Prix de Cély (27-28 juin), puis la Biarritz Cup (23-26 juillet). J’ai fait le choix de ne pas jouer le Championnat d’Europe individuel Dames (22-25 juillet), parce que j’ai aussi envie de profiter de ma famille. Ma saison est très concentrée aux États-Unis, et la France c’est surtout pour bien travailler techniquement, avec ma coach et mentor Anne-Lise Caudal. On s’est vues au Jabra Ladies Open de France, je n’ai pas passé le cut, on a fait une séance technique de 2 h toutes les deux, et ça a payé sur cette semaine, donc je la remercie aussi. Avoir une personne qui me porte autant et qui a cette envie de transmettre, je n’avais encore jamais connu ça. Cette semaine, elle m’a appelé tous les midis après mes matches, et c’est exactement la relation joueuse - coach que je cherche. On verra quels seront ses projets à l’avenir, mais pour l’instant, c’est très cool comme ça.

En parallèle de vos compétitions chez les valides, vous jouez également régulièrement dans des compétitions pour sourds et malentendants, car vous êtes vous-même malentendante. Qu’est-ce que votre performance de cette semaine montre, selon vous ?
Qu’on peut être championne de France, c’est un truc de ouf ! (sic) J’en ai fait ma force, et j’en suis fière aujourd’hui, parce que ça paye la médaille, la coupe et le nom gravé dessus.