Auteur d'un doublé Ganay-Léglise historique, Octave Bailo revient sur la semaine de rêve qu'il a vécue à Cabot Bordeaux, avant de se projeter vers de nouvelles échéances.
Comment vous sentez-vous au terme d'une semaine très longue, mais couronnée de succès ?
Je suis très content ! La qualification et les matchs sont deux formules totalement différente, et même si j'ai gagné la qualification, il a fallu jouer chaque match à 200 %. C'est la beauté de cette formule : on peut tomber n'importe quand sur quelqu'un qui joue très bien ce jour-là, et se faire sortir... J'ai gagné mon quart de finale en play-off, et cette victoire m'a fait beaucoup de bien car par la suite, j'ai réussi à jouer en étant très relâché. Ma mère était là toute la semaine, mon père est descendu hier soir pour voir la finale, mais j'étais tout seul sur le parcours toute la semaine. J'aime bien être dans ma bulle, fonctionner en solo pour faire les choses à ma manière, donc je me suis tenu à ma façon de faire jusqu'au bout, et ça a bien marché.
Votre adversaire en finale, Davon Duboc, vous a opposé une belle résistance en emmenant le match jusqu'au 34e trou. Comment analysez-vous ce match ?
J'étais un peu surpris de le retrouver en finale car il est très jeune, mais j'ai essayé de jouer en déroulant mon jeu, de la même manière que je l'aurais fait contre n'importe quel adversaire. En tout cas, il ne fallait pas sous-jouer car s'il est arrivé jusque là, c'est qu'il avait sorti tout le monde avant, et donc qu'il avait très bien joué ! Je pense que l'expérience m'a permis de prendre le dessus à un moment, et de mieux gérer la pression sur les moments un peu chauds.
Que représente à vos yeux ce titre de champion de France ?
C'est un titre unique, car ça veut dire en quelque sorte qu'on est à la tête du pays, qu'on représente sa nation au plus haut. Je suis hyper fier de ce titre, après lequel je courais d'ailleurs depuis un petit bout de temps. Finalement, c'est en sortant de résultats un peu moins bons avant le championnat, par rapport aux années précédentes, que c'est tombé. C'était ma troisième Ganay, j'avais raté le cut la première fois et j'étais sorti en seizièmes l'an dernier, donc c'est génial de cocher les deux cases en une seule fois !
Dans le jeu, à quoi devez-vous principalement votre réussite cette semaine ?
J'ai très, très, très bien putté, et alors que c'était un de mes points faibles auparavant, ça m'a énormément aidé de putter aussi bien, surtout quand on est passés au match play. J'ai un peu galéré avec mes fers pour me mettre très proche des drapeaux, mais vu que j'ai eu un bon putting ça a compensé : je n'étais pas obligé de me mettre à 2 mètres pour espérer rentrer des putts ! Les greens étaient très bons cette semaine, assez fermes et roulants, donc c'était un plaisir de putter dessus. Ça fait du bien de rentrer des putts de loin, et surtout ça fait mal à l'adversaire.
Quels sont vos échéances à court et moyen terme ?
Ces deux prochaines semaines, je joue les Internationaux d'Italie puis la coupe Cachard à Saint-Cloud, après quoi j'aurais quinze jours de break pour préparer la Gounouilhou, que je jouerai sous les couleurs de mon nouveau club de Terre Blanche. Je suis désormais basé là-bas et je m'y entraîne avec Jean-François Lucquin. Pour cet été, le programme n'est pas encore définitivement établi, mais j'espère faire partie de l'équipe de France Messieurs pour les championnats d'Europe : c'est une possibilité qui se réalisera en fonction des résultats, donc je vais me concentrer sur mon jeu lors des prochaines compétitions, et si je fais ce qu'il faut il n'y a pas de raison que ça n'arrive pas. Cela dit, il y a beaucoup de très bons joueurs qui peuvent prétendre à l'équipe de France, donc le principal est de me concentrer sur moi-même. À plus long terme enfin, j'ai comme idée de tenter les Cartes du DP World Tour en fin d'année. En tout cas, c'est dans un coin de ma tête et je me déciderai selon la façon dont se déroule ma saison. Je ne me donne pas de date fixe pour passer pro : je ferai au feeling selon si je me sens prêt ou non, mais je suis aussi ouvert à la possibilité de faire une ou deux années de plus en tant qu'amateur.
Davon Duboc : « Je ferai mieux la prochaine fois ! »
« Je suis très content de ma semaine. Même si je joue très bien depuis quelque temps, je ne m'attendais pas à aller aussi loin pour ma première Ganay. Je m'étais juste fixé pour objectif de passer le cut. Je suis forcément un peu déçu de terminer sur une défaite, mais c'est quand même chouette d'être allé jusqu'en finale à mon âge. En tout cas, des journées comme ça, avec de l'enjeu, de la pression, du monde qui suit, c'est vraiment génial à vivre. Je ferai mieux la prochaine fois ! »
