Premier des deux Play-Offs du DP World Tour, l'Abu Dhabi Aldar Championship réunit à partir de jeudi au Yas Links les meilleurs joueurs de la saison. Sept Français seront de la partie : tous visent la finale à Dubaï, mais pas tout à fait avec la même feuille de route.

Martin Couvra est l'un des sept Français engagés dans le premier Play-Off du DP World Tour à Abou Dabi. © Philip Fong / AFP

En janvier 2015 à l'Abu Dhabi Golf Club, Gary Stal s'offrait l'un des plus beaux trophées de sa carrière en s'imposant par un coup d'avance sur un certain Rory McIlroy. Onze ans plus tard, le décor a quelque peu changé, les appellations aussi, mais le prestige de l'événement est le même. Passé depuis deux ans de janvier à novembre et déménagé au Yas Links, l'Abu Dhabi Aldar Championship (5-8 novembre) n'est plus une simple étape des Rolex Series, il est la première levée des DP World Tour Play-Offs, le sas qui mène à la grande finale de la saison. En ce sens, le principe y est simple : le champ est réservé aux 70 premiers de la Race to Dubai, complété par les suivants en cas de forfaits, et seuls les 50 premiers à l'issue de la semaine poursuivront l'aventure au DP World Tour Championship. Entre les deux, pas de cut : quatre tours et des points à distribuer jusqu'au dernier putt de dimanche.

Ils sont six Français à avoir validé leur billet sur le terrain « dans les règles » : Martin Couvra, Julien Guerrier, Frédéric Lacroix, Victor Perez, Antoine Rozner et Tom Vaillant. Un septième a quant à lui bénéficié des indisponibilités/forfaits des autres. La semaine passée, Ugo Coussaud a eu le plaisir d'apprendre qu'il rejoindrait ses compatriotes pour sa troisième apparition consécutive dans cet événement. Une délégation tricolore conséquente mais pas à son maximum puisqu'en 2018, ils étaient neuf à avoir fait le voyage dans cet Émirat (le tournoi n'était alors pas installé comme un Play-Off).

Perez sur ses terres, Guerrier en joue

Si un Français connaît le chemin de la victoire sur ce tracé devenu hôte habituel du tournoi, il s'agit bien de Victor Perez. En 2023, huit ans après Stal, il s'y était imposé à son tour, devenant le dernier Tricolore en date à inscrire son nom au palmarès. Avec, en point d'orgue, une sortie de bunker mémorable au 17 lors du dernier tour. Ce retour, le Tarbais l'effectue avec une saison aussi courte que réussie dans les bagages. Engagé sur le LIV Golf la majeure partie de l'année, il n'a disputé que neuf tournois européens cette saison, suffisants tout de même pour pointer au 53e rang de la Race to Dubai. Comme Antoine Rozner (64e), Tom Vaillant (65e) et Ugo Coussaud (77e), il lui faudra bien performer pour prolonger sa saison avec la finale. Mais au contraire de ses compatriotes, sa position au classement général lui impose un exploit moindre.

Dans une situation similaire, Julien Guerrier et Frédéric Lacroix ont la quasi-garantie d'être parmi les acteurs de Dubaï si l'on se réfère au seuil de l'an passé. Avec 1186,14 points et 1166, 97 points cumulés cette année, les deux hommes ont déjà dépassé le pécule de Brandon Robinson Thompson, qui avait été l'ultime qualifié en 2025 avec 1020 points. Nuance tout de même, à titre de comparaison, Ewen Ferguson, l'actuel détenteur de la 50e place, affiche déjà un total de 1044 points avant le coup d'envoi de jeudi. Il faudra donc que les Français s'assurent tout de même de contenir les hommes qui se trouvent derrière leur 40e et 42e place actuelle au classement général. Motivation supplémentaire pour Guerrier, le Rochelais peut s'attaquer à une autre conséquence d'une bonne performance cette semaine : reprendre sa place de meilleur Bleu à l'ordre du mérite. Premier sur la majorité de la saison, le vainqueur de l'Estrella Damm Andalucía Masters en 2024 s'était fait dépasser mi-octobre par Martin Couvra au terme du Genesis Championship.

Couvra peut finir fort

À 23 ans, voilà Martin Couvra 27e de la Race to Dubai, et le seul Français déjà assuré de disputer la finale. Pour sa deuxième année sur le circuit, le Varois a encore la possibilité de terminer haut et, pourquoi pas, de faire mieux que sa 19e place finale de l'an dernier. Avec deux Rolex Series en deux semaines et de nombreux points à distribuer, la possibilité d'une seconde excellente année se fait plus grande.

Les cadors aussi ont leurs enjeux

Les Français ne sont pas les seuls à avoir coché cette semaine sur leur agenda. Jon Rahm vise à Abou Dabi un cinquième titre en Rolex Series, ce qui lui permettrait d'égaler Tyrrell Hatton. Quant à Rory McIlroy, il court toujours après une première victoire dans ce tournoi, où il a terminé quatre fois deuxième. Dont celle de 2015, derrière Gary Stal.