Malgré une saison sans résultat de référence, Adrien Saddier estime que l'expérience acquise sur le PGA Tour cette année peut lui permettre de franchir un nouveau cap. En attendant, il est revenu en France pour trois semaines avant de prendre part à trois tournois du DP World Tour, dont le FedEx Open de France sur le tout nouvel Albatros du Golf National.
C’est en montant à Tignes en famille ce mercredi 12 août pour un stage d’oxygénation d’une semaine en compagnie de son préparateur physique attitré, David Baudrier, qu’Adrien Saddier nous a accordé un entretien d’une douzaine de minutes par téléphone. Revenu en France lundi matin après avoir grimpé dans un vol de nuit dimanche en provenance des États-Unis, le Haut-Savoyard va recharger les accus afin de préparer au mieux une campagne en Europe durant tout le mois de septembre. La suite ? Rien n'est encore définitivement arrêté...
Quel bilan faites-vous de cette saison régulière sur le PGA Tour qui a pris fin ce dimanche 9 août au Wyndham Championship ?
On va être honnête, le bilan est plutôt négatif. Je finis au fin fond du classement (177e de la FedExCup), je n’ai pas fait de réelle perf’ en 17 tournois joués (39e au Texas Children’s Houston Open le 29 mars comme meilleur résultat). Donc, oui, c’est négatif !
Qu’est-ce qui a été le plus frustrant à gérer durant ces sept premiers mois sur ce circuit ?
Sans hésiter, cette blessure au dos. J’ai joué assez diminué durant deux mois. Ce n’était pas évident à gérer. Je n’étais pas à 100 %. Après l’open d’Italie (fin juin sur le DP World Tour), j’ai joué sous infiltration. L’effet peut durer de six à douze mois. Là, le dos va nickel. Je me sens beaucoup mieux. Cette blessure m’a mis dans le dur puisque pendant deux mois, je n’ai pas pu m’entraîner comme avant. Physiquement d’abord mais aussi au niveau golf où j’ai dû faire pas mal de concessions.
Le fait de ne pas avoir franchi le cut dans les trois Majeurs que vous avez disputés cette saison constitue-t-il aussi une déception ?
Honnêtement, au moment du PGA Championship, si ce n’est pas un Majeur, je ne joue pas ce tournoi. J’avais encore mal. L’U.S. Open, j’étais encore dans le dur mais je n’ai pas très bien joué non plus. C’est là où j’aurais pu mieux faire. C’est là où j’avais le plus de chances de faire un cut. Quant au British, j’ai eu deux, trois soucis à la maison et je n’étais pas à 100 % dedans. À chaque fois, j’ai été embêté par des soucis. C’était compliqué de performer dans ces tournois où on doit être à chaque fois à 100 %.
Y-a-t-il malgré tout des points encourageants sur lesquels vous pouvez vous reposer pour cette fin de saison ?
Je dirais l’expérience de pouvoir côtoyer les meilleurs, d'avoir joué avec certains d’entre eux. Là, j’ai joué dimanche (au dernier tour du Wyndham Championship) avec Cameron Young. La semaine d’avant, à Détroit, j’ai joué avec Russell Henley... J’ai pu m’approcher de ces gars-là et de voir ce que, eux, faisaient en mode tournoi. C’est le gros point positif de cette année. Avoir pris de l’expérience là-dessus. D’avoir pris des infos sur eux...
Vous attendiez-vous à souffrir autant en termes de résultats sportifs ?
Non. Je pense que j’ai les armes pour le PGA Tour. L’ambiance golfique est beaucoup plus élevée que sur le DP World Tour. Le champ est très fort. Ils (les joueurs) arrivent à sauver les erreurs que moi je ne parvenais pas à sauver. Il faut scorer à chaque fois bas sur des parcours qui ne sont pas si faciles que ça. Au Wyndham, même si ce n’est pas un parcours long, quand on manquait le fairway, on était vraiment dans les choux. Voir le cut à -3, qui a même failli passer à -4, ça montre que c’est très fort là-bas...
Vous sentez-vous néanmoins plus fort dans votre jeu de golf que lorsque vous avez découvert le PGA Tour en janvier dernier ?
Je dirais que oui... Comme je l’ai dit, j’ai appris beaucoup de choses. J’ai appris aussi à serrer un peu les vis dans ces moments-là, à essayer de me tourner, malgré des parcours difficiles, sur des stratégies assez agressives, comme eux (les meilleurs) le font. Une sorte de lâcher-prise sur deux, trois moments où il faut continuellement agresser le parcours pour faire un maximum de birdies. C’est toute cette expérience de jeu que j’aie acquis sur ces tournois...
Karine Icher expliquait récemment que pour réussir vraiment aux États-Unis, il fallait y vivre à l’année. Ces aller-retours entre la France et le PGA Tour vous ont-ils pompé un peu trop d’énergie ?
Je peux comprendre ce qu’elle dit. Après, chacun a son point de vue. Quand on regarde au final les mecs qui se trouvent dans ma catégorie (ceux qui ont bénéficié des dix spots du PGA Tour via la Race to Dubai), ils n’ont pas tous bien performé non plus. Cela ne fait pas tout. Je pense qu’il faut trouver son équilibre. Honnêtement, ce n’est pas un pays où je rêve d’habiter. Après, est-ce que j’aurais pu rester entre deux tournois une semaine de plus plutôt que de rentrer (en France) ? Peut-être... Mais rester constamment là-bas, aux Etats-Unis, ce n'est pas une vie qui me plairait.
À l’issue de la saison régulière, vous pointez à la 177e place de la FedExCup. Quel va être désormais votre objectif ? Tout axer sur les tournois de la FedExCup Fall ?
Là, je suis un peu fatigué nerveusement. Les deux mois où j’ai joué blessé m’ont bien pompé. Ce qui est sûr, c’est que je vais prochainement jouer trois tournois sur le DP World Tour. À savoir Crans (Omega European Masters, 3-6 septembre), Wentworth (BMW PGA Championship, 17-20 septembre) et Paris (FedEx Open de France, 24-27 septembre). Ensuite, pour être totalement honnête, c’est le flou. Je vais déjà prendre soin de moi lors des trois prochaines semaines. Voir aussi comment est mon jeu sur ces trois tournois, et après je verrai en fonction de tout ça..
Beaucoup de tournois des Falls Series et du Back 9 sur le Tour européen se font face dans le calendrier...
Oui, j’ai vu ça. Je ferai le point après les trois tournois, en fonction de mon jeu. Et puis, on ne sait jamais, si je fais trois bonnes semaines qui me relancent sur le DP World Tour... On verra comment tout ça se présente. Si ça fonctionne bien, pourquoi pas finir en Europe ? Si mon jeu est bien, pourquoi pas aller tenter les Fall (Series) ? Je verrai tout ça après l’Open de France. Je me suis inscrit à tous les tournois, d'un côté comme de l'autre. À l’exception du tournoi aux Bermudes (Butterfield Bermuda Championship, 22-25 octobre). On m’a dit que c’était cataclysmique là-bas. L’an dernier, ils ont joué dans une tempête de vent. Chaque année, la météo est compliquée. Celui-là, c’est sûr que je ne le jouerai pas.
Allez-vous continuer l’aventure avec votre caddie actuel, Charlie George ?
Oui ! On s’entend super bien. C’est une très bonne relation. Il n’y a pas besoin de changer là-dessus. Il sera avec moi à Crans, à Wentworth et aussi au Golf National.
Revenir en Europe, cela représente-t-il également pour vous une certaine bouffée d’oxygène ?
Je ne sais pas... Mais rejouer Crans et l’Open de France, qui sont les deux tournois que j’apprécie le plus, ça va me faire du bien. Crans, c’est mon tournoi. J’ai hâte d’y être. On va retourner à Wentworth où j’ai forcément de bons souvenirs, et puis l’Open de France... Jouer avec le clan français au Golf National sur le nouveau parcours de l'Albatros, ça va être sympa.