La Biarritz Cup, créée en... 1899, n’a jamais été aussi jeune. Au programme de l’Alps Tour depuis l’an passé, elle regroupe le top 50 de la troisième division européenne et cinquante des meilleurs joueurs amateurs français. Avec en guest star, Victor Dubuisson, le tenant du titre !
La seizième étape de l’Alps Tour coïncide avec la Biarritz Cup by ARKEA, l’un des plus anciens et des plus prestigieux tournois amateurs en France. Si ce n’est le plus grand. Ce n’est pas Philippe Sabarros, le président de l’Association des golfs de Biarritz, organisatrice de l’événement, qui dira le contraire. « Cela fait 127 ans que la Biarritz Cup existe, souffle-t-il, très fier. Et elle se porte comme une jeune fille. Nous en sommes très heureux, pour plusieurs raisons. Il y a bien sûr la Biarritz Cup, mais en amont il y a les troisième et deuxième séries, qu’on appelle Trophée Golf Plus et Town Cup Volvo. Traditionnellement, cette compétition avait trois séries quand elle avait été créée. On fait participer plus de 450 joueurs. Ce n’est pas rien. Tout cela étalé sur neuf jours. On démarre le 18 juillet et tout cela s’achève le 26 juillet. »
Stoppée durant la Première Guerre mondiale, la compétition a été relancée au tout début des années 20 et s’est forgée une très forte réputation qui a largement dépassé les frontières, permettant la venue de nombreux joueurs étrangers, espagnols – l’Espagne n’est qu’à quelques kilomètres – mais également anglo-saxons. Il a toutefois fallu attendre 1934 pour voir un Français s’imposer pour la première fois : Jacques Léglise. Ont suivi d’illustres golfeurs comme Henri de Lamaze, l’un des rares Tricolores à avoir disputé le Masters, Guy d’Arcangues ou encore Gaëtan Mourgue d’Algue.
Premier Grand Prix amateur de France
La Biarritz Cup s’est jouée tous les ans jusqu’en 1970 avant de s’arrêter brutalement. Sous l’impulsion d’Éliane Bidegain, garante des archives du golf de Biarritz, et d’Alain de Soultrait, ancien directeur du Challenge Tour, elle a été réintroduite en 1978. « Cette compétition est redevenue le premier Grand Prix amateur de France », se félicite Philippe Sabarros.
Pour rendre encore un peu plus attractif ce rendez-vous, la direction du tournoi a concocté cette année quelques nouveautés. « Notamment une qualification pour les amateurs qui ne rentraient pas dans le champ du tournoi, souligne Philippe Sabarros. Plus précisément des amateurs qui se trouvent au-delà de la cinquantième place du classement national, mais aussi les amateurs qui étaient au-delà de la 1500e place mondiale. Cette qualification a eu beaucoup de succès. On a mis en jeu neuf spots pour la Biarritz Cup sur un total de trente-quatre joueurs inscrits. Il y a eu cinq joueurs à -3 en play-off pour quatre places. La qualif’ s’est donc jouée très bas. »
Le champ de la Biarritz Cup by Arkéa (sur 54 trous du vendredi 24 au dimanche 26 juillet) cette semaine comprend cent vingt joueurs : soixante pros de l’Alps Tour et soixante amateurs. On y trouve aussi une catégorie féminine forte de trente-six unités, toutes amateurs avec un cut après deux tours (comme pour les hommes) qui retiendra douze joueuses pour le dernier tour.
Mais le clou du « spectacle » est indiscutablement la présence de Victor Dubuisson, déjà engagé la semaine passée à Chantaco au Championnat de France professionnel. « Il nous a fait l’honneur de revenir défendre son titre, se félicite Philippe Sabarros. Victor a quitté la compétition en décembre 2023. Il est revenu jouer l’an passé et cette année, il nous a rappelé pour nous indiquer qu’il venait défendre son titre. C’est formidable. Cela va drainer un peu plus de monde sur le parcours. L’an passé, déjà, avec lui on avait fait la différence. Le dimanche, on avait recensé plus de mille cinq cent personnes. »
Des noms illustres au palmarès
Le Cannois est venu s’ajouter ici à un palmarès déjà impressionnant. Quand on le consulte, on tombe par exemple sur José María Olazábal (1983) mais aussi Gonzalo Fernández-Castaño (2001), Michael Lorenzo Vera (2003), Álvaro Quirós (2004), Jorge Campillo (2007), Sébastien Gros (2008) ou encore Alejandro del Rey (2014). « C’est ce qui fait aussi la spécificité de la Biarritz Cup, prévient Philippe Sabarros. Je le répète, c’est le plus grand tournoi amateur en France. La Biarritz Cup a toujours été un passage obligé pour les meilleurs amateurs avant de franchir le pas du professionnalisme. Jon Rahm, par exemple, est venu chez nous, mais il n’a pas gagné. Il n’a même pas passé le cut. Antoine Rozner co-détient le record du parcours (59), mais lui non plus n’a pas gagné. »
« Cette année, nous avons les cinquante meilleurs du classement de l’Alps Tour, en cours, poursuit Philippe Sabarros. Nous avons aussi quelques joueurs de l’équipe de France Boys, et aussi vingt des cinquante premiers Français et dix-sept joueurs parmi les mille cinq cents premiers mondiaux. En 2024, par comparaison, on en avait trois et zéro. C’est ça la Biarritz Cup. Mélanger les jeunes amateurs prometteurs avec les pros qui démarrent sur l’Alps Tour. Cela les aguerrit, les uns comme les autres ! »