Victorieux aux Baléares, deuxième de la Road to Mallorca derrière le Danois Amish Brown, Julien Sale s’offre cette semaine une plage de repos bien méritée en famille sur l’île d’Oléron avant d’ouvrir un nouveau chapitre, le 26 novembre, en Australie, sur le DP World Tour cette fois.
C’est le moment de savourer pour Julien Sale. À fond ! Au lendemain de la plus belle saison de sa jeune carrière professionnelle, lancée fin 2022, conclue par une victoire à Majorque et une deuxième place sur l’HotelPlanner Tour le week-end passé, le Français recharge tranquillement les batteries en famille. Une parenthèse bienvenue après plusieurs mois de compétition intense.
« Je suis en vacances chez mes parents depuis lundi pour plus ou moins la semaine, souligne-t-il, détendu. Je ne vais pas vraiment jouer au golf. On va peut-être faire une partie. Il y a un neuf trous sur l’île qui est plutôt sympa, au bord de la mer. Mais sinon, il n’y aura pas beaucoup de golf au programme. En revanche, il y aura beaucoup de repos. »
2026 reste incontestablement l’année de référence pour le Réunionnais de 29 ans, domicilié en région parisienne. Outre ce finish incroyable sur le sublime parcours d’Alcanada, ses deux succès, au Vaudreuil début juillet puis à Majorque, l’ont clairement propulsé dans une autre dimension.
« L'objectif en début d'année, c'était de finir dans le top 15, avoue-t-il. L’objectif secondaire était de décrocher une victoire. J'ai réussi à faire ça cet été au Vaudreuil. Une victoire qui m’a donné beaucoup de confiance. En ajouter une seconde pour clôturer la saison en beauté lors de la finale, je ne pouvais pas rêver mieux. J’aurais bien aimé finir premier de la Road aussi. Ça aurait été la cerise sur le gâteau. »
Tout s’est joué sur un détail. Un putt pour birdie manqué sur le green du 18 par le Sud-Africain MJ Daffue. Si celui-ci avait trouvé la cible, c’est Julien Sale qui aurait succédé à Michael Lorenzo-Vera, dernier Français à avoir terminé la saison tout en haut du classement de cette deuxième division européenne. C’était en 2007.
« On m'a expliqué que tant qu’Amish Brown était seul deuxième, c'était lui qui finissait premier de la Road, explique-t-il. Mais si MJ Daffue terminait également deuxième ex aequo, c'est moi qui passais premier pour 0,54 point. Ça s'est donc joué à rien du tout. Mais je n'étais même pas au courant de ce scénario. Avec Patxi (Londaitz, son caddie), on pensait que, même en gagnant, j'avais assez de points pour finir premier. »
Une chose est sûre, cette semaine aux Baléares offre, au-delà de la victoire, une mine d’informations pour la suite de sa carrière, et notamment pour son ascension au plus haut niveau. Délesté de toute pression puisqu’il était déjà qualifié pour le DP World Tour 2027, le protégé d’Alain Alberti s’est tout de suite senti à l’aise et a pu, presque naturellement, délivrer un golf de très haute qualité.
Un putting masterclass
« J'étais beaucoup plus serein que certains concurrents, confie-t-il. Je savais que c'était fait. Alors j’ai essayé de profiter du parcours, de mes parents, de tout ce qui se passait autour. Je n'avais pas ce stress supplémentaire de devoir absolument obtenir un résultat. Je vais d’ailleurs en discuter avec tout mon staff, notamment avec Matthieu David, pour voir si ce n'est pas cette approche-là qu'il faudrait essayer de reproduire davantage l'année prochaine. »
Ce qui est certain, c’est qu’il peut continuer à s’appuyer sur un putting étincelant. Un secteur de jeu où il se sent particulièrement à l’aise et qui a encore fait merveille durant les quatre tours de la grande finale.
« C'est une de mes forces, confirme-t-il. En dessous de deux mètres, j'en rentre beaucoup. Le dimanche, j'ai fait les neuf premiers trous en dix putts. Et sur ce dernier tour, j'ai eu onze fois besoin d’un seul putt. C’est plutôt pas mal (rires) ! »
Pour être paré aux joutes bien plus intenses encore sur le Tour européen dans quelques semaines, le membre de la St Laurent Golf Team sait qu’il doit encore peaufiner son chipping, un compartiment de jeu très perfectible.
« C’est vrai, j’ai une grosse marge de progression dans ce secteur, qui demeure encore un peu irrégulier, juge-t-il. Les jours où je joue moins bien, c'est ce qui peut me permettre de sauver davantage de pars et de rendre des cartes plus solides. Le reste de mon jeu est plutôt solide. »
Sa deuxième place finale à la Road to Mallorca lui offre également plusieurs avantages importants pour sa première saison sur le DP World Tour. Outre un soutien financier destiné à accompagner les nouveaux promus dans leur transition vers l’élite européenne, soit environ 170 000 dollars, son classement lui garantit de jouer les plus gros tournois du circuit. Ce qui n’était pas forcément le cas les années précédentes pour les joueurs issus de l’HotelPlanner Tour.
« Cette année, seuls les 100 premiers de la Race conservent leur droit de jeu plein, rappelle Julien Sale. Ils étaient 115 l’an passé. Vu qu’il y a 15 joueurs de moins, cela facilite normalement l’entrée dans les tournois les plus relevés, dont les Rolex Series. Cela va me permettre, en passant si possible les cuts sur ces tournois-là, de marquer de gros points et ainsi de faciliter le maintien de ma carte en fin de saison. »
Pour mettre toutes les chances de son côté, il sera dès le 26 novembre à Sydney, en Australie, pour le premier tournoi de la saison 2026-2027 du Tour européen, le BMW Australian PGA Championship. Il prévoit de partir dès le vendredi 20 pour s’adapter au décalage horaire.
« La semaine prochaine, je remonterai à Paris et je reprendrai l'entraînement tranquillement, énumère-t-il pour conclure. La semaine du 16 novembre, j’irai voir Alain (Alberti), à Massane (34), pour effectuer les derniers petits réglages avant le départ en Australie. J’enchaînerai avec l’Australian Open, à Melbourne, puis avec l’AfrAsia Bank Mauritius Open. Mes parents seront là aussi à Maurice. On restera deux ou trois jours de plus avant de retrouver la France pour y passer les fêtes de fin d’année en famille. Je n’ai pas encore regardé le calendrier pour janvier, mais ce qui est sûr, c’est que je serai à Dubaï pour le premier Rolex Series de la saison. »