Le golf, le golf, toujours le golf. Et si, pour une fois, on parlait d'autre chose ? Avec Maxence Giboudot, on a découvert un paradoxe dans la passion pour la pêche, on a parlé de la vie dans le Jura, de la mort tout court et de caresser des dinosaures dans Jurassic Park.

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La pêche, les champignons, les Tuches, une journée parfaite pour Maxence Giboudot. © Octavio Passos / Getty Images - AFP

Déformation professionnelle oblige, on a tout de même abordé en prologue l’actualité sportive de Maxence Giboudot. En pleine bourre sur l’HotelPlanner Tour où il occupe le 5e rang du classement général derrière son compatriote Julien Sale, le joueur de 22 ans profite d’une rare semaine sans tournoi au calendrier pour passer un peu de temps chez lui à Cannes. Au détour de quelques rendez-vous médicaux pour soigner le physique, il a retrouvé son canapé, son lit et ne boude pas le plaisir d’avoir un chez lui, rien qu’à lui. Sur l’autoroute, il a donc fait de choix de répondre alors que le réseau était catastrophique. Quatre coupures dans une interview chaotique mais qui a amené une première question évidente.

Tu es chez quel opérateur ? Que l’on sache où ne pas prendre d’abonnement.
Je suis chez Free. C’est une catastrophe en France mais par contre, c’est fantastique à l’étranger. Je capte là où personne n’a de réseau.

Vu que tu es sur la route, quel est le plus bel endroit où tu as conduit ?
J’ai en tête un magnifique moment de conduite avec Martin Couvra à l’époque où l’on était au Centre de performance de Terre Blanche mais je ne peux pas raconter ça. En revanche, je pense que le plus bel endroit où j’ai conduit est en Corse. Quand on fait le trajet entre Bastia et Calvi, il y a une partie de la route qui passe au-dessus d’une plage (plage de l’Ostriconi, ndlr), qui est celle où a été tourné la série La Flamme d’ailleurs. Et c’est juste canon.

C'était comment la vie dans le Jura quand tu étais petit ?
Je me souviens avoir demandé il y a peu de temps à mon père ce que je faisais plus jeune parce que je ne m’en souvenais pas, bien que je savais que je ne jouais pas encore au golf. Et, en gros, la réponse était que j’étais dehors à faire des conneries. Je ne lisais pas de bouquins, je ne jouais pas aux jeux vidéos… je grimpais aux arbres, je jouais avec un bâton, je faisais du vélo, du foot. J’ai souvenir d’avoir cassé un vitrail de la chapelle de l’école primaire catholique où j’allais. Je ne suis pas sûr que mon père soit au courant de ça. Je n’ai pas souvenir de m’être fait engueuler. Après ça, ils n’ont même pas interdit les ballons à l’école parce que, quelques temps après, j’ai tiré dans la tête de la surveillante - sans le vouloir - avec une balle en mousse trempée… Voilà la vie dans le Jura.

Est-ce qu’on est obligé d’aimer le Comté ou le Morbier quand on est Jurassien ?
Alors non parce que j’adore le Comté et je déteste le Morbier. En revanche, le comté j’aime bien le fruité, donc plus jeune, alors que mon père préfère le plus vieux. Ce qui fait qu’à table, chacun a le sien et l’un ne mangera jamais celui de l’autre. Chacun son fromage et tout le monde est content.

En parlant de Jura, Sam Neill qui était l’acteur principal du premier Jurassic Park est décédé cette semaine. Ça t’a fait quoi ?
Je n’ai jamais vu Jurassic Park. Je ne suis pas du tout film de science fiction. Ni Star Wars, ni La Planète des Singes, ni Le Seigneur des Anneaux. Moi je suis plutôt Les Tuches. Ou alors une émission de Chasse et Pêche : j’en regarde une par jour je dirais.

C’est une grande histoire d’amour entre les golfeurs pros et la pêche. Tu es celui qui pratique le plus ?
En activité sur les circuits, je suis sûr et certain que oui. Par exemple au Danemark (fin mai, ndlr), les trois premiers jours je suis rentré à 20 heures parce que j'étais à la pêche pendant une à trois heures. Mon caddie s'inquiétait, il m'appelait pour savoir quand je rentrais ! J'y investis beaucoup de temps parce que je regarde plein de vidéos, et beaucoup d'argent avec le matériel donc je suis content quand ce travail paie avec un petit trophée : en l’occurence le poisson, que je relâche toujours après. Mais dans le genre, il y a un certain Victor Dubuisson qui est pas mal aussi.

Comment tu convertirais quelqu’un à la pêche ?
Je l’emmènerais avec moi tout simplement. Précisément, je l’emmènerais dans le spot que j’ai trouvé en Autriche. C’est le plus bel endroit où j’ai pêché et il y avait énormément de poissons. Et si ça, ça ne plaît pas… C’est que la personne a un problème irrémédiable. Parce que la pêche, c’est un moment très sympa à partager, tellement tranquille. Rien à voir mais, au cas où, je cherche un partenariat avec une marque de matériel de pêche. J’en casse tellement en voyage que ça peut me servir.

Un poisson, des montagnes et un Maxence heureux. © ffgolf

Et il y a une application que tous les pêcheurs utilisent ?
Le mode satellite de Google Maps, rien de mieux pour trouver des spots de pêche. Il y a une appli qui s’appelle Fishbrain aussi mais bon, quand tu es pêcheur, que tu trouves un coin bijou et bourré de poissons : tu penses vraiment que tu vas le partager avec les autres pour que tout le monde se ramène ? Au final, c’est chacun pour soi. Quand je vais pêcher avec quelqu’un, je marche toujours plus vite pour être le premier à arriver et avoir la priorité sur un spot. Tous les pêcheurs se reconnaîtront là-dedans. Entre pêcheurs, faut être vraiment très pote avec quelqu’un pour partager ses spots. Personnellement, si je te donne un lieu de pêche proche de chez moi, c’est que tu es dans mon cercle proche. C’est un comme donner une tâche de champignons. En parlant de ça, il y a un chêne près de chez mon père où poussent des trompettes de la mort au pied du tronc. C’est mon père qui me l’a montré et personne d’autre ne sait où c’est ; c’est un peu un héritage familial.

Pour en revenir à Jurassic Park, si tu étais dans le film, tu penses que tu serais mort dès le début ou que tu aurais survécu ?
Je serais mort d’un truc débile, c’est obligé. Je pense que j'aurais tenté de caresser un Triceraptor (sic) et je me serais fait bouffer. Quitte à mourir, autant le faire en tentant un truc plutôt que de faire comme tout le monde à construire un abris en bois et de mourir dedans tous en même temps. C’est ma philosophie de vie. Là, tu vois, je suis sur la route mais il faut je fasse différemment des autres donc je conduis plus vite. Si ça passe, tant mieux, sinon tant pis. Je n’ai pas du tout peur de la mort.

Tu ne t’inquiète pas du fait que tout s’arrête à un moment ?
Non. Je suis même plutôt curieux de le savoir ce qui se passe à ce moment-là ! (On lui répond qu’il n’en aura pas conscience). Tu ne sais pas, ça se trouve le corps s’arrête mais la conscience fonctionne toujours. Elle se réincarne peut-être, elle part peut-être sur une autre planète ou alors il ne se passe peut-être rien du tout. Je me suis fait un million de scénarios et je crois que j’aimerais qu’on arrive tous dans un endroit où on peut faire ce qu’ont veut : qu’on débarque dans Grand Theft Auto quoi (un jeu vidéo, ndlr) ou un endroit où on a réussi à régler tous les problèmes que la société peut avoir.