En collaboration avec l’agence de l’eau Seine-Normandie, le golf du Havre s’est lancé dans un vaste projet de modernisation de ses infrastructures pour repenser la gestion de l’eau.

Au golf du Havre comme partout ailleurs, la gestion de l'eau est un enjeu crucial. © Golf du Havre

Alors que la Fédération française de golf et l’agence de l’eau Seine-Normandie (AESN) ont renouvelé leur partenariat « Eau, climat & biodiversité » jusqu’en 2030, certains golfs illustrent déjà concrètement les bénéfices de cet accompagnement. C’est le cas du golf du Havre, situé à Octeville-sur-Mer.

Une prise de conscience accélérée par la sécheresse de 2022

Situé dans une région habituellement peu exposée au stress hydrique, le club normand a pourtant été confronté à ses lacunes lors de l’épisode de sécheresse intense de 2022. « On a vu les limites de notre système d’arrosage vieillissant, installé il y a près de 35 ans. Il arrosait mal, consommait plus que nécessaire et générait de la déperdition », explique son vice-président, Pascal Surreaux.

Si une réflexion existait déjà depuis plusieurs années, cette canicule a servi d’électrochoc. « Il fallait préserver les greens, mais notre système n’était plus à la page, notamment en matière de pilotage précis de l’arrosage et de capacités de stockage d’eau », poursuit-il.

Une approche globale pour repenser la gestion de l’eau

Mené en collaboration avec l’agence de l’eau Seine-Normandie, le projet s’est rapidement inscrit dans une démarche globale. « Les études en amont ont montré qu’il n’y avait pas que l’arrosage : il fallait aussi repenser le stockage de l’eau, la refonte complète du réseau, mais également travailler sur les graminées et les pratiques mécaniques », souligne-t-il.

Au total, le projet représente un investissement de plus de 1,1 million d’euros, dont 481 000 environ de subventions accordées par l’AESN. Ces aides ont notamment permis l’acquisition de matériel favorisant un travail mécanique plus précis des surfaces, ainsi qu’un travail approfondi sur les gazons.

Sur les greens, le choix s’est porté sur des agrostides communes et stolonifères, sélectionnées pour leurs faibles besoins en eau et leur résistance accrue aux maladies. Sur les fairways et les départs, des fétuques rouges demi-traçantes et traçantes, associées à du ray-grass, ont été implantées pour leurs capacités de régénération, leur tolérance à la sécheresse et leur résistance au passage des chariots et des golfeurs.

Le golf du Havre fêtera son centenaire en 2027. © Golf du Havre

Stockage, biodiversité et autonomie à long terme

Concrètement, l’ensemble du système de récupération des eaux a été repensé. Les eaux de pluie collectées sur l’ensemble du practice, notamment via le toit des boxes situé en point haut, sont dirigées vers une mare de pré-rétention d’environ 200 m³ au niveau du trou n°18. Elles s’écoulent ensuite vers le bassin historique du trou n° 10, d’une capacité de 800 m³, avant d’être stockées dans une réserve souple principale de 2000 m³. Démarrés fin août 2025, les travaux doivent s’achever fin février, voire début mars 2026, sous réserve des conditions météorologiques.

Au total, le golf disposera ainsi de 3000 m³ de capacité de stockage, contre 800 m³ auparavant, renforçant significativement son autonomie en eau. « L’objectif est d’augmenter nos capacités de stockage, mais aussi de renforcer la biodiversité du site. Cette mare s’inscrit pleinement dans notre volonté d’obtenir le label bronze du programme Golf pour la biodiversité », précise Pascal Surreaux.

Des résultats attendus dès le printemps

Si les résultats chiffrés ne sont pas encore mesurables, les bénéfices sont déjà clairement identifiés. « Nous ne sommes pas encore en phase de résultats, car les travaux ne sont pas terminés et la période actuelle n’est pas en tension hydrique. Les premiers effets se verront dès le mois de mai », indique le vice-président.

À terme, le golf vise un système plus performant, davantage de stockage, des gazons mieux adaptés et une biodiversité renforcée. « C’est un projet ambitieux que nous n’aurions pas pu mener seuls. L’agence de l’eau Seine-Normandie nous a accompagnés financièrement, mais aussi techniquement, en supervisant le projet pour éviter les erreurs. Notre objectif est d’être le plus autonome possible et de n’utiliser que l’eau que le ciel nous envoie », conclut Pascal Surreaux.