Accueil / Actus / Fédération / DTN / Pôles Espoirs mode d'emploi

Pôles Espoirs mode d'emploi

Le 16 avril dernier au Golf National, avaient lieu les pré-sélections des enfants, garçons et filles âgés de 13 à 15 ans, susceptibles d’intégrer l’un des quatre Pôles Espoirs de Montpellier, Toulouse, Antibes ou Chatenay-Malabry. Une journée forte en émotions et riche d’enseignements, surtout  pour les parents, mais aussi pour les enfants.

L’étape est cruciale, même si l’avenir d’un enfant ne se joue pas sur un coup de golf, mais plus à la manière d’une longue et périlleuse ascension vers les sommets d’une montagne.

Nous ne sommes plus tout à fait au pied de cette montagne, car les jeunes qui participent à ce week-end de sélection au Golf National, ont déjà brillamment franchi quelques cols. Quotidiennement confrontés aux exigences du haut niveau, ils en veulent toujours plus, même si l’air, insensiblement, commence à se raréfier. Motivés, passionnés, ils ont déjà franchi, des barrages, des haies, évité bien des pièges, rattrapé de ces erreurs qui forgent le caractère quand elles ne sont pas fatales.

La preuve, ce jour-là, pour décrocher leur sélection dans un des pôles Espoir, ils ne sont pas mille, ni cent, ni même cinquante. Ils sont trente pour 8 à 10 places maxi. La sélection est sans pitié.

Il suffit d’échanger avec eux pour comprendre que ces gamins sont déjà aguerris, déjà plus tout à fait comme les autres : les enfants "normaux", qui, n’ayant pas eu l’occasion de se découvrir une vocation, suivent un cursus scolaire classique.

Mais ceux qui sont présents au Golf National, avec leur mine resplendissante et leur relative assurance, on peut les prendre à rêver le jour, à rêver la nuit qu’ils sont (seront) des champions. De vrais pros. Qu’ils soulèveront des trophées devant des caméras dans le monde entier et pourront vivre de leur sport, certains comme des rois. Le ou le(s) parent(s) qui les accompagne(nt) n’en mènent pas large, même si la plupart affiche une décontraction de bon aloi.

Tous différents, ces adultes venus de toutes les régions de France, veulent tous la même chose : que leur enfant aille au bout de ses rêves. Ils sont prêts à beaucoup de sacrifices pour les y aider, financièrement, car on le verra "ça coûte" d’avoir un enfant déclaré sur la carrière de pro de golf, contrainte commune à la plupart des disciplines dès qu’on touche au haut-niveau.

Et puis aussi au plan affectif, avec cette question qui les taraude : où mettre le curseur entre d’une part, soutenir à fond leur fils, leurs fille dans son projet, lui apporter confiance en soi, réconfort, mais d’autre part, éviter de le surprotéger ou de le pousser, trop vite, trop fort, au risque de lui faire perdre ses moyens, pire l’envie. C’est fragile un enfant en pleine puberté, même s’ils ont l’air relax, comme ça, à s’échanger des infos sur tel trou, de tel golf du bout du monde, qu’ils ont eu la chance de jouer au travers de leur programme de jeu.

Le matin, les candidats au pôle ont fait les 18 trous de l’Aigle. Les responsables des pôles et autres entraîneurs fédéraux, physiques, préparateurs mentaux, - le staff fédéral au grand complet - les ont accompagnés au gré des parcours de chacun des enfants. Pas question ici de leur mettre la pression, même si chaque enfant sait qu’au bout du compte, il y aura peu d’élus, et qu’en outre, c’est peut-être le meilleur copain qui aura la dernière place. Ils veulent croire qu’un parcours médiocre n’est pas éliminatoire. C’est plus une question d’attitude, d’état d’esprit qui sert de révélateur. Et ils ont raison.  

« Ils sont assez neutres, témoigne le Théo, 14 ans, déjà dix années de golf derrière lui, index 5. Ils avaient l’air intéressé. Ils m’ont demandé quelles étaient mes motivations, ce que j’attendais du Pôle Espoirs, qui était mon entraîneur… » A côté de lui, la maman écoute son fils, l’un de ses trois enfants (celui du milieu). Elle le sait « mûr, motivé, autonome ». « Il gère bien l’école, 16,5 de moyenne », souligne-t-elle. Elle résume ce qu’elle attend d’une sélection en Pôle : « La même chose qu’à présent, mais avec des horaires aménagés. Il fait partie du club de Dijon Bourgogne. Nous finançons son coach, Benjamin Baron, il a aussi un préparateur physique, mental, etc. mais c’est difficile pour lui de suivre une scolarité dans un établissement normal, par rapport aux entraînements, aux compétitions. » Le lot de bien des jeunes dans un pays comme la France, contrairement aux pays anglo-saxons, ou scandinaves où l’après-midi est consacrée au sport. 

Golf et haut-niveau : « Nous, parents, on est là pour donner des ailes à nos enfants ; pas pour les garder chez nous. »

Si Théo n’est pas retenu – les intéressés seront informés du résultat une dizaine de jours après les journées de sélection – la famille a déjà un plan B dans une académie privée. Il faut ce qu’il faut : « Ce projet, je le veux pour lui, confie la maman, parce que c’est très clair pour lui dans sa tête. Et je n’ai pas peur. Théo est raisonnable, il s’adapte, il n’est pas influençable. Je lui fais totalement confiance. Ce n’est pas évident, la séparation, les obstacles qu’il va sans doute devoir affronter, mais il faut prendre sur soi quand le bonheur de nos enfants est en jeu. Nous, parents, on est là pour donner des ailes à nos enfants, pas pour les garder chez nous. » Le choix est judicieux, car Théo est jeune, s’il n’est pas pris cette année, il pourra retenter sa chance en Pôle l’année prochaine.

Bien chanceux les enfants dont les parents sont plus "accompagnants" que dirigistes. C’est le cas du petit Elliot, né également en 2001, 2.9 d’index, dont le père est pro de golf (enseignant) près de Grasse. Papa fait son mea culpa : « Au début, Eliott avait 2 ou 3 ans, je l’ai un peu poussé. Mais j’ai bien vu qu’il n’accrochait pas. Il était trop petit, je crois, il n’avait pas d’amis, il s’agaçait. Alors, je n’ai pas insisté, confie ce père qui reconnaît avoir plus projeté ses propres désirs que ceux de son enfant. Mais bien lui a pris de laisser Elliot faire ses choix car… « A l’âge de 7 ou 8 ans, il s’y est remis, avec des copains, et s’est vraiment investi totalement dans le golf. Sur le coup, je ne m’en suis même pas aperçu ! Ce fut une sacrée surprise ! A présent je suis son coach, c’est lui qui le souhaite, ça se passe très bien. Il demande des conseils aux autres pros, à Cyril Guyon, notamment. Il ne sait pas faire un gâteau au chocolat, il se demande si Baudelaire c’est un poète ou un rappeur, mais au moins, il vit sa passion à fond, il est heureux et c’est son projet, pas le mien ! »

« Je veux être pro, affirme Elliot qui suit sa scolarité à Sophia Antipolis, et cela passe par Antibes (le Pôle Espoirs le plus proche de chez lui où il serait alors élève externe) ou ailleurs. Je suis prêt à venir à Paris. Parce que je me connais, j’ai besoin d’être encadré. Tout seul, c’est trop dur, je ne suis pas assez responsable, je ne sais pas encore m’occuper de moi-même. Il faut que j’apprenne tout ça. »

"Tout ça", au fond, c’est quoi ? C’est tout un programme ! Dans tous les sens du terme. Et une heure c'était à peine suffisant à Stéphane Arbaud, responsable du Haut-Niveau à la ffgolf, relayé par les coaches piliers des quatre Pôles, supervisés par Maïtena Alsuguren, DTN adjointe en charge du Haut-Niveau, pour expliquer à l’assistance formée par les parents des jeunes gens susceptibles d’être intégrés dans ces pôles l’an prochain, de quoi il retourne dans une réalité à vivre au quotidien, pendant deux à trois ans (4ème, 3ème et seconde).

Dans l’espoir de rejoindre les Pôles France Boys et Girls de 16 ans à 18 ans, puis les Pôles France messieurs et dames pour disputer les circuits amateurs puis pros. Avec une bifurcation possible vers les universités américaines. Mais sans jamais négliger - sans toutefois en faire une obsession ! -  le risque de l’échec, qui peut tomber, tel un couperet, à tout moment de la progression de ces jeunes recrues.

« Entrer dans un pôle ffgolf, ce n’est pas une fin en soi, ce n’est qu’un début. »

Les parents, encore frissonnants d’avoir passé toute la journée dehors dans un froid sibérien, sont attentifs. Quelques gamins se sont faufilés parmi les adultes. Ils préfèrent découvrir par eux-mêmes ce qui les attend si toutefois ils sont retenus.

Sur les slides qui se succèdent, on comprend bien qu’en golf comme dans toutes les disciplines de haut niveau, le principe de la pyramide prévaut. Une base très large, et plus l’on monte les échelons, plus le niveau de jeu s’élève, plus les années passent, et moins il y a de candidats capables de répondre aux critères d’une sélection qui se fait naturellement, en fait.

En 2016, 6% des jeunes passés par les Pôles Espoir évoluent aujourd’hui sur l'European Tour

Une vérité que parents et enfants auraient vraiment tort de se cacher. Ca va bien au-delà du talent, de la chance et de la motivation. Beaucoup d’appelés, peu d’élus : c’est la dure loi de toutes les disciplines. Tous les parents en avaient plus ou moins conscience, mais quand ont jailli sur écran géant quelques données statistiques commentées sans détours par Stéphane Arbaud, on a senti comme un nouveau coup de froid figer la salle, côté parents. Selon les études qui sont en cours à la DTN (il manque encore du recul pour tirer des conclusions globales), on constate déjà ceci : « Sur les 265 jeunes sont passés par les pôles Espoir depuis leur création en 2002, 30% - donc 80 jeunes – sont passés pro. Parmi ces golfeurs de haut niveau français, 16 seulement évoluent sur un circuit de première division, European Tour, LPGA, en 2016, soit 6%. A noter que des jeunes actuellement en formation ne sont pas loin de venir grossir les rangs sur les circuits dans les quatre années qui viennent.

Maïtena Alsuguren, prend la parole, car le choc est rude : « Nous avons fait une photographie de la situation en 2016, sur ceux qui sont en capacité de passer pro. Ces statistiques ont aussi pour but de vous expliquer que le golf de haut-niveau, c’est un projet sur la durée, un projet difficile. Qu’il y a des nombreux jeunes, filles et garçons, qui s’inscrivent dans cette démarche, des pôles pour les y préparer et les accompagner, vous accompagner - il y a également des structures privées qui fonctionnent très bien - mais de toute façon, c’est un choix qui demande du temps, qui est impactant, et malgré tous les efforts réalisés, ça ne marche pas à tous les coups. La preuve, ces stats que nous vous communiquons. Patience, accompagnement, soutien, confiance (vis-à-vis de vos enfants et de l’encadrement), c’est ce que nous vous demandons, et même avec tout ça, ça ne marchera pas forcément. Il nous a semblé important de vous livrer ce message en nous appuyant sur des données incontournables, parce qu’une carrière dans le golf, c’est un chemin qui n’est ni droit, ni simple. Il y a plusieurs personnes dans la salle qui peuvent en témoigner. Il est important de vous livrer ce message d’entrée, en amont, car il ne faut jamais oublier que le haut-niveau répond à une logique d’exclusion. Exclusion parce qu’à tous les étages, il y en a peu qui restent, beaucoup plus qui sortent. »

Maïtena Alsuguren poursuit : « Ce n’est pas parce que votre jeune entre dans un Pôle Espoirs, tout de suite, maintenant, que c’est acquis. Loin s’en faut. Ce n’est pas un discours pessimiste que je vous tiens, mais un discours réaliste. Il faut se battre, certes, mais il faut aussi savoir être patient. Le golf de haut-niveau, c’est une aventure, et souvent une belle aventure, mais il faut comprendre qu’au bout, il n’y a pas QUE la première division européenne. Tout au long du chemin, il y a des jeunes qui ne pourront pas accéder au top, mais ils auront développé plein de qualités, ils auront une ouverture d’esprit indéniable. Rappelez-vous qu’il n’y a pas que le succès sportif qui compte, la filière est riche en débouchés, c’est en ce sens que le golf est une belle aventure. »

Un père perturbé par le manque de garanties que la Fédération est en mesure de fournir, concernant l’avenir des enfants interroge à la cantonade : « Ayant connaissance des raisons pour lesquelles les jeunes échouent, vous ne pouvez pas améliorer le système ? », demande-t-il. Sous-entendu, et augmenter le taux de réussite ?

Mais c’est comme s’il appelait de ses voeux l’éradication du concept d’élite, que la pyramide ne soit pas pointue en son sommet, mais dotée d’un petit plateau un petit peu moins casse-gueule. Qu’il n’y ait plus qu’une petite poignée d’hommes ou de femmes, voire un seul être exceptionnel, tel que Tiger Woods ou Annika Sorenstam, qui domine le golf, mais une armée mexicaine!? Impossible : tout le système du sport pro est fondé sur l’avènement de stars, incarnant la perfection et drainant un peloton de suiveurs, de faire-valoir. Que cette réalité est douloureuse quand c’est de l’avenir de votre enfant qu’il est question !

« Le haut-niveau en golf, aux Etats-Unis, c’est aussi 6% de réussite par rapport à la masse de candidats, et dans la plupart des autres sports, c’est entre 4 et 8%. », affirme un des coachs présents dans le staff fédéral.

D’accord pour faire encore plus, encore mieux, encore plus pointu, sauf que dans le même temps, dans tous les "Pôles" du monde entier, dans toutes les universités, toutes les familles, tout le monde essaie aussi de se surpasser.

C’est pourquoi, les coaches et responsables présents à cette réunion, s’appuyant chacun sur leur domaine de compétences, n’ont pas hésité à demander la bienveillance et la compréhension des parents.

« Parents, ne soyez pas un frein ! », au développement physique de vos enfants, a souhaité Michel Pradet, intervenant physique dans les Pôles, et coordinateur des dits Pôles qui suivent tous la même politique et s’efforce de conserver le même niveau de performances, même si, d’une année sur l’autre, d’un Pôle à l’autre, il peut y avoir de légères variations en fonction du contingent recruté.

Un interne en Pôle Espoirs ffgolf coûte entre 1280 et 1680 € par enfant, par trimestre. La ffgolf prend en charge 50% du budget. 

Partant d’un constat avéré : « Il y a un déficit des joueurs français au niveau physique qu’il faut s’employer à réduire », Michel Pradet a parlé cash aux parents. Ceux-ci, d’ailleurs, ont été nombreux à sourire et reconnaître le comportement de leurs petits protégés, quand le responsable de "l’éducation" physique a fait état du manque de sérieux des jeunes à l’échauffement, à la récupération, au niveau de l’hygiène alimentaire. Il en a fait une caricature de tout ce qu’il ne faudrait plus faire, mais qui se pratique encore, avant d’ajouter : « On compte sur vous ! Pour accepter que les enfants fassent des exercices pour développer de la force, du gainage, du rééquilibrage, etc. », Toutes ces choses qui passent à l’As quand on n’est pas tout le temps sur le dos des jeunes. « Le haut niveau, c’est partout des jeunes joueurs qui ont les dents qui trainent par terre. Aujourd’hui, si vous ne faites pas des drives de "270 m", vous êtes morts. Et pour rester compétitif, sans se blesser, il faut travailler, et travailler ça commence par le respect de la prévention. »

Puis description de toutes les batteries de tests que les jeunes auraient à faire le lendemain matin, dès potron-minet, en dépit de la fatigue accumulée après un deuxième parcours le samedi après-midi avec seulement quatre clubs, au choix. Ces tests seraient déterminants pour compléter leur dossier, mais pas éliminatoires. L’enjeu à ce stade serait plutôt de créer les bases d’un futur plan de travail personnalisé.

Les échanges ont  alors basculé sur le niveau scolaire exigé, la teneur des cours dispensés (dans des établissements publics, mais avec horaires aménagés), les trajets sur site, entre le CREPS et le parcours) et en compétition, les devoirs, la surveillance, la cantine, les dortoirs (2 par chambres en général, pas forcément golfeurs, car il y a d’autres disciplines sportives représentées dans les mêmes conditions), le rôle du responsable pédagogique chargé de l’interface. La manière de rattraper les cours ou devoirs ratés pour cause de compétition. Compétitions auxquelles les enfants et les parents doivent veiller à s’inscrire eux-mêmes, manière de commencer à se prendre en charge, même si les coaches leur donnent des "indications de programme".

Il a été question forcément d’argent : sachez que la prise en charge tout compris d’un interne en Pôle Espoirs, oscille entre 1280€ et 1680€ par élève, par trimestre. La Fédération, en plus de la mise à disposition de l’encadrement sportif, paie 50% du budget nécessaire à chaque enfant, le reste étant à la charge des parents, somme non négligeable à laquelle il faut ajouter les dépenses de déplacements (dont le retour à la maison le week-end pour ceux qui le peuvent), avec le prix des billets d’avion, hébergement, nourriture, faux frais. Une somme qui s’élève au fur et à mesure que le niveau progresse car il faut aller de plus en plus loin pour défier la concurrence internationale, avec un surcoût pour les filles, qui voyagent plus loin, plus précocement et plus souvent que les garçons du même âge. Contraintes prises en compte par le système de primes de performance mis en place par la DTN.

L’approche mentale n’a pas été laissée de côté, avec cette évidence… qu’il était pourtant très utile de rappeler : « Pour réussir dans le haut niveau, il faut être conscient de ce que l’on fait, et où l’on va. » Au fil de sa croissance, l’adolescent sera amené à se rappeler d’où il vient et se demander : « Pourquoi je joue ? » Mais tous n’en ont pas encore conscience.

Le travail mental est fait individuellement lors de situation de jeu

Les parents ont sans doute été rassurés d’apprendre que le travail mental ne s’effectue pas sous forme de séances psychanalytiques, ni en groupe. Les éventuels problèmes personnels (tel qu’un divorce, un problème de santé, etc.) sont traités dans la discrétion, avec des experts. Quant à l’essentiel du boulot, il s’induit naturellement dans les situations de jeu, centré sur l’apprentissage de la concentration, le relâchement, la pleine conscience du coup joué. Il sera beaucoup question de "gestion des émotions" sur le parcours, côté golf, de "communication" entre les différents intervenants autour de l’enfant et l’enfant lui-même au sein des structures qu’il fréquente quotidiennement, côté vie d’ado.

« Nous sommes là pour veiller à l’intégrité de vos enfants, vérifier qu’ils dorment bien, qu’ils s’intègrent bien dans le groupe, que les relations avec leur coach sont bonnes », explique Franck Rigole, préparateur mental. Et de prévenir tout un chacun, qu’il faut compter six mois d’adaptation avant que les nouveaux venus ne se sentent vraiment bien dans leur élément. Six mois, ça paraît bien long, mais c’est pourtant l’expérience qui parle.

La conclusion semblait témoigner de situations plus ou moins bien vécues par les entraîneurs. Car si les parents ce soir-là, ont découvert tout un monde nouveau à appréhender, les coaches, eux, bien qu’assez jeunes en moyenne, accueillaient une nouvelle génération de parents qui, de toute évidence, ressemblait aux précédentes : de l’ambition, une envie de bien faire, mais aussi des doutes, un besoin imminent de se rassurer et l’attente marquée d’un retour sur "investissement", pas en termes d’argent, mais davantage sur les "sacrifices" concédés à la vie d’apprenti-champion.

Cette conclusion, plus un appel au bon sens qu’une mise en garde, la voici : « Souvent, vous, parents, êtes impatients de voir vos enfants obtenir des résultats, et on observe parfois (souvent ?) un décalage entre vos attentes et la réalité. Nous, on attend de la confiance de votre part, confiance en votre enfant et en notre travail. »

20h15. Il était temps d’aller se restaurer entre soi, et de laisser passer une courte nuit sur autant de choses à méditer.


Par Dominique Bonnot
20 avril 2016