Champion de France en titre de speedgolf, Bastian Mas dispute cette semaine le championnat du monde de la discipline en Nouvelle-Zélande. L'occasion de lui demander ce que courir entre deux coups peut apporter à ceux qui mettent quatre heures à boucler un 18 trous.
Un coup, puis on oublie
Des entraînements uniques
Cette semaine, le Whitford Park Golf Club, près d'Auckland, capitale économique de la Nouvelle-Zélande, accueille la 6e édition du championnat du monde de speedgolf. Avec 120 participants venus de 20 pays, il s'agit du plus grand événement jamais organisé dans l'histoire de la discipline. Neuf Français sont du voyage (trois femmes et six hommes), parmi lesquels Bastian Mas, champion de France en titre, qui dispute son deuxième Mondial après celui de Tokyo en 2024. Préparé pour l'événement, le speedgolfeur mesure tout de même son propos : « Je ne suis pas sûr qu'on puisse dire qu'on est prêt quand on joue au golf. C'est le golf qui décide », sourit-il. Arrivé sur place quelques jours avant le début du tournoi, le Tricolore de 41 ans en a profité pour visiter Auckland, organiser ses vacances d'après-tournoi… et partager sa passion pour enrichir les golfeurs « classiques » sur sa discipline.
Pour démarrer, avantage aux golfeurs sur les coureurs
Au triathlon, il est d'usage de dire que les nageurs qui se lancent dans la tri-discipline partent avec un avantage sur les autres, en raison de la difficulté technique de la natation. Alors on s'est demandé si, en speedgolf, se même rapport existait. Pour Bastian, la réponse ne fait pas de doute. « C'est plus facile de se mettre à la course à pied qu'au golf. Un bon golfeur qui se met à courir progressera plus vite que l'inverse. » Les meilleurs mondiaux en sont la preuve : capables de boucler un parcours de 6 000 mètres en 40 à 42 minutes avec trois ou quatre clubs, ce sont des pros ou enseignants de formation, et non des marathoniens. Anciennement porté sur le football, Bastian n'a lui-même rien d'un coureur dans l'âme. « Courir sans ballon, ce n'est vraiment pas mon délire. Maintenant je me force, et j'y prends de plus en plus de plaisir parce que je sais que ça va m'aider dans ma discipline. » Pour concrétiser sa réponse, il explique gagner entre une minute et une minute trente chaque année sur ses chronos aux championnats de France tandis qu'il stagne toujours dans son niveau de golf, à savoir 1,0 d'index.
C'est sans doute le premier enseignement pour le golfeur « classique ». En speedgolf, impossible de ruminer un double-bogey ou de savourer trop longtemps un birdie. « Tu n'as pas le temps de réfléchir, que tu es déjà quasiment au départ suivant. » Un réflexe qu'il a ramené dans sa pratique traditionnelle. « Avant, il y avait des coups que je ne sentais pas, je mettais trop de temps à réfléchir et je faisais quelque chose de pas bien. Maintenant, je prends une décision et je joue tout de suite. » L'inverse vaut aussi : pas question de s'enflammer après un bon coup. « On reste focus et on essaie de garder un maximum de lucidité et d'énergie. Avec le cardio à 80 ou 90 % de son maximum, on n'a pas le choix. »