Malgré un troisième tour mouvementé qui a vu deux joueurs battre le parcours impitoyable de Shinnecock Hills samedi, Wyndham Clark a pris une option très sérieuse en comptant six coups d'avance.
Le moving day du 126e U.S. Open masculin a une nouvelle fois confirmé la difficulté du tracé new-yorkais qu'est Shinnecock Hills. Sous l'effet du vent et de greens toujours plus fermes, les scores ont rarement plongé sous le par : à tel point qu'à la conclusion de ce samedi, parmi les 72 joueurs ayant franchi le cut, seuls deux ont signé une carte sous le par samedi. Dans ce contexte, Wyndham Clark a une nouvelle fois démontré sa maîtrise du parcours. Le vainqueur de l'édition 2023 de ce Majeur n'a pourtant pas livré une partie sans accroc, alternant deux birdies, quatre bogeys mais surtout un eagle au 16. Ce par 5 plié en trois petits coups a incontestablement été le moment le plus fort de sa journée. En claquant un superbe deuxième coup au bois de parcours, il s'est une bouffée d'air qui l'a, un temps, placé parmi les extra-terrestres qui battaient le tracé. Comme à plusieurs reprises au cours de la journée, son avance atteignait même les sept coups avant qu'un ultime bogey au 18 ne la réduise à six unités.
Une main sur le titre
Au terme de son 70 (par) du jour, Wyndham Clark est donc confortablement en tête devant quelques Scottie Scheffler et autres Sahith Theegala, Tom Kim et Sam Stevens, tous à -1. Parmi eux, le premier cité est d'ailleurs l'un des deux hommes à avoir signé une carte sous le par (69, -1). Longtemps discret, le numéro 1 mondial a construit sa remontée sur un retour particulièrement solide pour se donner une chance de déranger l'homme de tête et accomplir ce Grand Chelem en carrière en cas de victoire dimanche. L'autre éclair du jour est venu d'Emiliano Grillo. L'Argentin a rendu la meilleure carte de la journée avec un 67 (-3) et s'est replacé dans le top 10 avant le dernier tour. Derrière eux, quelques uns des prétendants les plus sérieux ont souffert à l'image de Rory McIlroy, Xander Schauffele ou encore Matt Fitzpatrick qui ont perdu du terrain au détour d'un 73 (+3) coups pour les deux premiers et d'un 74 (+4) pour le dernier.
C'est donc davantage face à lui-même et au parcours new yorkais que Clark tentera dimanche de décrocher un second U.S. Open en carrière. Sa position à l'aube de cet ultime tour est d'autant plus historique puisque trois hommes ont connu une avance plus importante au même stade de ce tournoi : Jim Barnes (1921), Tiger Woods (2000) et Rory McIlroy (2011). Et tous s'était imposés. S'il venait à y arriver, il succèderait à Martin Kaymer (2014) comme le dernier homme à être sacré après avoir mené au classement depuis le premier tour. Reste que Shinnecock Hills a déjà prouvé tout au long de la semaine qu'aucun score n'était acquis.