Individuelles, par équipes, séparées par catégories d'âge, internationales ou franco-françaises... Non seulement les grandes épreuves amateurs disputées en France sont nombreuses, mais en plus, les suiveurs ont pris l'habitude de toutes les appeler par leur petit nom. Alors, exploration du bestiaire.
Songez à la solution de ceci. Vous êtes amateurs, vous avez un joli toucher de balle et la volonté farouche de l'amener à son plein potentiel. Vous êtes de l'élite, en somme. Et fort logiquement, vous vous demandez à la chasse de quels trophées partir pour faire enfler votre palmarès. Vous vous renseignez autour de vous, et on vous envoie des noms à la volée : Gounouilhou, Golfers', Ganay, Gaveau, Puiforcat, Cotnareanu, Esmond, Carlhian, Rothschild, Newman, Murat, Crocodile, Peugeot, Lignel, Mouchy, Godillot... Assez vite, la liste vous noie. Il y a bien quelques noms que vous connaissez, mais qu'est-ce qu'Edmond de Rothschild, Joachim Murat, votre voiture Peugeot ou encore Paul Newman viennent faire là-dedans ? Bon, bonne nouvelle, ces personnes et ce véhicule n'ont rien à voir là-dedans.
Mais il est vrai que l'usage a donné à chaque grande épreuve amateur française son petit nom. Cela est dû à l'habitude prise de donner le nom d'une personnalité au trophée en question, soit parce que ladite personnalité a pris sur ses épaules la dotation du tournoi à sa création, soit parce qu'un hommage lui a été rendu au vu de ses accomplissements.
À quelques exception près, toutes les grandes épreuves amateurs françaises existent à la fois en version masculine et en version féminine. Mais la plupart du temps, les deux trophées ne portent pas le même nom. Ainsi, par commodité, passons une convention, le temps de cet article : si le nom du trophée est en italique, il concerne une épreuve masculine. S'il est souligné, l'épreuve en question est féminine. Ouvrez le ban.
Les jeunes
Par commodité toujours, appuyons-nous sur les catégories d'âge dans le golf amateur, lesquelles sont détaillées ici. Peut-être voudrez-vous commencer votre carrière par un titre national chez les jeunes. Cela commence dès la catégorie U12, où sont mis en jeu, chaque fin de mois de juillet au Championnat de France des Jeunes (CFJ), le trophée Crocodile et le trophée Lacoste. Une catégorie plus haut, toujours lors de ce même CFJ, les Championnats de France Benjamins et Benjamines... n'ont pas encore de petit nom pour leur trophée. De toute manière, tous les jeunes participant à cet événement estival le nomment sous son nom générique de CFJ.
La catégorie au-dessus, celle des Minimes, a ses championnats de France séparés. Ainsi, du 17 au 20 octobre prochains, le golf de Biarritz le Phare sera le cadre de la lutte pour le trophée Ginette Dubois, tandis que celui du Grand Saint-Emilionnais accueillera le trophée Yan Le Quellec. Pour les trophées des Cadets et Cadettes, attention, ça devient technique, on vérifie son baudrier. Ces deux titres nationaux sont attribués à l'issue de la phase qualificative des Internationaux de France Filles U21 et des Internationaux de France Garçons U18, dans un classement, naturellement, réservé aux Tricolores. Sont ainsi mis en jeu le challenge Newman et le trophée Patrick Pons.
Ces deux tournois, qui se déroulent au même moment mais sur deux parcours différents au moment de Pâques, entrent dans une catégorie qui va nous accompagner jusqu'au bas de cette page : celle des épreuves qu'on appelle par leur petit nom. Ainsi, ces Internationaux de France se nomment respectivement la Carlhian et la Esmond. Cette dernière porte le nom d'Edward Esmond, un joueur de golf britannique qui dota ce tournoi lors de sa création au golf de Saint-Cloud (où il se dispute toujours) en 1927. Quant à Michel Carlhian, il construisit l'un des plus grands palmarès du golf amateur français à partir des années 1920, avec notamment huit titres de champion de France. Ironie de l'histoire, le trophée des Internationaux de France U18 porte son nom... lui qui s'est incliné trois fois en finale de cette même épreuve.
Pour finir concernant les jeunes, mentionnons deux lots d'épreuves importantes. Tout d'abord les Internationaux de France U14, qui constituent le Challenge Alexis Godillot (car oui, en italique et souligné, cela signifie que les deux trophées portent le même nom). À l'issue de ce tournoi se jouant à Chantilly au printemps, les deux lauréats reçoivent le trophée des mains d'Alexis Godillot lui-même, autre palmarès conséquent du golf amateur français (sept titres de champion de France amateur, entre autres). Et puis, dans le courant du mois de juillet, et parce qu'il fait bien apprendre à jouer par équipes tôt, les Championnats de France par équipes U16 mettent en jeu le trophée Jean-Louis Dupont et le trophée Brigitte Varangot.
Les adultes
Si vous avez passé les 18 ans, vous concentrerez alors vos efforts sur les épreuves toutes catégories, ou bien sur celles des catégories mid-amateur et au-delà. Dans tous les cas, et à l'instar de ce qui se déroule chez les jeunes, il est important de bien distinguer les championnats de France, qui ne concernent que les Français, et les Internationaux de France, qui se déroulent en France mais sont ouverts à des concurrents de tous pays.
Ainsi, en toutes catégories, vous pouvez essayer de remporter les championnats de France individuels. Et là, de nouveau, cela devient technique. Ces deux épreuves se déroulent selon la même formule : 36 trous de qualification en stroke play, puis un tableau final en match play. Avec un trophée donné à l'issue de la qualification, et un autre à l'issue du tournoi. Les qualifications sont récompensées par la coupe Ganay et la coupe Gaveau. Puis les titres nationaux, après la finale en match play, sont représentés par le trophée Jacques Léglise et la coupe Pierre Deschamps. Et alors attention, comme dirait Tino Rossi, c'est là que ça se corse. L'usage, toujours lui, a fait que dans le langage courant, le petit nom donné à ces championnats de France amateurs est celui des trophées des qualifications. Le moins recherché des deux. C'est paradoxal, mais c'est ainsi. Vous jouez la Ganay ou la Gaveau.
Ensuite viennent les Internationaux de France, et là, pas de surprise à redouter. Ces deux épreuves se déroulent intégralement en stroke play, n'offrent qu'un seul trophée à la sortie, lesquels se trouvent être la coupe Gordon Bennett et le trophée Cécile de Rothschild.
Montons d'un cran chez les 25 ans et plus. Les Internationaux de France Mid-amateurs ont comme trophées le challenge Claudine Cros-Chatrier et la coupe Murat. Cette dernière, qui fut un temps le trophée des Internationaux de France Messieurs, est jouée tous les ans à Chantilly. Petite subtilité : les meilleurs Tricolores de ces deux épreuves reçoivent en même temps le titre national Mid-amateur... mais pas de trophée supplémentaire.
Grimpons encore d'un échelon pour arriver, à partir de 50 ans, chez les Seniors. Cette catégorie d'âge a ses propres Internationaux de France, même si les trophées associés ne portent pas de nom spécifique. En revanche, ce n'est pas le cas des Championnats de France Seniors, disputés en même temps et sur le même parcours début juin. Ces championnats offrent le trophée Lally Segard et le trophée Dauberville.
Par équipes
Dans toutes les catégories d'âge du golf amateur français, l'avis est unanime. Jouer par équipes est ce qu'il y a de mieux. Et de fait, remporter l'un des trophées correspondants est un objectif cher à beaucoup de cœurs. Au sommet de cette pyramide trônent le trophée Gounouilhou et le trophée Golfers' Club, autrement dit les Championnats de France par équipes de première division. La Gounouilhou, de son petit nom, porte le nom de Marcel Gounouilhou, un patron de presse bordelais qui fut député et maire d'Arcachon, et qui dota cette compétition à sa création en 1926. Quant à la Golfers', elle porte le nom d'un prestigieux club omnisport parisien disparu, le Golfers' Club. Nul doute qu'en cas de scrutin sur les trophées amateurs hexagonaux les plus prestigieux, ces deux compétitions arriveraient en tête des suffrages exprimés.
Pour approfondir
Question de débutant : C'est quoi, la Golfers' et la Gounouilhou ?Mais la liste des grandes compétitions par équipes ne s'arrête pas là. Et même pas pour les toutes catégories. Car en sus de la Gounouilhou, les meilleures équipes masculines du pays disputent également le trophée Jean Lignel. Ce dernier est non pas le Championnat de France par équipes Messieurs mais la Coupe de France par équipes Messieurs. Disputée entièrement en stroke play, elle donne accès, pour son club vainqueur, à la Coupe d'Europe des clubs. Si vous êtes dans la région rouennaise, vous pouvez même aller la voir, entre ce vendredi et dimanche, au golf du Vaudreuil. Jean Lignel, qui donne son nom au trophée depuis 1979, était un ingénieur aéronautique de haut rang, membre éminent de l'Aéro-club de France, et par ailleurs grand amateur de golf.
Ensuite, les championnats de France par équipes se déclinent dans les différentes catégories d'âge. Chez les mid-amateurs, on joue la Puiforcat et la Cotnareanu. Chez les Seniors, on joue le trophée de la Commission féminine et le Trophée Saint-Sauveur. Il existe même des épreuves nationales par équipes qui sortent du cadre des catégories d'âge. C'est le cas, par exemple, du trophée Jean-Pierre Peugeot, qui récompense l'équipe remportant le Championnat de France de première division d'entreprise.
Et quelques autres (mais pas des moindres)
Pour compléter le panthéon des grandes épreuves amateurs françaises (et rajouter quelques noms de trophée, tant qu'à faire), on peut également mentionner les Internationaux de France de foursomes. Ces épreuves en double sont au nombre de trois dans l'année, et en suivant la typographie, vous devriez arriver à les distinguer les unes des autres : le trophée Royal Blackheath, le trophée Saint-Germain et le trophée Thion de la Chaume.
Quelques épreuves, par ailleurs, sont administrativement rangées dans la catégorie des Grands Prix, mais occupent généralement une belle place dans le calendrier amateur. C'est ainsi le cas de la coupe Frayssineau-Mouchy (plus communément appelée la Mouchy), disputée à Fontainebleau au printemps, et souvent décrite comme le Masters amateur français. Vous commencez à connaître le système : une coupe Frayssineau remise au premier après les 36 premiers trous, et une coupe Mouchy remise au vainqueur final. La Frayssineau est née en 1965, pour rendre hommage à Patrick Frayssineau, décédé l'année précédente sur le parcours pendant l'épreuve. La Mouchy, elle, porte la marque d'Henri de Noailles, duc de Mouchy, qui fut membre du comité du golf de Fontainebleau, et qui présida l'Union des golfs de France, l'ancêtre de la ffgolf. Car si tous ces trophées amateurs ont bien un point commun, c'est de faire trait d'union entre passé et avenir.