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Mondiaux 2022 : trois messieurs en stage à Dubaï

Julien Sale, Tom Guéant et Bastien Amat ont passé cinq jours, la semaine dernière, sur différents parcours de Dubaï, où ils ont notamment été suivis par le caddie professionnel Samuel Bernard. Objectif : préparer au mieux les grosses échéances du futur.

Tom Guéant, Julien Sale et Bastien Amat ont été épaulés pendant ce stage par le caddie professionnel Samuel Bernard (à droite). ffgolf

Jumeirah, The Els Club, Emirates Golf Club, Arabian Ranches… la semaine passée, les plus prestigieux tracés de Dubaï n’ont pas seulement accueilli l’élite du golf européen dans ses derniers préparatifs d’avant-saison, mais aussi trois des meilleurs amateurs français. Tom Guéant, Julien Sale et Bastien Amat ont mis le cap sur l’émirat, en devant hélas se passer de la présence de leur coach, Mathieu Santerre, et de leur partenaire Tom Vaillant, tous deux retenus en France pour cause de covid.

Une partie avec Antoine Rozner

« Au début, on a dû fonctionner sans caddie et sans coach », confirme Bastien Amat. Une configuration particulière qui n’a pas empêché les jeunes Français de joueur leur première partie de la semaine avec nul autre qu’Antoine Rozner, l’actuel n°2 tricolore. « Je sais qu’en ce qui me concerne, je n’ai pas beaucoup l’occasion de fréquenter les joueurs français du DP World Tour, reprend Bastien Amat, actuellement en deuxième année à l’Université du Nouveau Mexique. Pendant la partie, j’ai surtout trouvé son wedging très bon, un secteur de jeu dans lequel je sais que je dois m’améliorer. J'ai pu voir aussi qu'il avait moins de dispersion, et qu'il ratait davantage du bon côté. En gros, dans son jeu, par rapport au nôtre, tout est un peu plus précis. »

À partir du mercredi, les trois Bleus ont été rejoints par Samuel Bernard, caddie professionnel. Celui qui officiait notamment auprès de Romain Langasque jusqu’à un passé récent les a guidés sur les deux exigeants tracés du Jumeirah Golf Club : le Fire Course et l'Earth Course, ce dernier étant l'hôte de la finale de la Race to Dubai. « Ma mission était de leur apporter un maximum d’information sur le plan de la stratégie, explique-t-il. Avec eux, je fais comme avec les pros : je travaille de la manière la plus élitiste possible. »

Les Français (ici Bastien Amat et Julien Sale) ont évolué pendant trois jours sur les parcours du Jumeirah.

Sam Bernard les a ainsi, par exemple, mis en situation au bord des greens, en les forçant à jouer du côté "court", autrement dit celui où le drapeau se trouve, et qui rend les chips délicats, et en les faisant concourir les uns contre les autres. « C’est plus utile que de leur faire refaire plusieurs fois le même chip », éclaire-t-il.

« Un bagage d’information supplémentaire »

« Il a une approche très statistique des choses, confirme Julien Sale. Il travaille avec une application, qui s'appelle "Decade", et qui aide à trouver les zones à jouer et les lignes de jeu, en se basant sur la dispersion moyenne de chaque joueur. C'était quelque chose que je ne connaissais pas, avant j'avais simplement l'habitude de déterminer ces choses-là avec mon carnet de parcours. »

Pour les trois joueurs présents, l’occasion était belle de pouvoir acquérir ce « bagage d’information supplémentaire, qui doit leur faire gagner du temps », selon les mots du caddie. « J’avoue qu’aux États-Unis, je n’ai pas forcément tout le suivi nécessaire sur ce plan-là, confie Bastien Amat. Du coup, Sam a pu me donner des exercices que je ne connais pas forcément, et que pratiquent les joueurs du Tour. »

Préparer les Mondiaux 2022... et 2023

Cette galaxie des joueurs professionnels, justement, est tout sauf lointaine, très lointaine. Que ce soit du ressenti des joueurs auprès d’Antoine Rozner ou de celui de Samuel Bernard, les écarts ne sont pas gigantesques. « Il y a quelques niveaux d’écart, mais pas un monde d’écart, précise ce dernier. Ils sont déjà dans des structures qui travaillent de manière professionnelle, et lorsqu’on voit, par exemple, les performances de Julien Sale sur l’Alps Tour, on voit que le jeu est là. Maintenant, il faut voir s’ils sont capables de reproduire la même chose avec des champs de joueurs plus relevés, et des parcours préparés plus durement. »

Avant cela, et ce stage en marquait l’une des dernières étapes de préparation, il y aura une année 2022 bien remplie, avec en point d’orgue des Championnats du monde en France (du 31 août au 3 septembre pour les messieurs), auquel tous les trois désirent ardemment participer. « On se rend compte de l’opportunité qu’on a de voir les Mondiaux avoir lieu en France, souligne Bastien Amat. Ça peut être une chance à prendre. » Pour le joueur nordiste, quoi qu’il arrive, le train repassera, puisque l’édition suivante de l’Eisenhower Trophy aura lieu dès 2023. Précisément à Dubaï, sur le Fire Course du Jumeirah. Sapristi, quelle heureuse coïncidence…


Par William LECOQ
19 janvier 2022