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Mondiaux 2022 : Place à la manucure

Le Golf National et Saint-Nom-la-Bretèche, deux parcours mythiques qui seront eux aussi au cœur des attentions lors des prochains Championnats du monde 2022. Mais alors comment sont-ils préparés ? Et à quoi s’attendre ? Premières réponses avec les deux greenkeepers des lieux.

Les parcours du Golf National et de Saint-Nom, seront des acteurs principaux des Mondiaux 2022, presque autant que les participants. Crédit / Golf National

Cela fait déjà longtemps que les parcours passent entre les mains des jardiniers avec pour échéance finale ces Championnats du monde en France. Depuis l’annonce de l’Hexagone comme pays hôte, c’est un travail de tous les jours pour rendre les parcours affûtés sans pour autant tuer le spectacle.

Imposer sans brider

Un aperçu du tracé de Saint-Nom-la-Bretèche.

L’International Golf Federation (IGF) a tout de même eu son mot à dire. En 2021, ils se sont rendus sur les deux golfs pour évaluer et donner quelques directives. Le tout dans une entente et un échange avec les greenkeepers qui connaissent parfaitement leur jardin. Laurent Murail, intendant à Saint-Nom-la-Bretèche, a tout de même eu quelques modifications à faire après leur passage pour suivre un cahier des charges assez classique mais essentiel : « On avait déjà posé des jalons sur les modifications qu’on voulait faire. Eux sont venus avec des exigences. Ils ont par exemple demandé à abattre des arbres mais en termes d’autorisations c’est compliqué pour l’instant. On a dû changer le sable de tous les bunkers et aussi revoir le drainage. On a corrigé les trous sur les fairways et on est encore sur le nettoyage du parcours. On a aussi retravaillé les plateaux de départ sur quatre trous. Ce sont quand même des travaux importants mais il faut les faire pour avoir un parcours à la hauteur de l’évènement. »

À côté de ces ajustements, la liberté reste assez grande pour Laurent et ses équipes. Sur le golf de Saint-Nom, les fairways vont être diminués, les roughs vont pousser tranquillement et certaines zones seront laissées à l’état sauvage pour dissuader les participants de couper les lignes. Les intendants doivent aussi prendre en compte l’aspect mixte de la compétition pour ne pas favoriser un sexe plus que l’autre : « Notre mission principale est de rendre un parcours difficile mais adapté au jeu moderne, explique Laurent Murail. C’est surtout par les greens qu’on va pouvoir rendre le tracé challenging. Il ne faut pas que le ou la meilleure joueuse rende un score de -12, sinon le spectacle sera gâché. C’est pour ça que j’ai fait appel à certains pros du club pour avoir leur avis. Et puis il y a aussi le staff de l’équipe de France qui nous livre son ressenti. »

Plus bucolique que le Golf National, le dessin de Saint-Nom-la-Bretèche va jouer sur un terrain différent : celui du cadre champêtre mais exigeant. Le parcours sera, d’après Laurent Murail, plus compliqué pour les filles que pour les hommes, mais jouera de son charme par de belles bandes de fairways et de roughs, des greens fermes et une proposition de jeu lisible.

Les joueurs vont devoir s’adapter à deux parcours différents qui proposent des options et des stratégies différentes.

Laurent Murail, greenkeeper de Saint-Nom-la-Bretèche.

Albatros : une préparation à double enjeu

À la différence de Saint-Nom-la-Bretèche, le Golf National a déjà reçu de très grosses épreuves dans un passé récent. On parle de la Ryder Cup 2018 et de l’Open de France évidemment. D’ailleurs, ce dernier se disputera quasiment dans la foulée des Mondiaux, ce qui rend la tâche un peu plus délicate. Lucas Pierré, surintendant du Golf National, va devoir jongler avec ces deux tournois même si pour lui le tracé de l’Albatros, déjà compliqué dans son plus simple apparat, ne demandera que quelques ajustements : « On va essayer de ne pas faire un parcours trop punitif. Je pense qu’il sera dans les mêmes conditions que pour nos clients du quotidien mais avec des roughs un peu plus haut et des greens plus fermes et plus rapides. Tous les départs des par 3 ont été refaits afin de laisser plus de place pour les positions. Il va être au top, ça c’est certain, mais je ne veux pas que le plaisir d’y jouer disparaisse. On va aussi s’accorder avec Saint-Nom pour avoir les greens à la même vitesse sur les deux parcours. »

Pour soutenir l’équipe du GN dans sa préparation, des élèves du lycée agricole de Dunkerque viendront en renfort. Un total de huit jeunes pour apprendre et faire monter le parcours en puissance avant une fin d’année qui s’annonce chargée sur l’Albatros : « C’est top d’avoir le renfort de ces jeunes, raconte Lucas Pierré. Ils vont beaucoup nous aider à gérer le terrain, les tontes etc. Le parcours, de toutes façons, va naturellement devenir de plus en plus dur avec le temps. On va aussi devoir être vigilant avec la météo puisque la sécheresse est déjà là, ce qui va durcir et rendre le dessin encore plus stressant. On espère surtout que le spectacle sera au rendez-vous et que nos Bleus vont tirer profit de leur connaissance du parcours. »


Par Romain MURAILLE
4 mai 2022