Fort d’un très solide podium en Inde sur l’un des parcours les plus exigeants de la saison, Ugo Coussaud entend confirmer un bon début de saison qui le positionne aux portes du top 30 de la Race to Dubaï.
A l’heure où nous avons contacté par téléphone Ugo Coussaud ce lundi 30 mars, celui-ci était encore à l’aéroport de New Delhi (19h30 en Inde). En train de se démener pour trouver une place sur un vol du soir. « On a passé la nuit (de dimanche à lundi) à attendre, on est allé à l’hôtel, et là, on bataille pour avoir un siège dans l’avion ce soir… »
Pour patienter, et accompagné notamment par Martin Couvra, l’Angoumoisin a participé depuis le Lounge VIP à un Live Instagram organisé par nos confrères de Golf Planète avec la présence de Adrien Toubiana (Canal+) et de Mathieu Decottignies-Lafon, dans le rôle du modérateur. Le quatuor a surtout évoqué la « Coupe des Capitaines », version Ryder Cup 100 % française, qui aura lieu sur trois parcours des Landes (Moliets, Hossegor et Seignosse) du 11 au 13 juin. Bonne humeur et chambrage au menu !
Malgré ces petites péripéties que tout voyageur régulier par les airs traverse un jour ou l’autre, Ugo Coussaud est dans une bonne dynamique depuis plusieurs semaines, plusieurs mois même… Il vient ainsi de signer sa meilleure performance sur le DP World Tour depuis sa 2e place obtenue le 11 février 2024, au Qatar Masters.
Le golfeur de la St Laurent Golf Team a en effet pris la 3e place ex aequo du Hero Indian Open (avec le Sud-Africain MJ Daffue et l’Anglais Andy Sullivan), à quatre coups seulement du vainqueur à -9, Alex Fitzpatrick, le petit frère de Matthew. Un véritable exploit quand on connait l’extrême complexité du parcours relooké en 2014 par Gary Player. Le DLF G&CC de New Delhi est souvent présenté comme l’un des tracés les plus difficiles du continent asiatique.
« Chaque coup est compliqué, déclare-t-il tout de suite. A aucun moment, même au putting, on peut relâcher la pression. C’est un parcours qui fatigue vraiment. Physiquement, ce n’est pas le plus dur mais mentalement, c’est un vrai combat. »
« Les greens étaient fermes cette semaine mais moins que l’an dernier, ajoute-t-il. En revanche, ils étaient rapides… On n’a pas l’habitude de ce genre de conditions, c’est ce qui fait ici la différence. C’est clairement l’un des parcours les plus difficiles de la saison. Mais c’est un parcours où on peut faire des birdies aussi. Ce n’est pas un monstre de longueur, il y a quand même quelques wedges à tirer aussi. Mais c’est un parcours qui ne pardonne rien. Même une petite erreur… Une mise en jeu dans le rough, on ne peut pas arrêter la balle sur le green… Le chipping autour des greens est assez compliqué avec des greens si fermes et si rapides. En fait, c’est un gros test dans de bonnes conditions… Il n’y a jamais beaucoup de vent, il ne pleut pas des cordes. On est loin de l’Ecosse où, de temps en temps, on a droit à des tempêtes de vent. Là, c’est vraiment le parcours qui, en lui-même, est un vrai test. »
Ses trois cartes sous le par (71 (-1) jeudi, 69 (-3) vendredi et dimanche) prouvent en tout cas que son jeu est bien en place. On rappelle juste que seulement douze joueurs (sur les soixante-sept ayant franchi le cut) ont terminé les 72 trous sous le par total. Ils étaient trois seulement en 2025.
« C’était un de mes objectifs de la semaine de finir sous le par (-5 total malgré un 74 (+2) le samedi), poursuit-il doucement. A force, on connait la « bête », et ici, un score sous le par, on n’est jamais très loin d’une bonne performance. J’ai été très solide sur le long jeu et je suis resté très patient sur les coups un peu approximatifs, afin de ne pas prendre le bouillon. Cela m’a permis d’être solide dans l’ensemble sur les scores rendus. »
Monstre d’exigence, capable de broyer n’importe quel joueur chevronné – l’Américain Akshay Bhatia, 20e mondial, récent vainqueur de l’Arnold Palmer Invitational sur le PGA Tour, n’a pas franchi le cut après avoir notamment joué 77 (+5) le premier jour – Ugo Coussaud, lui, semble plutôt à « son aise » sur ce par 72 long de 6 782 mètres. En trois participations, il n’a ainsi jamais manqué un week-end, finissant 37e en 2024 et 17e en 2025.
« Je ne sais pas pourquoi mais c’est un endroit que j’aime bien, avoue-t-il. J’aime bien ce défi à relever. C’est un parcours avec une certaine « mentalité » techniquement parlant et donc c’est un bon test. C’est une motivation supplémentaire en tout cas. »
Stage d’une semaine au PGA Catalunya
Ce podium confirme, comme on l’a souligné un peu plus haut, que le golfeur âgé de 33 ans, entraîné par Robin Cocq revient à son meilleur niveau. Celui qui lui avait permis à son arrivée sur le Tour européen en 2024 de prendre la 33e place finale de la Race et d’être ainsi présent au DP World Tour Championship en novembre au Jumeirah Golf Estates. 3e en Inde, 17e au Hainan Classic la semaine précédente, il s’était offert le 1er février une belle 6e place au Bahrain Championship. Un bel enchaînement !
« Le jeu revient, le driving s’améliore de semaine en semaine, prévient-il. Tout dépend ensuite de la qualité du putting. En Afrique du Sud, j’avais bien joué au golf mais j’avais mal putté. J’ai raté par exemple le cut d’un point au Joburg Open. La motivation, le travail sont là. C’est cool. A la limite, j’aurais bien aimé poursuivre cette semaine avec un autre tournoi mais c’est comme ça. Cela va me permettre de bosser sur ce qui a été solide en Inde et conforter un peu plus mes acquis. »
On ne le reverra pas en compétition avant la fin du mois d’avril, en Turquie plus précisément (30 avril-3 mai). D’ici-là, il va prendre part à un stage de regroupement de toute la Team St Laurent du côté du PGA Catalunya (5-12 avril), près de Gérone (Espagne).
« Tout le monde sera là, avec tous les coaches, confirme Ugo Coussaud. On va pouvoir travailler sereinement. On va confirmer ce qui a été bon en Inde et améliorer d’autres petits points. C’est une bonne période pour faire un break. Il va aussi faire beau en France et c’est sympa de passer du temps à la maison. »
Au son de sa voix, on devine que la saison 2025 est désormais pleinement digérée. Après un premier exercice accompli au plus haut niveau (2e au Qatar donc, mais aussi 4 tops 10 et une première participation à la finale de la Race), la saison dernière a été un peu plus compliquée à gérer. Certes, il a franchi 21 cuts en 27 départs mais il n’est parvenu qu’une seule fois à accrocher un top 10 (5e à l’Open d’Espagne le 12 octobre).
« Oui, c’est vrai, reconnait-il. L’année a été plus difficile car j’avais comme « repère » 2024 qui avait été extrêmement bonne, avec des grosses perfs sur des gros tournois, sur des grosses parties, sur des Rolex Series… J’avais ça comme envie et c’est vrai que 2025 a été un peu plus calme. Mais ça a été aussi une année de construction ou je dirais plutôt de solidification. J’avais ça en tête. Après, outre les cuts franchis, j’ai fait beaucoup de top 20 (7), des top 25 aussi (3)… J’ai marqué des points, ça a été une année solide, je suis allé à Abu Dhabi, malgré un driving un peu défaillant. Cela n’a pas été aussi flamboyant qu’en 2024. Là, pour 2026, je me sens un peu plus allégé du poids de cette première année et je sais qu’il y a de belles choses à venir. Et cette 3e place en Inde est là pour en témoigner. Cela fait du bien de finir sur le podium. On est quand même proche de la vérité. »
Actuellement 31e de la Race grâce à cette semaine aboutie en Inde, la « marche en avant » se poursuit forcément. Absent à la finale à Dubaï en novembre dernier, il a bien évidemment envie de rectifier le tir. Mais il ne s’arrête pas uniquement à ça.
« On veut toujours faire du mieux possible, bien sûr, conclut-il. J’aimerais aussi participer à un Majeur. Il faudra batailler, je le sais. Mais c’est un vrai objectif. Aller le plus haut possible. On vient d’effectuer un tout petit bout de saison à peine mais c’est bien de marquer des points et de bien se lancer. Cela me réussit quand j’arrive à faire un bon début de saison. Je me sens libéré pour le reste et je peux ainsi m’engager vers des belles perfs. Je serai donc le 18 mai prochain à Walton Heath (Angleterre) pour les qualifs (sur 36 trous) de l’U.S. Open. Et puis je sais qu’il y a encore des places à prendre pour The Open (1 à l'Open d'Italie, 3 au Scottish Open)… Alors pourquoi pas ? »