Assuré de grimper sur le DP World Tour en 2027, Julien Sale entend briller sur les trois derniers tournois à son calendrier de l’HotelPlanner Tour, les deux étapes chinoises et la finale à Majorque. Avec dans un coin de la tête l'idée de succéder à Michael Lorenzo Vera, dernier Français à avoir remporté la deuxième division européenne.

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Julien Sale va bientôt passer trois semaines de suite en Asie... Avant la finale fin octobre à Majorque. © Johannes Simon / Getty Images - AFP

Il a dû régler très tôt son réveil samedi matin pour boucler son deuxième tour du FedEx Open de France, stoppé la veille au soir par le manque de luminosité. Un putt « compliqué » pour le par de presque dix mètres au 17, l’un des endroits les plus inhospitaliers du Golf National, et un non moins par 4 du 18 toujours aussi « effrayant » à négocier étaient ainsi à son programme matinal pour tenter de franchir le cut, alors fixé à -3.

Hélas, un bogey et un par ont été insuffisants pour espérer réaliser un 3 sur 3 dans le plus vieux open national d’Europe continentale après les 26e et 76e places obtenues respectivement en 2022 et 2025. Julien Sale a finalement échoué à deux coups de la Terre promise. « Je suis un peu déçu ne pas pouvoir jouer le week-end, regrette-t-il. Mais ça fait partie du jeu. Le parcours n’est pas facile. Je suis quand même content de ma semaine. J'ai fait du bon golf. Il y a un ou deux trous qui me mettent dedans (triple bogey jeudi sur le par 5 du 9, bogey vendredi au 15 avec un méchant 3 putts, ndlr). Cela me coûte un peu cher parce que ce sont les derniers trous de ma partie. Mais sinon, dans l'ensemble, j'ai produit du bon golf. Alain (Alberti, son coach) était content de mon jeu. Il m'a donné un peu les directives pour les prochains tournois, sur l’HotelPlanner Tour, pour finir en bonne forme. »

Actuellement troisième de la Road to Mallorca, le Réunionnais âgé de 29 ans réalise un second semestre de feu sur la deuxième division européenne. Premier Français à s’imposer au Vaudreuil Golf Challenge le 5 juillet, il a tout de suite enchaîné avec une deuxième place au German Challenge une semaine plus tard. Et depuis la fin du mois d’août, il semble voler au-dessus des fairways : 8e au Dormy Open le 30 août, 6e au Rosa Challenge Tour le 6 septembre, 3e à l’Open de Portugal le 20 septembre... Autant d’excellents résultats qui lui permettent de consolider sa position avec 962,26 points, à 116,56 points derrière l’actuel leader, le Suédois Christofer Blomstrand.  

Une situation plutôt confortable donc qui lui autorise même de faire l’impasse cette semaine sur l’Abu Dhabi Challenge, pour mieux rebondir ensuite sur les deux rendez-vous très lucratifs en Chine (500 000 dollars de dotation chacun) prévus du 8 au 18 octobre. Sans oublier évidemment la finale à Majorque, au Club de Golf Alcanada (29 octobre-1er novembre). Il se verrait d’ailleurs bien succéder à Michael Lorenzo Vera, dernier tricolore à avoir achevé la saison 2007 (sur le Challenge Tour à l’époque) en tant que n° 1. « J’ai trois tournois importants devant moi, confirme-t-il. L’objectif premier, c’est de rester dans le top 5. Et ensuite, se rapprocher le plus possible de la première place avant de tout donner à Majorque. Si je peux finir premier, j'aimerais bien... Cela serait sympa de mettre ça dans le résumé de ma carrière. C’est un petit challenge que j’ai dans un coin de la tête. »

Les Rolex Series dans le viseur

Car Julien Sale voit bien sûr plus loin que ce titre « honorifique ». En effet, plus le classement à la Road est élevé, plus les chances de participer au plus grands tournois du Tour européen à venir, notamment les Rolex Series, sont importantes. « Les cinq premiers ont un peu plus de chances que le 15e de rentrer dans les Rolex Series, assure-t-il. Maintenant qu'il n'y a que 100 joueurs qui gardent la carte (sur le DP World Tour), ça devrait rentrer un peu plus loin dans le champ. Cette année, à Wentworth, au BMW PGA Championship, Oihan (Guillamoundeguy) est rentré en ayant fini cinquième de la Road l’an passé. Il serait aussi rentré à Dubaï en début d’année s'il ne s’était pas désisté. Là, en ce moment, je suis assez haut dans le classement... Le cinquième (l’Anglais John Gough) est loin derrière. Bref, je ne me fais pas trop de soucis, il y a encore plein de tournois à jouer. En continuant le bon jeu que je produis, ça devrait le faire. »

Membre également de l’Asian Tour grâce à sa victoire aux Philippines en janvier 2025, Julien Sale effectuera, entre les deux étapes chinoises de l’HotelPlanner Tour et la finale aux Baléares, un crochet au Link Hong Kong Open (22-25 octobre). Soit quatre semaines consécutives de compétition. « Hong Kong n’est qu’à deux heures de vol de Hangzhou où l’on dispute le Hangzhou Open (15-18 octobre), je vais donc en profiter, souligne-t-il. Et comme en plus la carte est sécurisée, ce n’est pas très grave si j'arrive le lundi un peu plus fatigué en Espagne. En plus, il y a une invitation pour le Masters et pour The Open en jeu. C’est un petit bonus supplémentaire. Après la grande finale, je pourrai ensuite revenir sur l’Asian Tour si je le souhaite. Il y a le Philippine Open (12-15 novembre) et un tournoi en Arabie saoudite, à Riyad (18-21 novembre). Je n’ai pas encore pris de décision. Je vais décider de tout ça dans les prochaines semaines. »

L’Australie, c'est un endroit où je n'ai jamais joué au golf. Ce sera une première, et c'est pour ça que j'ai envie d'y aller.

Car le grand saut, comprenez son arrivée sur le DP World Tour pour la saison 2026-27, est pour très bientôt. Et il ne veut en aucun cas manquer ce grand rendez-vous qu’il désire tant depuis plusieurs années maintenant. Il sera ainsi sur les deux premiers tournois programmés en Australie : le BMW Australian PGA Championship (26-29 novembre à Sydney) et le Capital.com Australian Open (3-6 décembre à Melbourne). Il ne pourra donc pas défendre son titre chez lui à La Réunion au Championnat de France de double cher à Jean-Marie Hoarau, dont l’édition 2026 aura lieu au golf de Bassin bleu la semaine de l’Australian PGA Championship. « Comme je l’ai déjà dit, les catégories sur le Tour européen vont changer un peu l'année prochaine par rapport à cette année, précise-t-il. Sur le papier, je devrais rentrer dans un peu plus de tournois. C'est toujours bien de commencer le début d'année sur les premiers tournois. Il n’y a pas les têtes de séries, qui commencent plutôt en janvier au Moyen-Orient. Et donc entre guillemets les champs sont un peu plus faibles. À moi d’essayer de marquer des points pour bien commencer la saison. Si c’est le cas, on est un peu moins stressé pour aborder la suite. »

« Je serai aussi à Maurice pour l’AfrAsia Bank Mauritius Open (10-13 décembre), ajoute-t-il. C’est à côté de là où j'ai grandi. C'est donc quasiment ma deuxième maison. Quant à l'Australie, c'est un endroit où je n'ai jamais joué au golf. Ce sera une première, et c'est pour ça que j'ai envie d'y aller. Même si le voyage est long, j'ai envie d'y aller, de découvrir ce pays. Alors c’est vrai que j’aurais bien aimé repartir à la Réunion pour faire une petite semaine de vacances, revoir tout le monde là-bas, mais avec le calendrier tel qu’il est... J’avais prévenu Jean-Marie (Hoarau) que je jouerai les premiers tournois du DP World Tour. Il comprend tout à fait. »

Le protégé d’Alain Alberti touche au but, après pourtant bien des interrogations, pour ne pas dire de sérieux doutes. C'était le cas avant peu de temps ce déclic de janvier 2025 sur le premier tournoi de l’Asian Tour, quelques semaines après avoir décroché un droit de jeu via les Cartes asiatiques.  « Cette victoire aux Philippines a permis de redémarrer un peu la machine parce que je sortais d'une saison moyenne sur l'HotelPlanner Tour où j’avais perdu mes droits de jeu, conclut le pensionnaire de la St Laurent Golf Team. Récupérer la carte en Asie et ensuite la victoire aux Philippines m'a permis de me relancer et de faire confiance à ce qu'on met en place depuis plusieurs années avec mon équipe. Cela est allé crescendo... Et là, en ce moment, je vais très bien. »

L’éclairage de son coach, Alain Alberti

« Je suis ravi de sa saison. Il a produit jusqu’à maintenant un jeu très solide. Il faut aussi noter chez lui un changement depuis le printemps. Depuis le mois d’avril, il a franchi un palier. Lors d’un stage avec la Team St Laurent, au PGA Catalunya, on avait ajusté le réglage de son driver, ce qui avait été important. Durant cette première partie de la saison, il avait été pénalisé à cause du driving. Mais son chipping, de façon générale a été meilleur, alors que son putting a été par moment excellent. En termes de stratégie, Julien commettait de temps en temps des erreurs, avec parfois des manques de vigilance. Tout cela a été parfaitement travaillé en compagnie de Raphaël Jacquelin et Matthieu David. Il a encore quatre semaines de gros tournois, trois sur l’HotelPlanner Tour et une sur l’Asian Tour, où il entend là-aussi sécuriser sa carte, mais il est d’ores et déjà certain d’évoluer sur le DP World Tour la saison prochaine. À ce titre, j’ai commencé à planter une ou deux petites graines sur des choses qu’il va falloir améliorer pour 2027. S’il a un compartiment encore un peu perfectible, je dirais que c’est le chipping. Il va avoir l’occasion de chipper un peu plus souvent que sur l’HotelPlanner Tour, donc c’est là-dessus qu’il va devoir encore travailler, avec des lies plus compliqués et des parcours mieux préparés, et donc des greens un peu plus fermes... Il ne faudra pas se laisser des 3 à 4 mètres pour sauver des pars ! »