Revenu sur l'HotelPlanner Tour début mai après une longue blessure au poignet, le Parisien doit terminer au pire quatrième, cette semaine au Vaudreuil Golf Challenge, pour conserver sa catégorie. À l'heure d'entamer ce qui s'apparente à un « tournoi de la dernière chance », il vit pourtant sa situation avec optimisme et philosophie.

Aymeric Laussot est actuellement 130e de la Road to Mallorca. © Valerio Pennincino / Getty Images - AFP

Le compte à rebours est enclenché. Pour Aymeric Laussot, le Vaudreuil Golf Challenge, qui se tient de jeudi à dimanche dans l'Eure, représente bien davantage qu'un simple tournoi de plus au calendrier. Il s'agit en effet du dernier événement couvert par son exemption médicale, et les chiffres sont implacables : il lui faut encore 75 points environ pour valider une catégorie complète sur l'HotelPlanner Tour, et s'assurer d'être au départ de l'ensemble des épreuves du reste de la saison. Ce quota correspond approximativement à une quatrième place dans l'épreuve. Sans ce résultat, il devra se contenter d'une catégorie partielle, qui lui fermera l'accès à une partie du circuit ces prochains mois. « L'enjeu est très important cette semaine, ce qui la rend particulièrement intéressante », reconnaît-il sobrement.

Pour autant, il aborde le rendez-vous organisé par Jean-Claude Forestier dans son golf PGA France du Vaudreuil avec un réel enthousiasme, porté notamment par le cadre familier et la perspective de jouer devant ses proches, qui n'ont plus eu l'occasion de le voir évoluer en compétition depuis ses dix-sept ans. «  Quel bonheur de revenir ici ! Ma famille ne m'a pas vu jouer depuis avant mon départ aux États-Unis », confie l'ancien étudiant de la Texas Christian University. « Ce sera un peu symbolique. »

Aymeric Laussot lors du pro-am, ce mercredi. © Le Vaudreuil Golf Challenge

Devant ses parents et sa petite sœur de onze ans, ainsi que plusieurs amis proches, il aura donc à cœur de concrétiser les promesses délivrées ces dernières semaines sur la deuxième division européenne. « Cette semaine, je me sens vraiment bien », assure-t-il. « J’avoue avoir un peu peiné lors des derniers tournois, même quand j'ai fait un top 10 en Espagne fin mai. Une certaine appréhension subsiste sur quelques coups, en raison du poignet. Il faut composer avec cette situation, ça fait partie du jeu. Ce qui est encourageant, c'est que malgré ça, quand j'ai manqué des cuts, ce n'était que pour un ou deux coups seulement. »

Fracture, infiltrations et doutes existentiels

Pour comprendre les enjeux de cette semaine, il faut remonter au printemps 2025. C'est en mai que le golfeur ressent les premières douleurs au poignet gauche. Dans un premier temps, les kinésithérapeutes du circuit diagnostiquent une tendinite et préconisent du strapping. Aymeric Laussot, déjà engagé sur les deux semaines suivantes, choisit de forcer. Mauvais calcul : fin juin, en quittant le Vaudreuil justement, il n'est plus en mesure de tenir un club. Une IRM révèle alors une fracture de fatigue du scaphoïde, doublée d'une atteinte du ligament scapho-lunaire — une combinaison de lésions aussi rare que contraignante. Le verdict est sans appel : repos total, le temps que l'œdème osseux se résorbe.

Mais la guérison se fait attendre. Après six à sept mois sans amélioration, il se résout à une opération, suivie de trois infiltrations. La récupération est longue, et sème le doute dans son esprit. « Peu de gens le savent, mais je me suis vraiment posé la question d'arrêter ma carrière, car le poignet ne guérissait pas. », admet-il. « Après neuf mois loin de la compétition, à quoi bon ? » C'est finalement avec une exemption médicale obtenue auprès de l'HotelPlanner Tour qu'il effectue son retour, ce qui lui donne une chance de compiler les points manquants sur une période de sept tournois, sans être pénalisé par les mois d'absence.

Relativiser, et regarder devant

Et si la performance escomptée ne venait pas ? Aymeric Laussot se refuse à envisager le pire, mais il a déjà réfléchi à ses options. Sans catégorie complète, il se tournerait vers l'Alps Tour lors des semaines sans tournoi sur son circuit principal, histoire de conserver le rythme et d'engranger de la confiance. Des invitations pourraient également lui ouvrir quelques portes supplémentaires. « Quoi qu’il arrive, un point sera fait la semaine prochaine concernant mon calendrier », résume-t-il.

Mais au fond, et c'est peut-être là l'essentiel, Aymeric Laussot ne se projette pas plus loin que le prochain tournoi. Lui qui se reconnaît volontiers trop perfectionniste, prompt à vouloir que les résultats arrivent trop vite, a intégré une leçon précieuse au cours de ces longs mois d'immobilité forcée : celle de mesurer le chemin parcouru plutôt que de ne fixer les yeux que sur celui qui reste à faire. « Je dois me rappeler d'où je viens », dit-il. « Être à nouveau compétitif et jouer au niveau actuel, c'est déjà une belle avancée. » Cette sagesse, gagnée au prix fort, pourrait bien être son meilleur atout au moment d'aborder cette semaine à enjeu.