Face à la gestion des déplacements de bon nombre de ses participants, le Win Tour a adapté son calendrier. L’occasion d’assoir sa position de circuit complémentaire et d’envisager de nouvelles idées pour l’avenir.

La saison 2026 du Win Tour a été lancée début février à Barbaroux avec la victoire de Théo Brizard. © Charles Damourette

Il fut un temps où le golfeur professionnel en devenir se déplaçait à la moindre occasion de jeu. Sur les circuits satellites, sur les dates françaises, sur les pro-am les plus relevés… tous les rendez-vous étaient bons tant qu’ils permettaient de jouer avec la carte dans la poche. Alors certes, cette quête de compétitivité s’accompagnait d’une certain bagage : cravacher sur la logistique, s’arranger avec les copains et collègues pour réduire les coûts, jouer sous pression puis penser à la prochaine échéance à peine la précédente terminée. Stanislas Caturla, Kevin Turlan et Sébastien Gros, les trois associés qui s’activent derrière Win Events et le Win Tour, ont été de ceux-là. D’une génération actuellement trentenaire qui a embrassé cette résilience à jouer coûte que coûte. Aujourd’hui, ils font le constat d’une évolution de la mentalité qui, de plus en plus, colle à la pratique des circuits de l’élite internationale. Là-bas, comme dans les strates inférieures désormais, la récupération, la préparation d’échéances précises et le respect de la charge mentale sont devenues les priorités. Une gestion qui pousse à faire des impasses dans le calendrier des joueurs, quitte à refuser des occasions de jeu.

Face à cette mue, le Win Tour s’est adapté. Le circuit qui s’est spécialisé dans les tournois sur un tour, à des périodes où les circuits européens n’ont pas de rendez-vous, a ainsi légèrement réduit la voilure de son agenda. Trois dates en moins en 2026 mais « à des périodes qui répondent complètement à leur fonctionnement » assure Stanislas Caturla, qui est à la genèse du circuit. Et l’opportunité est toujours la même pour ceux qui s’y rendent. Un tournoi sur une journée, 18 trous, avec 10 000 euros de dotation à chaque fois et l’occasion de rafler 2 500 euros pour une inscription à 160 euros. Sur le long terme, le classement de fin de saison offre aux deux meilleurs hommes une catégorie sur l’Alps Tour. « On est heureux de voir que les pros, amateurs de haut niveau, mais aussi les enseignants sont satisfaits de venir et surtout revenir à chaque fois. C’est que les choses sont bien faites » se réjouit celui qui est aussi, aujourd’hui, enseignant au programme performance de l’Évian Resort.

Après avoir lancé la sixième saison de son circuit, début février au golf de Barbaroux, le Rochelais a vu la deuxième étape, supposée être à Valcros, être repoussée faute de météo acceptable. Mais il en faudra plus pour l’arrêter. Car pour lui, l’enjeu est avant-tout de donner un maximum de temps de jeu à ceux qui en ont besoin. Une incitation à faire jouer les pros issue d’un passé « où l’on galérait parfois à jouer sur trois tours pour gagner 300 euros. » Selon lui, l’objectif du circuit est surtout de pousser les joueurs à se conditionner à la compétition, à sortir de leur zone de confort sur un maximum de parcours diverses. « Il y a un exemple parfait que beaucoup de joueurs, jeunes ou non, devrait suivre, reprend Caturla. C’est celui de Julien Quesne. À une époque où il n’avait plus aucune catégorie, il a parcouru la France entière pour jouer le circuit français mais aussi des mini-circuits comme le nôtre pour gagner en confiance et en arriver à récupérer une catégorie sur l’HotelPlanner Tour»

S’il conserve une certaine structure dans la géolocalisation de ses événements - quatre en région PACA et le reste ailleurs - l'entrepreneur cherche souvent à changer les parcours hôtes. « D’une part pour la variété mais aussi pour répondre à certaines demandes de golfs, qui souhaitent accueillir une date. » Pour répondre à tous les besoins, l’entreprise événementielle Win Events organise aussi de nombreux autres rendez-vous tout au long de l’année à l’instar du championnat de France Parents-Enfants et de l’Omnium de Prunevelle, comptant également pour le circuit français. « On a également quelques projets du côté de la Bretagne mais il y a encore quelques secrets à garder là-dessus » conclut-il dans un sourire.


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